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    <title>Indymedia Liege</title>
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     <title>Indymedia Liege</title>
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    <title>Manifestations de lycéens : la nouvelle génération inquiète pour son avenir</title>
    <description>Manifestations de lycéens : la nouvelle génération inquiète pour son avenir...</description>
    <dc:date>1970-01-01T00:00:00Z</dc:date>
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    <dc:creator>Un sympathisant du CCI</dc:creator>
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    <dc:language>fr</dc:language>
    <content:encoded><![CDATA[Depuis plus d&#039;un mois, les lyc&eacute;ens manifestent contre la suppression de 11&#8197;&#8197;200 postes dans l&#039;&eacute;ducation nationale &agrave; la rentr&eacute;e 2008 (et 80&#8197;&#8197;000 d&#039;ici 2012). Le gouvernement a d&#039;ailleurs accumul&eacute; les "fautes de com" en disant par la voix de Darcos : "Il n&#039;est pas possible de se d&eacute;sint&eacute;resser de ce que co&ucirc;te l&#039;&eacute;ducation &agrave; la nation et de ce qu&#039;elle obtient en contrepartie des d&eacute;penses auxquelles elle consent." C&#039;est vrai, les prolos, &ccedil;a co&ucirc;te cher et &ccedil;a rapporte de moins en moins. 
Ce mouvement est significatif et important &agrave; de nombreux &eacute;gards. Il exprime en premier lieu l&#039;inqui&eacute;tude de toute une g&eacute;n&eacute;ration pour son avenir et pour ses futures conditions de vie et de travail. Car parall&egrave;lement aux suppressions de postes d&#039;enseignants, avec des classes surcharg&eacute;es, des enseignants ne sachant plus o&ugrave; donner de la t&ecirc;te et prodiguant in&eacute;vitablement un enseignement toujours plus m&eacute;diocre, il y a aussi la cr&eacute;ation de lyc&eacute;es d&#039;&eacute;lite et de lyc&eacute;es poubelles. Le mouvement lyc&eacute;en de cette ann&eacute;e est dans la continuit&eacute; des diff&eacute;rents mouvements lyc&eacute;ens des ann&eacute;es 1990 et 2000 et du mouvement &eacute;tudiant contre le CPE en 2006. Il exprime en particulier un profond sentiment et un besoin de solidarit&eacute; qui d&eacute;passe les "fronti&egrave;res" des g&eacute;n&eacute;rations. Il ne s&#039;agit en rien d&#039;un mouvement de lyc&eacute;ens qui font gr&egrave;ve, comme on a pu l&#039;entendre, pour ne pas aller en cours, mais du mouvement d&#039;une g&eacute;n&eacute;ration qui a de plus en plus conscience de l&#039;avenir pourri que lui r&eacute;serve cette soci&eacute;t&eacute; capitaliste. 

Les m&eacute;dias ont mis &agrave; plusieurs reprises en exergue, afin de mieux introduire la confusion, "l&#039;opposition" pr&eacute;tendue entre les slogans &eacute;tudiants de 1968 (mode oblige) comme "A bas les profs" et ceux des lyc&eacute;ens d&#039;aujourd&#039;hui qui "veulent plus de profs" et "plus d&#039;autorit&eacute;". Il y a &eacute;videmment des diff&eacute;rences mais il existe un lien ind&eacute;fectible, celui d&#039;une g&eacute;n&eacute;ration qui a initi&eacute; les vagues de luttes internationales qui ont jalonn&eacute;es les ann&eacute;es 1970 et 1980 avec une g&eacute;n&eacute;ration qui s&#039;inscrit d&#039;ores et d&eacute;j&agrave; dans le d&eacute;veloppement actuel de luttes ouvri&egrave;res au niveau international. 

C&#039;est la peur de cette jeune g&eacute;n&eacute;ration qui fait que les lyc&eacute;ens ont &eacute;t&eacute; isol&eacute;s soigneusement par les syndicats lyc&eacute;ens et que les syndicats enseignants ont cr&eacute;&eacute; la confusion, appelant seulement &agrave; certaines manifestations et laissant aux enseignants l&#039;initiative individuelle de soutenir la gr&egrave;ve ou pas. Cela est un signe indubitable de la peur de la bourgeoisie de voir le mouvements s&#039;&eacute;largir. En effet, la manifestation du 15 avril, &agrave; laquelle les syndicats enseignants avaient appel&eacute;, a montr&eacute; une col&egrave;re tr&egrave;s forte de la part de ces derniers, en particulier dans le primaire, et les manifestations qui ont suivi ont &eacute;galement &eacute;t&eacute; des moments o&ugrave; ce ne sont plus que les revendications "lyc&eacute;ennes" qui sont mises en avant mais, chaque fois plus, des revendications sur un terrain ouvrier. 

C&#039;est bien pour ces raisons que la FIDL (F&eacute;d&eacute;ration Ind&eacute;pendante et D&eacute;mocratique Lyc&eacute;enne) et l&#039;UNL (Union Nationale Lyc&eacute;enne) se sont efforc&eacute;es d&#039;enfermer le mouvement dans une logique "lyc&eacute;enne" avec des actions d&eacute;moralisantes, telles que le blocage de certaines voies routi&egrave;res, ou encore le blocage des lyc&eacute;es, mais sans aucune perspective d&#039;ouvrir la discussion ou des assembl&eacute;es g&eacute;n&eacute;rales &agrave; tous, lyc&eacute;ens, &eacute;tudiants et salari&eacute;s, etc. 

Cependant, devant la d&eacute;termination et la combativit&eacute; des lyc&eacute;ens, il revient aux syndicats de l&#039;enseignement de les reprendre &agrave; leur compte en s&#039;effor&ccedil;ant de mettre un terme &agrave; ce mouvement. Aussi, FSU, Unsa-Education, Sgen-CFDT, Ferc-CGT et SUD-Education ont d&eacute;cid&eacute; de deux journ&eacute;es d&#039;action nationale les 15 et 21 mai pour demander la mise en oeuvre d&#039;une "autre politique &eacute;ducative visant la r&eacute;ussite de tous les &eacute;l&egrave;ves". Tout cela n&#039;est que de la poudre aux yeux pour enrayer un mouvement qui se d&eacute;veloppe en profondeur au sein de la classe ouvri&egrave;re et de leurs jeunes g&eacute;n&eacute;rations. Ce mouvement n&#039;est pas que l&#039;expression d&#039;une lutte actuelle de lyc&eacute;ens en col&egrave;re mais celle d&#039;une tendance toujours plus claire chez les jeunes g&eacute;n&eacute;rations &agrave; ne pas se soumettre passivement aux conditions de travail lamentables qui sont de plus en plus celles de leurs a&icirc;n&eacute;s et &agrave; les entra&icirc;ner dans la lutte avec eux. 

Mulan - Courant Communiste International

  

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  </item>

  <item rdf:about="http://liege.indymedia.org/news/2008/05/20421.php">
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    <title>Anvers n&#039;est pas Ankara</title>
    <description>Article publié dans la rubrique « Chronique des libertés » du Drapeau Rouge, mai-juin 2008, n° 22, page 9.</description>
    <dc:date>1970-01-01T00:00:00Z</dc:date>
    <dc:subject></dc:subject>
    <dc:creator>Bahar Kimyongür</dc:creator>
    <dc:format>image/jpeg</dc:format>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <content:encoded><![CDATA[Anvers n&rsquo;est pas Ankara

Le 7 f&eacute;vrier dernier, les juges de la Cour d&rsquo;appel d&rsquo;Anvers ont rendu un jugement proprement magistral en offrant &agrave; mes camarades et &agrave; moi-m&ecirc;me un ticket retour vers la libert&eacute;.

Contre toute attente, ils ont &eacute;cart&eacute; d&rsquo;un revers de la main les &eacute;lucubrations du procureur f&eacute;d&eacute;ral sur la &laquo; dangerosit&eacute; &raquo; et le &laquo; caract&egrave;re criminel &raquo; des militants inculp&eacute;s. Ils ont en outre pulv&eacute;ris&eacute; les sinistres projets du procureur qui consistaient &agrave; &eacute;tablir des tribunaux d&rsquo;exception en Belgique, &agrave; criminaliser la r&eacute;sistance &agrave; l&rsquo;oppression des Etats et &agrave; condamner des id&eacute;es, en l&rsquo;occurrence, marxistes. Leur courage et leur int&eacute;grit&eacute; m&eacute;ritent sans aucun doute le respect et les compliments de tous les d&eacute;mocrates de ce pays et d&rsquo;ailleurs.

En effet, gr&acirc;ce &agrave; eux, depuis le 7 f&eacute;vrier dernier, dans ce pays, on peut &agrave; nouveau se dire communiste et militer pour un id&eacute;al r&eacute;volutionnaire sans risquer de se retrouver derri&egrave;re les barreaux. Mais pour combien de temps encore ? C&ocirc;t&eacute; procureur f&eacute;d&eacute;ral, ce n&rsquo;est que partie remise, car il a d&eacute;cid&eacute; de se pouvoir en cassation. En attendant la suite de cette saga judiciaire &eacute;poustouflante, j&rsquo;aimerais revenir sur certains cas bien moins heureux, notamment celui de mon petit fr&egrave;re de lutte Ferhat Ger&ccedil;ek, que j&rsquo;ai &eacute;voqu&eacute; dans un pr&eacute;c&eacute;dent num&eacute;ro. Ferhat est ce tout jeune Turc &acirc;g&eacute; de 16 ans originaire de Giresun en Mer noire et habitant un quartier pauvre d&rsquo;Istanbul. En octobre dernier, un policier lui a tir&eacute; dans le dos alors qu&rsquo;il distribuait l&rsquo;hebdomadaire de gauche &laquo;Y&uuml;r&uuml;y&uuml;s&raquo;. Depuis, il est condamn&eacute; &agrave; se d&eacute;placer en chaise roulante. Ferhat a r&eacute;cemment assur&eacute; qu&rsquo;il pourra remarcher gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;amour de ses camarades. Malgr&eacute; la l&eacute;sion par balle dont il souffre &agrave; la moelle &eacute;pini&egrave;re, le voil&agrave; d&eacute;j&agrave; accomplir ses premiers pas dans les couloirs de son h&ocirc;pital. Son agresseur en uniforme n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; interpell&eacute;. Il est d&rsquo;ailleurs toujours &agrave; son poste. Normal puisque pour la police et la magistrature turques, pr&ocirc;ner le socialisme en Turquie, m&ecirc;me &agrave; travers la distribution d&rsquo;un journal, est en soi une activit&eacute; terroriste. On se rappellera que cette logique unilat&eacute;rale fut d&eacute;fendue bec et ongles par le procureur f&eacute;d&eacute;ral, tout au long de notre proc&egrave;s.

Mes pens&eacute;es vont &eacute;galement aux nombreux activistes incarc&eacute;r&eacute;s pour avoir d&eacute;nonc&eacute; dans une conf&eacute;rence de presse, l&rsquo;ex&eacute;cution en d&eacute;cembre dernier d&rsquo;une r&eacute;volutionnaire du DHKP-C d&eacute;nomm&eacute;e Kevser Mirzak ou pour avoir assist&eacute; &agrave; ses fun&eacute;railles. Parmi les victimes de ces rafles, il y a Ethem A&ccedil;ikalin, pr&eacute;sident de la section de Adana de l&rsquo;association turque des droits de l&rsquo;homme (IHD), Meryem &Ouml;zs&ouml;g&uuml;t, une dirigeante du syndicat de la sant&eacute; (SES) ainsi que plusieurs membres d&rsquo;associations de quartier. Participer &agrave; une conf&eacute;rence de presse ou &agrave; des fun&eacute;railles est en l&rsquo;occurrence interdit par les lois turques lorsque la victime est labellis&eacute;e &laquo; terroriste &raquo;. D&rsquo;ailleurs, &laquo; victime &raquo; n&rsquo;est pas le mot car en Turquie, un &laquo; terroriste &raquo; n&rsquo;est jamais &laquo; victime &raquo;. Notre procureur f&eacute;d&eacute;ral et national n&rsquo;en pense pas moins&hellip;

Que dire aussi de ces innombrables intellectuels et manifestants kurdes arr&ecirc;t&eacute;s ces derni&egrave;res semaines pour avoir d&eacute;nonc&eacute; les r&eacute;centes op&eacute;rations de l&rsquo;arm&eacute;e turque visant les gu&eacute;rilleros du PKK retranch&eacute;s dans le Kurdistan irakien ?

Sur d&eacute;cret du gouvernorat, de la police et du quatri&egrave;me tribunal d&rsquo;assises de la ville de Van, il est aujourd&rsquo;hui interdit de crier &laquo; assez &raquo; en kurde au motif que &laquo; &Ecirc;di Bess&eacute; &raquo; (qui rappelle le tr&egrave;s latino et non moins sympathique &laquo; Ya Basta &raquo;) est un slogan en faveur du PKK. En r&eacute;alit&eacute;, &laquo; &Ecirc;di bess&eacute; &raquo; est le nom de la nouvelle campagne men&eacute;e par le parti pro-kurde DTP pour le droit &agrave; l&rsquo;&eacute;ducation en langue kurde, pour l&rsquo;arr&ecirc;t de la guerre men&eacute;e au Kurdistan et pour la lev&eacute;e du r&eacute;gime d&rsquo;isolement dont souffre Abdullah &Ouml;calan, le dirigeant supr&ecirc;me du PKK, qui occupe &agrave; lui tout seul l&rsquo;&icirc;le-prison d&rsquo;Imrali&hellip;

D&eacute;clarer son ras-le-bol en langue kurde devient ainsi de facto un acte terroriste.

Heureusement, en Belgique, nous n&rsquo;en sommes pas encore l&agrave;. Dans l&rsquo;affaire du DHKP-C, le spectre du maccarthysme qui hantait le tribunal d&rsquo;Anvers, a d&ucirc; ravaler sa langue fourchue, rendre son tablier (ou sa toge, c&rsquo;est selon) et plier bagages, la queue entre les jambes. Pour le procureur Delmulle, c&rsquo;&eacute;tait le monde &agrave; &laquo; l&rsquo;Anvers &raquo; ! Mais pour combien de temps encore&hellip;

Bahar KIMYONG&Uuml;R
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  <item rdf:about="http://liege.indymedia.org/news/2008/05/20420.php">
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    <title>Union Européenne, recherche, technologie et mythe de la « guerre économique » (II)</title>
    <description>Le CNRS, lINSERM et les autres établissements de recherche scientifique et technologique français, de même que leurs homologues dautres pays européens, survivront-ils à la nouvelle logique de « guerre économique » qui semble accompagner la ratification coûte que coûte du Traité de Lisbonne ? Un discours qui prépare de toute évidence l&#039;instauration d&#039;un « pouvoir fort » continental. La course à la mise en place accélérée dun véritable Etat européen apparaît assortie dune avalanche de projets tendant dune part à transférer à lUnion Européenne les compétences et les moyens stratégiques dans tous les domaines, et de lautre à remplacer les organismes publics de recherche des Etats membres par un tissu universitaire proche du secteur privé. Mais le discours sur la « guerre économique » paraît très peu crédible, pour peu quon examine la réalité des délocalisations financières et industrielles. Il nest pas, en revanche, exempt de dangers. Et qui paiera la facture de cette « guerre économique » ?</description>
    <dc:date>1970-01-01T00:00:00Z</dc:date>
    <dc:subject></dc:subject>
    <dc:creator>Indépendance des Chercheurs</dc:creator>
    <dc:format>text/html</dc:format>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;<br>
<b>Recherche scientifique et technologique : o&ugrave; est la &laquo; guerre &eacute;conomique &raquo; ?</b>
<p>&nbsp;<br>
<a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/05/07/recherche-scientifique-et-technologique-ou-est-la-guerre-eco.html" TARGET=new>http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/05/07/recherche-...</a>
<p>&nbsp;<br>
<b>Le CNRS, l&#39;INSERM et l&#39;ensemble organismes publics de recherche fran&ccedil;ais et d&#39;autres pays europ&eacute;ens voient leur existence directement menac&eacute;e par un double projet : d&#39;une part, le transfert d&#39;une partie de leurs moyens aux universit&eacute;s annonc&eacute; en France par Nicolas Sarkozy et Val&eacute;rie P&eacute;cresse ; de l&#39;autre, le regroupement pr&eacute;visible du reste de ces moyens avec les nouvelles structures de l&#39;Union Europ&eacute;enne (par exemple, sous un grand&nbsp; &laquo; minist&egrave;re europ&eacute;en de la Recherche et de l&#39;Innovation &raquo;). Pour justifier cette politique, on parle notamment de &laquo; guerre&nbsp; &eacute;conomique &raquo; (dixit Laurent Fabius) et on impute &agrave; un pays comme la France un&nbsp; &laquo; lourd probl&egrave;me de comp&eacute;titivit&eacute; &raquo;, une &laquo; insuffisance d&#39;innovation et de recherche &raquo;... Mais qu&#39;en est-il vraiment ? Contrairement &agrave; ce que cherchaient &agrave; faire croire avec une rare unanimit&eacute; les gouvernements des deux derni&egrave;res d&eacute;cennies, la recherche subit elle-m&ecirc;me des vagues de d&eacute;localisations et un dumping social croissant. Rien de nouveau, pour ceux qui ont lu les ouvrages des auteurs progressistes d&#39;il y a un si&egrave;cle et demi. Aucune</b> <b>&laquo; guerre&nbsp; &eacute;conomique &raquo; n&#39;est responsable de la fuite des capitaux. Si ce n&#39;est la guerre sociale que repr&eacute;sentent la politique de d&eacute;localisations et la mise en place d&#39;un</b> <b>&laquo; march&eacute; mondial de la main d&#39;oeuvre &raquo;</b><b>, y compris intellectuelle.</b>
</p>
 
<p>
&nbsp;
</p>
 
<p>
La strat&eacute;gie de marginalisation progressive, par les institutions europ&eacute;ennes, des &eacute;tablissements publics de recherche nationaux comme le Centre National de la Recherche Scientifique (<a href="http://www.cnrs.fr" target="new">CNRS</a>) ou l&#39;Institut National de la Sant&eacute; et de la Recherche M&eacute;dicale (<a href="http://www.inserm.fr" target="new">INSERM</a>) ne semble pas rencontrer d&#39;obstacle. Nous avions d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute; (notre <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/12/creation-d-un-institut-europeen-d-innovation-et-de-technolog.html" target="new">article du 12 mars</a>) la cr&eacute;ation d&#39;un Institut europ&eacute;en d&#39;innovation et de technologie (<a href="http://ec.europa.eu/eit/" target="new">IEIT</a>), mais les exemples sont nombreux, comme le met en &eacute;vidence le site de l&#39;Union Europ&eacute;enne dans sa rubrique <a href="http://europa.eu/pol/rd/index_fr.htm" target="new"><i>&laquo; Recherche et innovation &raquo;</i></a>. On peut &eacute;galement lire &agrave; cette adresse un certain nombre de <a href="http://europa.eu/pol/rd/overview_fr.htm" target="new">constats n&eacute;gatifs</a> (faible investissement, faible valorisation...), suivis de la d&eacute;claration :&nbsp;<i>&laquo; L&#39;Union europ&eacute;enne souhaite rem&eacute;dier &agrave; cette situation en int&eacute;grant la politique en mati&egrave;re de recherche et d&rsquo;innovation &raquo;</i>. Une telle approche para&icirc;t pour le moins biais&eacute;e, car les vrais probl&egrave;mes sont sans rapport avec le &laquo; rem&egrave;de &raquo; annonc&eacute;.&nbsp;
</p>
 
<p>
&nbsp;
</p>
 
<p>
Le 30 avril, la&nbsp; <a href="http://ec.europa.eu/index_fr.htm" target="new">Commission Europ&eacute;enne</a> a diffus&eacute; un <a href="http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/08/662&amp;format=HTML&amp;aged=0&amp;language=FR&amp;guiLanguage=fr" target="new">communiqu&eacute;</a> annon&ccedil;ant la mise en oeuvre de l&#39;<a href="http://imi.europa.eu/index_en.html" target="new">IMI</a> (<i>Initiative pour les m&eacute;dicaments innovants</i>, <a href="http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2008:030:0038:0051:FR:PDF" target="new">R&egrave;glement 73/208</a> du Conseil de l&#39;Union Europ&eacute;enne). Le 5 mai, une <a href="http://cordis.europa.eu/fetch?CALLER=FR_NEWS&amp;ACTION=D&amp;SESSION=&amp;RCN=29402" target="new">d&eacute;p&ecirc;che</a> de <a href="http://cordis.europa.eu/fr/home.html" target="new">CORDIS</a> faisait &eacute;tat du premier appel &agrave; propositions dans ce cadre. Le 6 mai, un article de Chantal Houzelle, paru dans <a href="http://www.lesechos.fr" target="new"><i>Les Echos</i></a> et intitul&eacute; &laquo; <i>L&#39;Europe se mobilise pour doper l&#39;innovation th&eacute;rapeutique</i> &raquo; exposait que <i>&laquo; pour lutter contre les d&eacute;localisations, l&#39;initiative m&eacute;dicaments innovants veut associer PME, centres de recherche publics et grands groupes pharmaceutiques &raquo;</i> . Le 7 mai, <a href="http://www.innovationlejournal.com" target="new"><i>Innovation le journal</i></a> a diffus&eacute; un <a href="http://www.innovationlejournal.com/spip.php?article2611" target="new">article d&#39;Anna Musso</a> sur le m&ecirc;me sujet, intitul&eacute; &laquo; <i>Comp&eacute;titivit&eacute; : l&#39;Europe s&#39;associe &agrave; l&#39;industrie pharmaceutique &raquo;</i>, pr&eacute;c&eacute;d&eacute; d&#39;un <a href="http://www.innovationlejournal.com/spip.php?article2612" target="new">article de Pierre Magnetto</a> avec le titre : <i>&laquo; Union Europ&eacute;enne : un budget marqu&eacute; par l&#39;environnement et l&#39;innovation &raquo;</i>. Le 9 mai, <a href="http://www.lalettrea.fr/info/about_indigo.asp" target="new"><i>La Lettre A</i></a> diffusait une note intitul&eacute;e <i>&laquo;</i> <i>M&eacute;dicaments innovants</i> <i>&raquo;</i> dont la <a href="http://www.lalettrea.fr/detail/detail_articles/p_detail.asp?DOC_I_ID=41622288&amp;Context=CAN&amp;ContextInfos=chan_rub_lla_strategies_business&amp;Service=BRL&amp;CodeAffilie=A_INDIGO&amp;Rubrique=strategies_business" target="new">partie non payante</a> fait &eacute;tat d&#39;un <i>&laquo;</i> <i>exceptionnel partenariat public-priv&eacute; entre la Commission europ&eacute;enne et la F&eacute;d&eacute;ration europ&eacute;enne des associations de l&#39;industrie pharmaceutique (<a href="http://www.efpia.org/Content/Default.asp" target="new">EFPIA</a>)</i> <i>&raquo; ...</i> Beaucoup de propagande, mais avec quel message ?
</p>
 
<p>
Un <a href="http://www.leem-recherche.org/download-manager.php?id=91" target="new">dossier de presse</a> fran&ccedil;ais sur l&#39;IMI pr&eacute;cise notamment :
</p>
 
<p>
&laquo; ... Pourtant, la vitalit&eacute; du secteur pharmaceutique europ&eacute;en est menac&eacute;e et voit sa position s&rsquo;effriter d&rsquo;ann&eacute;e en ann&eacute;e : <i>entre 1990 et 2006, l&rsquo;investissement en R&amp;D</i> [recherche et d&eacute;veloppement] <i>pharmaceutique a &eacute;t&eacute; multipli&eacute; par 5 aux Etats-Unis, tandis qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait multipli&eacute; que par &lt; 2,9</i> [moins de 2.9] <i>en Europe.</i> Les r&eacute;sultats ne se sont pas faits attendre : <i>en 2006, les Etats-Unis r&eacute;alisaient 47,7 % des ventes mondiales de contre 29,9 % par l&rsquo;Union europ&eacute;enne</i>. Plus grave encore, au regard de la mise au point de m&eacute;dicaments innovants, nombre de sites de recherche pharmaceutique se d&eacute;localisent pour s&rsquo;installer en Asie, notamment &raquo; . &nbsp;
</p>
 
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(fin de citation)
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<b>Le dossier fait Etat, pour la&nbsp; p&eacute;riode 2001-2006, de dix-huit sites de recherche pharmaceutique ferm&eacute;s en Europe contre deux seulement de cr&eacute;&eacute;s</b>. Pour les Etats-Unis, les chiffres sont respectivement de cinq et six ; pour l&#39;Asie, de un et quatorze. Mais &agrave; qui la faute ? <b>Cette politique est bien le fait des financiers et des multinationales</b>, avec deux d&eacute;cennies d&#39;applaudissements de la part de la &laquo; pens&eacute;e unique &raquo; gouvernementale (voir nos articles <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/10/vers-une-delocalisation-generale-de-la-recherche-scientifiqu.html" target="new">du 11 mars</a> et <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/12/delocalisations-recherche-scientifique-et-propagande-politiq.html" target="new">du 13 mars</a>). Ses mobiles ne sont autres que la recherche des plus bas salaires et des standards sociaux les plus d&eacute;favorables pour la population. Pourtant, la &laquo; lib&eacute;ralisation des &eacute;changes &raquo; avait &eacute;t&eacute; invariablement pr&eacute;sent&eacute;e comme &laquo; globalement b&eacute;n&eacute;fique &raquo;.
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Contrairement aux annonces d&eacute;magogiques des &laquo; nos experts &raquo; tout au long des ann&eacute;es 1990 et 2000, les d&eacute;localisations n&#39;ont pas concern&eacute; particuli&egrave;rement les emplois dits &laquo; &agrave; faible qualification &raquo; : elles ont touch&eacute; l&#39;ensemble des activit&eacute;s professionnelles. La recherche scientifique et technologique est depuis longtemps largement touch&eacute;e par les d&eacute;localisations et par le dumping social &agrave; l&#39;&eacute;chelle plan&eacute;taire. Mais que nous propose-t-on &agrave; pr&eacute;sent ? Va-t-on, via les projets europ&eacute;ens, fournir encore de l&#39;argent public ou son &eacute;quivalent, ou du travail bon march&eacute; au sein de l&#39;Union Europ&eacute;enne, &agrave; ces m&ecirc;mes groupes industriels qui d&eacute;localisent ? Comme si les cadeaux fiscaux et sociaux pratiqu&eacute;s (en vain) dans les Etats membres au d&eacute;triment des travailleurs ne suffisaient pas...
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<b>La responsabilit&eacute; du monde politique dans la d&eacute;gringolade est &eacute;galement tr&egrave;s lourde</b>.
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Avant la <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/1999/11/GEORGE/12658.html" targe="new">r&eacute;union de Seattle</a> du &laquo; Millennium Round &raquo; de l&#39;Organisation Mondiale du Commerce (<a href="http://www.wto.org/indexfr.htm" target="new">OMC</a>) de 1999, le&nbsp;<a href="http://www.minefi.gouv.fr/fonds_documentaire/archives/communiques/c9908051.htm" target="new">site du Minist&egrave;re</a> de l&#39;&Eacute;conomie, des Finances et de l&#39;Industrie fran&ccedil;ais (Dominique Strauss-Kahn) diffusait la &laquo; brillante analyse &raquo; du <a href="http://www.finances.gouv.fr/fonds_documentaire/pole_ecofin/international/rap_multilateral.htm" target="new">rapport Lalumi&egrave;re</a> sur les &laquo; n&eacute;gociations commerciales multilat&eacute;rales &raquo;, dont voici un extrait :
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<i>&laquo;&nbsp;</i><i>La lib&eacute;ralisation des &eacute;changes offre deux avantages essentiels : elle permet, d&#39;une part, la sp&eacute;cialisation des activit&eacute;s et, donc, une meilleure utilisation des ressources ; elle accro&icirc;t, d&#39;autre part, les d&eacute;bouch&eacute;s qui s&#39;offrent &agrave; chaque industrie et conduit donc &agrave; une r&eacute;duction de ses co&ucirc;ts.&nbsp; (...) ...</i> <i>les travailleurs les plus qualifi&eacute;s voient leurs services de plus en plus valoris&eacute;s. Leur production trouve de nouveaux d&eacute;bouch&eacute;s dans les pays &eacute;mergents. Ils b&eacute;n&eacute;ficient d&#39;une demande croissante et leur r&eacute;mun&eacute;ration s&#39;am&eacute;liore</i> <i>&raquo;</i><i>.</i>
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(fin de citation)&nbsp;
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On retrouve les m&ecirc;mes lieux communs dans les <a href="http://www.vie-publique.fr/cdp/033002340.html" target="new">d&eacute;clarations de juin 2003</a> de l&#39;alors ministre de l&#39;Economie, des Finances et de l&#39;Industrie Francis Mer au journal <a href="http://www.lesechos.fr/" target="new"><i>Les Echos</i></a>, avec &eacute;galement une &laquo; profonde analyse &raquo; :&nbsp;
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<i>&laquo;&nbsp;</i> <i>Il y a des m&eacute;tiers industriels qui ont &eacute;t&eacute; d&eacute;localis&eacute;s vers des pays &agrave; bas salaires : cela s&#39;appelle la sp&eacute;cialisation internationale du commerce. (...) C&#39;est ce ph&eacute;nom&egrave;ne qui explique la croissance chinoise. Il suppose a contrario que l&#39;Europe se mobilise sur l&#39;innovation, la recherche et la formation professionnelle. (...)&nbsp;</i> <i>&raquo;.</i>
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(fin de citation)
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A pr&eacute;sent, apr&egrave;s deux d&eacute;cennies de d&eacute;localisations financi&egrave;res et industrielles, <a href="http://www.laurent-fabius.net/IMG/CERI_21_NOV_-_tribune_LF_version_longue.pdf" target="new">on nous dit</a> soudain que <i>&laquo; la guerre &eacute;conomique fait rage</i> <i>&raquo;</i>. Avec qui ? Avec les pays destinataires de &laquo; nos &raquo; d&eacute;localisations ???? Le <a href="http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2216/articles/a340935.html" target="new"><i>Nouvel Observateur</i></a> vient de diffuser un dossier, <a href="http://dvd.nouvelobs.com/fiche_58.html" target="new">DVD compris</a>, avec le titre <i>&laquo;</i> <i>Ce que cache le "Made in China"</i> <i>&raquo;</i>. <b>Mais qui a organis&eacute; le dumping social &agrave; l&#39;&eacute;chelle plan&eacute;taire, si ce n&#39;est les auteurs (occidentaux</b>) <b>des d&eacute;localisations financi&egrave;res ?</b>
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<p>
Le 23 novembre dernier, &eacute;voquant son projet <a href="http://www.laurent-fabius.net/article1002.html" target="new">CERI</a> (voir notre article <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/28/laurent-fabius-preconise-la-disparition-du-cnrs-dans-le-cadr.html" target="new">du 30 avril</a>), l&#39;ancien premier ministre Laurent Fabius <a href="http://www.lefigaro.fr/debats/2007/11/22/01005-20071122ARTFIG00551-quatre-principes-pour-une-recherche-plus-competitive-.php" target="new">&eacute;crivait</a> dans <a href="http://www.lefigaro.fr/" target="new"><i>Le Figaro</i></a> :&nbsp;
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<i>&laquo; ... L&rsquo;innovation et la recherche sont en effet &agrave; la guerre &eacute;conomique dans l&rsquo;Europe d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ce que le charbon et l&rsquo;acier furent &agrave; la guerre militaire dans l&rsquo;Europe d&rsquo;hier. Concr&egrave;tement, je propose de mettre en place, d&rsquo;abord avec nos partenaires de la zone euro, une Coop&eacute;ration europ&eacute;enne de la recherche et de l&rsquo;innovation... &raquo; . &nbsp;&nbsp;</i>
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<p>
Au nom des exigences de cette <i>&laquo;</i> <i>guerre &eacute;conomique</i> <i>&raquo;</i>, Fabius appelait &agrave; la cr&eacute;ation d&#39;une <i>&laquo;</i> <i>Coop&eacute;ration europ&eacute;enne de la recherche et de l&rsquo;innovation</i> <i>&raquo;</i> qui devrait <i>&laquo;</i> <i>&ecirc;tre bas&eacute;e sur un budget commun de la recherche ayant vocation, &agrave; terme, &agrave; remplacer ses &eacute;quivalents nationaux</i> <i>&raquo;</i> et fonctionner par des appels &agrave; projets. Quoi qu&#39;on nous raconte, les actuels Etablissements Publics &agrave; caract&egrave;re Scientifique et Technologique (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tablissement_public_%C3%A0_caract%C3%A8re_scientifique_et_technologique" target="new">EPST</a>) fran&ccedil;ais comme le CNRS ou l&#39;INSERM ne peuvent que dispara&icirc;tre dans un tel mode d&#39;organisation de la recherche &agrave; l&#39;&eacute;chelle continentale. Le fait que le <a href="http://www.laurent-fabius.net/IMG/CERI_detail_23_nov_2007.pdf" target="new">texte du projet</a> ne mentionne explicitement que l&#39;<a href="http://www.agence-nationale-recherche.fr/" target="new">ANR</a> (Agence Nationale de la Recherche, cr&eacute;&eacute;e d&#39;abord en 2005 en tant que groupement d&#39;int&eacute;r&ecirc;t public et &agrave; nouveau <a href="http://www.agence-nationale-recherche.fr/documents/decret-1er-aout-2006.pdf" target="new">en janvier 2007</a> en tant qu&#39;&eacute;tablissement public &agrave; caract&egrave;re administratif, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tablissement_public_%C3%A0_caract%C3%A8re_administratif_%28France%29" target="new">EPA</a>), ne change rien au probl&egrave;me. Ce dont il est question, c&#39;est de remplacer les <b>budgets</b> de recherche des Etats membres de l&#39;Union Europ&eacute;enne par un &eacute;quivalent europ&eacute;en.
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Dans une <a href="http://www.laurent-fabius.net/IMG/CERI_21_NOV_-_tribune_LF_version_longue.pdf" target="new">&laquo;&nbsp;version longue&nbsp;&raquo;</a> de son article de novembre 2007, Laurent Fabius &eacute;crit : <i>&laquo;&nbsp;Il faudra refuser le poison du &laquo; juste retour &raquo;, cet &eacute;go&iuml;sme des nations contraire &agrave; l&#39;esprit du projet europ&eacute;en. La CERI, ce ne sera pas &ldquo;I want my money back&rdquo; &agrave; la fa&ccedil;on de Margaret Thatcher, mais plut&ocirc;t &ldquo;I want my Europe back&rdquo;.&nbsp;&raquo;</i>. Il ne s&rsquo;agit donc pas, dans la pratique, de f&eacute;d&eacute;rer les organismes de recherche nationaux, mais de les remplacer par des structures continentales nouvelles. Les activit&eacute;s seront forc&eacute;ment d&eacute;localis&eacute;es, via les appels d&rsquo;offres et les grandes collaborations, vers les pays proposant les co&ucirc;ts les plus faibles. Une nouvelle machine &agrave; dumping social et un v&eacute;ritable asservissement du travail intellectuel, sous pr&eacute;texte de &laquo;&nbsp;guerre &eacute;conomique&nbsp;&raquo; et de &laquo;&nbsp;patriotisme europ&eacute;en&nbsp;&raquo;.
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Pour ceux qui pouvaient encore h&eacute;berger un doute &agrave; ce sujet, l&#39;ancien premier ministre vient de pr&eacute;ciser sa strat&eacute;gie dans une <a href="http://www.lesechos.fr/info/france/4720091.htm" target="new">analyse intitul&eacute;e</a>&nbsp;: <i>&laquo;&nbsp;Quatre propositions pour retrouver une perspective&nbsp;&raquo;</i>, publi&eacute;e par <i>Les Echos</i> le 28 avril. Fabius demande explicitement <i>&laquo;</i> <i>un seul minist&egrave;re europ&eacute;en de la Recherche et de l&#39;Innovation, dot&eacute; d&#39;une politique coordonn&eacute;e</i> <i>&raquo;</i>. In&eacute;vitablement, un pouvoir d&#39;Etat continental exerc&eacute; par le monde politique et contr&ocirc;lant l&#39;ensemble des budgets, alors que l&#39;article de novembre dernier n&#39;evisageait qu&#39;une <i>&laquo; autorit&eacute; unique et ind&eacute;pendante, dirig&eacute;e par la communaut&eacute; scientifique</i> <i>&raquo;.</i>
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<p>
Cette &eacute;volution dans la formulation des propositions de Laurent Fabius &eacute;tait pr&eacute;visible dans le contexte du <a href="http://www.traite-de-lisbonne.fr/" target="new">Trait&eacute; de Lisbonne</a>, mais de toute fa&ccedil;on on ne confie pas &agrave; des scientifiques la direction d&#39;une <i>&laquo;</i> <i>guerre &eacute;conomique</i> <i>&raquo;.</i> Anna Musso a bien choisi le titre de son article : <i>&laquo; Comp&eacute;titivit&eacute; : l&#39;Europe s&#39;associe &agrave; l&#39;industrie pharmaceutique &raquo;</i><i>.</i> Ce sont bien les grands industriels et les financiers qui m&egrave;nent les op&eacute;rations &agrave; l&#39;&eacute;chelle continentale, pendant que Laurent Fabius reproche &agrave; la France un <i>&laquo; lourd probl&egrave;me de comp&eacute;titivit&eacute;</i> <i>&raquo;</i> et une <i>&laquo; insuffisance d&#39;innovation</i> <i>&raquo;</i> sans s&#39;expliquer &agrave; ce sujet.&nbsp; Et m&ecirc;me si toutes les instances charg&eacute;es de l&#39;&eacute;valuation des projets soumis &agrave; des instances europ&eacute;ennes en mati&egrave;re de recherche comprendront n&eacute;cessairement des scientifiques ou des sp&eacute;cialistes, on ne peut pas pour autant valablement parler de participation de la <i>&laquo;</i> <i>communaut&eacute; scientifique</i> <i>&raquo;</i> en tant que telle.
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Mais, au juste, de quelle <i>&laquo;</i> <i>guerre &eacute;conomique</i> <i>&raquo;</i> s&#39;agit-il ? <a href="http://dz2.mofcom.gov.cn/aarticle/chinanews/200709/20070905075935.html" target="new">En juillet 2007</a>, les investissements &eacute;trangers op&eacute;rationnels en Chine atteignaient un total de 720 milliards de dollars US. Un <a href="http://www.fdi.gov.cn/pub/FDI_EN/News/Focus/Subject/Utilization2007/default.html" target="new">chiffre plus r&eacute;cent</a> approche les 750 milliards. Et la Chine n&#39;est pas le seul pays dit &laquo; &eacute;mergent &raquo; destinataire des d&eacute;localisations. Tout a l&#39;air de baigner pour les &laquo; investisseurs &raquo;. <b>La seule v&eacute;ritable guerre est celle dirig&eacute;e contre les salaires et les droits sociaux</b>. Chez nous par le dumping et les accords de l&#39;OMC, ailleurs au nom de la pr&eacute;servation de la &laquo; comp&eacute;titivit&eacute; &raquo; pour &laquo; attirer les capitaux &raquo;. Quel que soit le pays, &laquo; riche &raquo; , &laquo; pauvre &raquo; ou &laquo; moyen &raquo;, le travail est perdant et le capital gagnant. La travail intellectuel fait &eacute;galement partie du peloton des perdants.
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Lorsqu&#39;on entend ces temps-ci des politiques s&#39;adresser aux citoyens avec le mot &laquo; comp&eacute;titivit&eacute; &raquo; et d&#39;autres du m&ecirc;me panier, on dirait que les capitaux et leurs propri&eacute;taires et gestionnaires font partie d&#39;une autre plan&egrave;te. Que les super-riches et leurs administrateurs d&eacute;vou&eacute;s peuvent faire avec l&#39;argent ce que bon leur semble, et que le r&ocirc;le des &laquo; &eacute;lus du peuple &raquo; se borne &agrave; organiser la population de fa&ccedil;on &agrave; plaire aux &laquo; investisseurs &raquo;. <b>O&ugrave; est pass&eacute;e la souverainet&eacute; du peuple ?</b>
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<p>
Pourtant, le site de l&#39;Union Europ&eacute;enne (UE) &eacute;crit &agrave; pr&eacute;sent : <i>&laquo; Si la tendance actuelle se poursuit, en 2009 la Chine aura rattrap&eacute; son retard par rapport &agrave; l&#39;UE. Ces m&eacute;diocres r&eacute;sultats de l&#39;Union s&#39;expliquent par une baisse des investissements priv&eacute;s en R&amp;D</i> [recherche et d&eacute;veloppement] <i>&raquo;</i>. Les responsables politiques connaissent cette situation depuis longtemps, mais de fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale ils n&#39;ont rien fait pour s&#39;opposer au bon vouloir des financiers et des grands industriels. Bien au contraire, on cherche &agrave; discr&eacute;diter par tous les moyens les critiques et initiatives jug&eacute;es &laquo; trop contestataires &raquo;.
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Pendant la campagne des pr&eacute;sidentielles de 2007, Fran&ccedil;ois Bayrou <a href="http://www.bayrou.fr/propositions/chomage.html" target="new">disait</a> : <i>&laquo; Je ne raconterai pas d&#39;histoires : celui ou celle qui vous dira "je vais interdire les d&eacute;localisations" ne vous dira pas la v&eacute;rit&eacute; &raquo;</i>. Au moins, c&#39;&eacute;tait clair. En effet, une telle mesure n&#39;a jamais &eacute;t&eacute; &agrave; l&#39;ordre du jour dans les diff&eacute;rents gouvernements des ann&eacute;es 1990 et 2000 (y compris, ceux dont Bayrou a fait partie), malgr&eacute; les &laquo; alternances &raquo;. Le candidat UDF de 2007 est &eacute;galement un ardant d&eacute;fenseur de la &laquo; construction europ&eacute;enne &raquo; et la lecture de ses d&eacute;clarations est fort int&eacute;ressante de ce point de vue. Par exemple, lorsqu&#39;il r&eacute;clame une priorit&eacute; pour l&#39;Europe militaire et du &laquo; renseignement &raquo; (ses <a href="http://www.bayrou.fr/propositions/defense.html" target="new">&laquo; propositions &raquo;</a> et son <a href="http://www.bayrou.fr/opencms/opencms/discours/bayrou-relationsinter-220606.html" target="new">discours du 22 juin 2006</a>). D&#39;embl&eacute;e, apr&egrave;s l&#39;intitul&eacute; <i>&laquo; L&rsquo;Europe sera au c&oelig;ur de notre politique de d&eacute;fense &raquo;</i>,&nbsp; Bayrou plaide la n&eacute;cessit&eacute; d&#39;une <i>&laquo; priorit&eacute; &agrave; la recherche &raquo;</i> (militaire), avec l&#39;argument : <i>&laquo; des moyens suppl&eacute;mentaires massifs doivent y &ecirc;tre consacr&eacute;s. Presque toujours, la recherche militaire a des applications civiles</i> <i>&raquo;</i>. Une id&eacute;e de base que l&#39;on retrouve &eacute;galement, sous des formes diverses, &agrave; l&#39;UMP ou au Parti Socialiste.
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Estimant notamment que ces propositions de Fran&ccedil;ois Bayrou ne garantissaient ni l&#39;avenir de la recherche publique civile, ni l&#39;ind&eacute;pendance des chercheurs, ni leur stabilit&eacute; d&#39;emploi dans un contexte de d&eacute;localisations au sein de l&#39;Union Europ&eacute;enne, et que les deux candidats pr&eacute;sents au second tour des pr&eacute;sidentielles n&#39;envisageaient pas un programme diff&eacute;rent en la mati&egrave;re, notre collectif a appel&eacute; &agrave; l&#39;abstention (communiqu&eacute; <a href="http://www.geocities.com/indep_chercheurs/Comm030507.html" target="new">du 3 mai 2007</a>). Mais en quoi les actuelles&nbsp; propositions de Laurent Fabius en mati&egrave;re de recherche seraient-elles diff&eacute;rentes des programmes propos&eacute;s en 2007 par Nicolas Sarkozy, Fran&ccedil;ois Bayrou ou S&eacute;gol&egrave;ne Royal ?&nbsp;
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Suite &agrave; notre article du 30 avril :
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<i>&laquo; <span>Laurent Fabius pr&eacute;conise la disparition de fait du CNRS dans le cadre de l&#39;Union Europ&eacute;enne</span></i> <i>&raquo;</i>
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<a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/28/laurent-fabius-preconise-la-disparition-du-cnrs-dans-le-cadr.html" target="new">http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/28/laurent-fabius-preconise-la-disparition-du-cnrs-dans-le-cadr.html</a>&nbsp;
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<p>
Laurent Fabius nous adresse en commentaire une r&eacute;ponse intitul&eacute;e : <i>&laquo; La CERI et le CNRS&nbsp;: faux proc&egrave;s et vrai projet</i> <i>&raquo;</i> qu&#39;il a publi&eacute;e notamment <a href="http://www.laurent-fabius.net/article1080.html" target="new">sur son site</a>. Il &eacute;crit, &agrave; propos de l&#39;avenir du CNRS :
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<i>&laquo; Certains s&rsquo;inqui&egrave;tent de ce que la CERI signerait la disparition du CNRS et pourrait porter atteinte &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance des chercheurs fran&ccedil;ais. Ces craintes sont totalement injustifi&eacute;es, au point que l&rsquo;on peut s&rsquo;interroger sur les motivations de ceux qui les expriment. (...) La CERI disposerait d&rsquo;un budget commun, bien plus cons&eacute;quent que ce qui existe actuellement, aliment&eacute; par une ressource propre. Ce budget serait g&eacute;r&eacute; par la communaut&eacute; scientifique, &agrave; travers une autorit&eacute; ind&eacute;pendante qui aurait vocation, &agrave; terme, &agrave; se substituer &agrave; ses &eacute;quivalents nationaux - l&rsquo;ANR en France -, tout en pr&eacute;servant &eacute;videmment les organismes tels que le CNRS. La CERI sera responsable du financement des projets de recherche...</i> &raquo;
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<p>
Laissant de c&ocirc;t&eacute; les promesses budg&eacute;taires faciles &agrave; &eacute;mettre lorsqu&#39;on formule ce genre de propositions, c&#39;est malheureusement un fait que, dans <a href="http://www.lefigaro.fr/debats/2007/11/22/01005-20071122ARTFIG00551-quatre-principes-pour-une-recherche-plus-competitive-.php" target="new">Le Figaro du 23 novembre</a>, Laurent Fabius &eacute;crivait :
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<p>
<i>&laquo; Premier principe&nbsp;: un budget commun de la recherche ayant vocation, &agrave; terme, &agrave; remplacer ses &eacute;quivalents nationaux. Il faut en finir avec le morcellement des objectifs, la dispersion des politiques, la complexit&eacute; labyrinthique des m&eacute;canismes d&rsquo;aide. Ce budget sera g&eacute;r&eacute; par une autorit&eacute; unique et ind&eacute;pendante, dirig&eacute;e par la communaut&eacute; scientifique. Il financera la recherche fondamentale et appliqu&eacute;e, publique et priv&eacute;e, gr&acirc;ce &agrave; des appels &agrave; projets sur des enjeux strat&eacute;giques comme l&rsquo;&eacute;nergie, l&rsquo;environnement, le changement climatique.. &raquo;</i>
</p>
 
<p>
et dans <a href="http://www.lesechos.fr/info/france/4720091.htm" target="new">Les Echos du 28 avril</a> il pr&eacute;cise :
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<p>
<i>&laquo;</i> <i>Osons mettre en commun nos budgets nationaux de recherche, cr&eacute;er un espace europ&eacute;en de l&#39;innovation dont b&eacute;n&eacute;ficieront nos PME, abattre les murs qui fragmentent les parcours et les carri&egrave;res de nos &eacute;tudiants et de nos chercheurs. Proposons un seul minist&egrave;re europ&eacute;en de la Recherche et de l&#39;Innovation, dot&eacute; d&#39;une politique coordonn&eacute;e...</i> <i>&raquo;</i>
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<p>
On ne per&ccedil;oit nulle part, dans ces articles adress&eacute;s &agrave; l&#39;opinion publique, au monde politique et aux d&eacute;cideurs (en particulier, &agrave; Nicolas Sarkozy ayant en vue la pr&eacute;sidence fran&ccedil;aise de l&#39;Union Europ&eacute;enne), la moindre trace d&#39;une nuance entre le sort r&eacute;serv&eacute; &agrave; l&#39;ANR et celui r&eacute;serv&eacute; au <b>budget</b> du CNRS. De surcro&icirc;t, Laurent Fabius semble oublier que l&#39;ANR est une entit&eacute; de cr&eacute;ation r&eacute;cente dont la capacit&eacute; d&#39;engagement d&eacute;j&agrave; importante (un tiers environ du budget du CNRS), a &eacute;t&eacute; mise en place aux d&eacute;pens des EPST qu&#39;elle tend &agrave; supplanter en tant que source de financement. Sa r&eacute;ponse passe &eacute;galement outre aux dol&eacute;ances r&eacute;p&eacute;t&eacute;es des scientifiques &agrave; propos de la g&eacute;n&eacute;ralisation du financement &laquo; par projets &raquo;, notamment via l&#39;ANR, qui porte gravement atteinte &agrave; l&#39;autonomie financi&egrave;re des laboratoires et &agrave; l&#39;ind&eacute;pendance des chercheurs.
</p>
 
<p>
Le projet CERI confirme d&#39;ailleurs indirectement ce que nous avions d&eacute;j&agrave; soulign&eacute; (voir, par exemple, nos articles <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/12/l-avenir-du-cnrs-et-la-reforme-de-sarkozy-et-precresse.html" target="new">du 3 avril</a>, <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/06/l-interdisciplinarite-du-cnrs-et-les-declarations-de-catheri.html" target="new">du 7 avril</a> et <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/12/l-avenir-du-cnrs-et-la-reforme-de-sarkozy-et-precresse.html" target="new">du 13 avril</a>) : <b>la transformation du CNRS en agence de moyens et gestionnaire de quelques instituts pr&eacute;conis&eacute;e par Nicolas Sarkozy et Val&eacute;rie P&eacute;cresse entra&icirc;nerait n&eacute;cessairement, dans le contexte du Trait&eacute; de Lisbonne, son d&eacute;mant&egrave;lement au b&eacute;n&eacute;fice des nouvelles structures de l&#39;Union Europ&eacute;enne.</b> Pr&eacute;cis&eacute;ment, le projet CERI a &eacute;t&eacute; rendu public quatre mois apr&egrave;s la <a href="http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/lettre_de_mission_adressee_a_mme_valerie_pecresse_ministre_de_l_enseignement_superieur_et_de_la_recherche.79114.html" target="new">lettre de mission</a> du 5 juillet 2007 adress&eacute;e par Nicolas Sarkozy et Fran&ccedil;ois Fillon a Val&eacute;rie P&eacute;cresse d&eacute;finissant d&eacute;j&agrave; la strat&eacute;gie de transformation du CNRS en agence de moyens. Le 6 juillet, Laurent Fabius <a href="http://www.elysee.fr/documents/index.php?lang=fr&amp;mode=view&amp;cat_id=5&amp;press_id=153" target="new">avait rencontr&eacute;</a> Nicolas Sarkozy &laquo; pour &eacute;voquer la suite du Conseil europ&eacute;en des 21 et 22 juin &raquo;.
</p>
 
<p>
Fabius ajoute dans sa r&eacute;ponse &agrave; notre article :
</p>
 
<p>
<i>&laquo; Chaque Etat restera, bien entendu, ma&icirc;tre de la gestion et de l&rsquo;organisation de ses propres structures de recherche. Seuls changeront les modes de financement des projets, d&rsquo;une mani&egrave;re qui renforcera l&rsquo;efficacit&eacute; et l&rsquo;autonomie des chercheurs, puisqu&rsquo;ils d&eacute;termineront eux-m&ecirc;mes les priorit&eacute;s</i> <i>&raquo;</i>
</p>
 
<p>
On peut se demander ce que signifie un organisme sans budget, et quelles &laquo; structures &raquo; s&#39;agirait-il de &laquo; g&eacute;rer &raquo; dans ces conditions. De surcro&icirc;t, nous ne trouvons dans cette &laquo; r&eacute;ponse &raquo; aucune explication sur la proposition visant &agrave; cr&eacute;er <i>&laquo;</i> <i>un seul minist&egrave;re europ&eacute;en de la Recherche et de l&#39;Innovation</i> <i>&raquo;.</i> Fabius n&#39;en parle pas explicitement, mais il ne revient pas, non plus, sur cette id&eacute;e. Il &eacute;crit : <i>&laquo; Les politiques nationales de recherche sont fragment&eacute;es, peu coordonn&eacute;es, quelquefois divergentes voire concurrentes. Je propose d&rsquo;en finir avec ce morcellement, ce saupoudrage, cette non-Europe &raquo;</i>. C&#39;est une mise en cause &eacute;vidente de l&#39;existence m&ecirc;me d&#39;une politique de recherche &agrave; l&#39;&eacute;chelle d&#39;un Etat membre de l&#39;Union Europ&eacute;enne.
</p>
 
<p>
Mais <b>pourquoi cet empressement soudain dans toutes les parcelles de la mise en place effective d&#39;un Etat europ&eacute;en ?</b> Fabius n&#39;est pas le seul, et le <a href="http://www.defense.gouv.fr/europe_de_la_defense/" target="new">volet militaire</a> de la &laquo; construction europ&eacute;enne &raquo; est l&#39;un des plus en vue depuis quelque temps.
</p>
 
<p>
&nbsp;
</p>
 
<p>
<b>Les milieux d&#39;affaires europ&eacute;enns et les &laquo; &eacute;lites &raquo; politiques et &laquo; gestionnaires &raquo; install&eacute;es depuis trois d&eacute;cennies se d&eacute;battent dans une contradiction somme toute tr&egrave;s classique.</b> Il suffit de lire, par exemple, cet extrait de Karl Marx dans un article intitul&eacute; <a href="http://www.sinistra.net/lib/upt/prcomi/roou/roounqubue.html" target="new">&laquo; <i>British Commerce &raquo;</i></a>, publi&eacute; par le journal <i>New York Daily Tribune</i> le 3 f&eacute;vrier 1858 (il y a rien de moins que cent-cinquante ans) :
</p>
 
<p>
<i>&laquo; Le fait que l&#39;exc&eacute;dent des importations britanniques sur les exportations ait atteint en trois ans la somme de 97 millions de Livres sterling ne saurait aucunement l&eacute;gitimer les lamentations des Britanniques, qui se plaignent &agrave; pr&eacute;sent de "faire du commerce au prix de 33 millions de Livres sterling de pertes annuelles" au b&eacute;n&eacute;fice exclusif d&#39;autres pays. Les masses &eacute;normes et croissantes de capital britannique investies dans le monde entier rapportent forc&eacute;ment des int&eacute;r&ecirc;ts, des dividendes et des profits qui doivent principalement &ecirc;tre pay&eacute;s en produits de ces pays et grossissent ainsi le volume des importations britanniques. (...) Le plus inqui&eacute;tant pour l&#39;Angleterre (...), c&#39;est qu&#39;elle ne semble pas parvenir &agrave; trouver chez elle des d&eacute;bouch&eacute;s pour ses masses de capital ; qu&#39;elle est de ce fait contrainte d&#39;en pr&ecirc;ter de plus en plus et, comme jadis la Hollande, Venise et G&ecirc;nes&nbsp; dans leur d&eacute;clin, de forger de ses mains les armes de ses concurrents (...) ... elle fournit elle-m&ecirc;me &agrave; ses rivaux industriels les moyens de la concurrencer pour l&#39;acc&egrave;s aux mati&egrave;res premi&egrave;res et contribue par l&agrave;, elle-m&ecirc;me, &agrave; rendre ces derni&egrave;res plus ch&egrave;res... (...) La marge de profit r&eacute;duite ainsi laiss&eacute;e aux industriels britanniques, diminu&eacute;e encore par la n&eacute;cessit&eacute; permanente (...) de vendre moins cher que le reste du monde, est alors compens&eacute;e par une diminution des salaires des classes travailleuses et par le d&eacute;veloppement rapide, &agrave; l&#39;int&eacute;rieur, d&#39;une mis&egrave;re croissante... &raquo;</i>
</p>
 
<p>
&nbsp;(fin de citation)
</p>
 
<p>
Un tableau qui, &agrave; quelques mises &agrave; jours pr&egrave;s, ressemble fort &agrave; l&#39;actuelle situation de l&#39;Europe occidentale. Sauf qu&#39;<b>&agrave; pr&eacute;sent on d&eacute;localise directement &agrave; la recherche des profits les plus &eacute;lev&eacute;s</b>, au d&eacute;triment d&#39;emplois, salaires et standards sociaux. Ce n&#39;est m&ecirc;me plus une question de &laquo; d&eacute;bouch&eacute;s pour les capitaux &raquo; mais, tout simplement, de plus-values et de dumping. Et plus les b&eacute;n&eacute;fices sont &eacute;lev&eacute;s, plus les masses de capitaux deviennent importantes pendant que la situation des populations de d&eacute;grade.
</p>
 
<p>
<b>Ni Sarkozy, ni Fabius, ni leurs coll&egrave;gues de l&#39;Union Europ&eacute;enne, n&#39;apportent aucune issue r&eacute;elle &agrave; cette impasse que le conformisme, les mystifications, l&#39;inertie intellectuelle et l&#39;indigence de la</b> <b>&laquo; pens&eacute;e unique &raquo;</b> <b>et de la politique &laquo; transversale &raquo; ont largement contribu&eacute; &agrave; cr&eacute;er.</b>
</p>
 
<p>
&nbsp;
</p>
 
<p>
Moins de trente ans apr&egrave;s l&#39;article de Marx, Jules Ferry <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/Ferry1885.asp" target="new">pr&ecirc;chait</a> (en 1885) devant la Chambre des D&eacute;put&eacute;s le bien-fond&eacute; de la &laquo; grande expansion coloniale &raquo; fran&ccedil;aise entreprise depuis quelques ann&eacute;es dans un contexte de relations complexes avec le gouvernement allemand de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Otto_von_Bismarck" target="new">Bismarck</a>. Dans les ann&eacute;es 1890, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cecil_Rhodes" target="new">Cecil Rhodes</a> pr&eacute;sentait l&#39;Empire comme <a href="http://www.mtholyoke.edu/courses/rschwart/hist151/Imperialism.htm" target="new">la solution</a> &agrave; la crise sociale britannique (<i>&laquo; If you want to avoid civil war, you must become imperialists &raquo;</i>). A la m&ecirc;me &eacute;poque, le libre &eacute;change c&eacute;dait d&eacute;finitivement la place &agrave; l&#39;imp&eacute;rialisme protectionniste.
</p>
 
<p>
Plus tard, l&#39;oligarchie allemande a disput&eacute; &agrave; ses homologues britannique et fran&ccedil;aise l&#39;h&eacute;g&eacute;monie continentale et le contr&ocirc;le des colonies. Les deux guerres mondiales, plus le colonialisme, le fascisme et le nazisme, ensemble avec toutes leurs sequelles, ont fait un nombre incalculable de victimes dans le monde entier. Profitant des guerres europ&eacute;ennes, un autre destinataire des d&eacute;localisations britanniques du XIX si&egrave;cle, les Etats-Unis, est devenu la premi&egrave;re puissance du monde capitaliste. Les conflits se sont g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;s, malgr&eacute; une apparence de paix dans les pays &laquo; riches &raquo; .
</p>
 
<p>
<b>La spirale fatidique prend &agrave; pr&eacute;sent une dimension plan&eacute;taire.</b> <a href="http://www.abc-lettres.com/proverbe-latin/quousque-tandem.html" target="new"><i>Quousque tandem ?</i></a>
</p>
 
<p>
&nbsp;
</p>
 
<p>
A suivre.
</p>
 
<p>
&nbsp;
</p>
 
<p>
<i>Ind&eacute;pendance des Chercheurs&nbsp;</i>
</p>
 
<p>
<b><a href="http://www.geocities.com/indep_chercheurs" target="new">http://www.geocities.com/indep_chercheurs</a></b>
</p>
 
<p>
<b><a href="http://fr.blog.360.yahoo.com/indep_chercheurs" target="new">http://fr.blog.360.yahoo.com/indep_chercheurs</a></b>
</p>
 
<p>
<b><a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/" target="new">http://science21.blogs.courrierinternational.com</a></b>
</p>
 
<p>
&nbsp;
</p>
]]></content:encoded>
  </item>

  <item rdf:about="http://liege.indymedia.org/news/2008/05/20419.php">
    <link>http://liege.indymedia.org/news/2008/05/20419.php</link>
    <title>Union Européenne, recherche, technologie et mythe de la « guerre économique » (II)</title>
    <description>Le CNRS, lINSERM et les autres établissements de recherche scientifique et technologique français, de même que leurs homologues dautres pays européens, survivront-ils à la nouvelle logique de « guerre économique » qui semble accompagner la ratification coûte que coûte du Traité de Lisbonne ? Un discours qui prépare de toute évidence l&#039;instauration d&#039;un « pouvoir fort » continental. La course à la mise en place accélérée dun véritable Etat européen apparaît assortie dune avalanche de projets tendant dune part à transférer à lUnion Européenne les compétences et les moyens stratégiques dans tous les domaines, et de lautre à remplacer les organismes publics de recherche des Etats membres par un tissu universitaire proche du secteur privé. Mais le discours sur la « guerre économique » paraît très peu crédible, pour peu quon examine la réalité des délocalisations financières et industrielles. Il nest pas, en revanche, exempt de dangers. Et qui paiera la facture de cette « guerre économique » ?</description>
    <dc:date>1970-01-01T00:00:00Z</dc:date>
    <dc:subject></dc:subject>
    <dc:creator>Indépendance des Chercheurs</dc:creator>
    <dc:format>text/html</dc:format>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;<br>
<b>Recherche scientifique et technologique : o&ugrave; est la &laquo; guerre &eacute;conomique &raquo; ?</b>
<p>&nbsp;<br>
<a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/05/07/recherche-scientifique-et-technologique-ou-est-la-guerre-eco.html" TARGET=new>http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/05/07/recherche-...</a>
<p>&nbsp;<br>
<b>Le CNRS, l&#39;INSERM et l&#39;ensemble organismes publics de recherche fran&ccedil;ais et d&#39;autres pays europ&eacute;ens voient leur existence directement menac&eacute;e par un double projet : d&#39;une part, le transfert d&#39;une partie de leurs moyens aux universit&eacute;s annonc&eacute; en France par Nicolas Sarkozy et Val&eacute;rie P&eacute;cresse ; de l&#39;autre, le regroupement pr&eacute;visible du reste de ces moyens avec les nouvelles structures de l&#39;Union Europ&eacute;enne (par exemple, sous un grand&nbsp; &laquo; minist&egrave;re europ&eacute;en de la Recherche et de l&#39;Innovation &raquo;). Pour justifier cette politique, on parle notamment de &laquo; guerre&nbsp; &eacute;conomique &raquo; (dixit Laurent Fabius) et on impute &agrave; un pays comme la France un&nbsp; &laquo; lourd probl&egrave;me de comp&eacute;titivit&eacute; &raquo;, une &laquo; insuffisance d&#39;innovation et de recherche &raquo;... Mais qu&#39;en est-il vraiment ? Contrairement &agrave; ce que cherchaient &agrave; faire croire avec une rare unanimit&eacute; les gouvernements des deux derni&egrave;res d&eacute;cennies, la recherche subit elle-m&ecirc;me des vagues de d&eacute;localisations et un dumping social croissant. Rien de nouveau, pour ceux qui ont lu les ouvrages des auteurs progressistes d&#39;il y a un si&egrave;cle et demi. Aucune</b> <b>&laquo; guerre&nbsp; &eacute;conomique &raquo; n&#39;est responsable de la fuite des capitaux. Si ce n&#39;est la guerre sociale que repr&eacute;sentent la politique de d&eacute;localisations et la mise en place d&#39;un</b> <b>&laquo; march&eacute; mondial de la main d&#39;oeuvre &raquo;</b><b>, y compris intellectuelle.</b>
</p>
 
<p>
&nbsp;
</p>
 
<p>
La strat&eacute;gie de marginalisation progressive, par les institutions europ&eacute;ennes, des &eacute;tablissements publics de recherche nationaux comme le Centre National de la Recherche Scientifique (<a href="http://www.cnrs.fr" target="new">CNRS</a>) ou l&#39;Institut National de la Sant&eacute; et de la Recherche M&eacute;dicale (<a href="http://www.inserm.fr" target="new">INSERM</a>) ne semble pas rencontrer d&#39;obstacle. Nous avions d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute; (notre <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/12/creation-d-un-institut-europeen-d-innovation-et-de-technolog.html" target="new">article du 12 mars</a>) la cr&eacute;ation d&#39;un Institut europ&eacute;en d&#39;innovation et de technologie (<a href="http://ec.europa.eu/eit/" target="new">IEIT</a>), mais les exemples sont nombreux, comme le met en &eacute;vidence le site de l&#39;Union Europ&eacute;enne dans sa rubrique <a href="http://europa.eu/pol/rd/index_fr.htm" target="new"><i>&laquo; Recherche et innovation &raquo;</i></a>. On peut &eacute;galement lire &agrave; cette adresse un certain nombre de <a href="http://europa.eu/pol/rd/overview_fr.htm" target="new">constats n&eacute;gatifs</a> (faible investissement, faible valorisation...), suivis de la d&eacute;claration :&nbsp;<i>&laquo; L&#39;Union europ&eacute;enne souhaite rem&eacute;dier &agrave; cette situation en int&eacute;grant la politique en mati&egrave;re de recherche et d&rsquo;innovation &raquo;</i>. Une telle approche para&icirc;t pour le moins biais&eacute;e, car les vrais probl&egrave;mes sont sans rapport avec le &laquo; rem&egrave;de &raquo; annonc&eacute;.&nbsp;
</p>
 
<p>
&nbsp;
</p>
 
<p>
Le 30 avril, la&nbsp; <a href="http://ec.europa.eu/index_fr.htm" target="new">Commission Europ&eacute;enne</a> a diffus&eacute; un <a href="http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/08/662&amp;format=HTML&amp;aged=0&amp;language=FR&amp;guiLanguage=fr" target="new">communiqu&eacute;</a> annon&ccedil;ant la mise en oeuvre de l&#39;<a href="http://imi.europa.eu/index_en.html" target="new">IMI</a> (<i>Initiative pour les m&eacute;dicaments innovants</i>, <a href="http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2008:030:0038:0051:FR:PDF" target="new">R&egrave;glement 73/208</a> du Conseil de l&#39;Union Europ&eacute;enne). Le 5 mai, une <a href="http://cordis.europa.eu/fetch?CALLER=FR_NEWS&amp;ACTION=D&amp;SESSION=&amp;RCN=29402" target="new">d&eacute;p&ecirc;che</a> de <a href="http://cordis.europa.eu/fr/home.html" target="new">CORDIS</a> faisait &eacute;tat du premier appel &agrave; propositions dans ce cadre. Le 6 mai, un article de Chantal Houzelle, paru dans <a href="http://www.lesechos.fr" target="new"><i>Les Echos</i></a> et intitul&eacute; &laquo; <i>L&#39;Europe se mobilise pour doper l&#39;innovation th&eacute;rapeutique</i> &raquo; exposait que <i>&laquo; pour lutter contre les d&eacute;localisations, l&#39;initiative m&eacute;dicaments innovants veut associer PME, centres de recherche publics et grands groupes pharmaceutiques &raquo;</i> . Le 7 mai, <a href="http://www.innovationlejournal.com" target="new"><i>Innovation le journal</i></a> a diffus&eacute; un <a href="http://www.innovationlejournal.com/spip.php?article2611" target="new">article d&#39;Anna Musso</a> sur le m&ecirc;me sujet, intitul&eacute; &laquo; <i>Comp&eacute;titivit&eacute; : l&#39;Europe s&#39;associe &agrave; l&#39;industrie pharmaceutique &raquo;</i>, pr&eacute;c&eacute;d&eacute; d&#39;un <a href="http://www.innovationlejournal.com/spip.php?article2612" target="new">article de Pierre Magnetto</a> avec le titre : <i>&laquo; Union Europ&eacute;enne : un budget marqu&eacute; par l&#39;environnement et l&#39;innovation &raquo;</i>. Le 9 mai, <a href="http://www.lalettrea.fr/info/about_indigo.asp" target="new"><i>La Lettre A</i></a> diffusait une note intitul&eacute;e <i>&laquo;</i> <i>M&eacute;dicaments innovants</i> <i>&raquo;</i> dont la <a href="http://www.lalettrea.fr/detail/detail_articles/p_detail.asp?DOC_I_ID=41622288&amp;Context=CAN&amp;ContextInfos=chan_rub_lla_strategies_business&amp;Service=BRL&amp;CodeAffilie=A_INDIGO&amp;Rubrique=strategies_business" target="new">partie non payante</a> fait &eacute;tat d&#39;un <i>&laquo;</i> <i>exceptionnel partenariat public-priv&eacute; entre la Commission europ&eacute;enne et la F&eacute;d&eacute;ration europ&eacute;enne des associations de l&#39;industrie pharmaceutique (<a href="http://www.efpia.org/Content/Default.asp" target="new">EFPIA</a>)</i> <i>&raquo; ...</i> Beaucoup de propagande, mais avec quel message ?
</p>
 
<p>
Un <a href="http://www.leem-recherche.org/download-manager.php?id=91" target="new">dossier de presse</a> fran&ccedil;ais sur l&#39;IMI pr&eacute;cise notamment :
</p>
 
<p>
&laquo; ... Pourtant, la vitalit&eacute; du secteur pharmaceutique europ&eacute;en est menac&eacute;e et voit sa position s&rsquo;effriter d&rsquo;ann&eacute;e en ann&eacute;e : <i>entre 1990 et 2006, l&rsquo;investissement en R&amp;D</i> [recherche et d&eacute;veloppement] <i>pharmaceutique a &eacute;t&eacute; multipli&eacute; par 5 aux Etats-Unis, tandis qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait multipli&eacute; que par &lt; 2,9</i> [moins de 2.9] <i>en Europe.</i> Les r&eacute;sultats ne se sont pas faits attendre : <i>en 2006, les Etats-Unis r&eacute;alisaient 47,7 % des ventes mondiales de contre 29,9 % par l&rsquo;Union europ&eacute;enne</i>. Plus grave encore, au regard de la mise au point de m&eacute;dicaments innovants, nombre de sites de recherche pharmaceutique se d&eacute;localisent pour s&rsquo;installer en Asie, notamment &raquo; . &nbsp;
</p>
 
<p>
(fin de citation)
</p>
 
<p>
<b>Le dossier fait Etat, pour la&nbsp; p&eacute;riode 2001-2006, de dix-huit sites de recherche pharmaceutique ferm&eacute;s en Europe contre deux seulement de cr&eacute;&eacute;s</b>. Pour les Etats-Unis, les chiffres sont respectivement de cinq et six ; pour l&#39;Asie, de un et quatorze. Mais &agrave; qui la faute ? <b>Cette politique est bien le fait des financiers et des multinationales</b>, avec deux d&eacute;cennies d&#39;applaudissements de la part de la &laquo; pens&eacute;e unique &raquo; gouvernementale (voir nos articles <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/10/vers-une-delocalisation-generale-de-la-recherche-scientifiqu.html" target="new">du 11 mars</a> et <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/12/delocalisations-recherche-scientifique-et-propagande-politiq.html" target="new">du 13 mars</a>). Ses mobiles ne sont autres que la recherche des plus bas salaires et des standards sociaux les plus d&eacute;favorables pour la population. Pourtant, la &laquo; lib&eacute;ralisation des &eacute;changes &raquo; avait &eacute;t&eacute; invariablement pr&eacute;sent&eacute;e comme &laquo; globalement b&eacute;n&eacute;fique &raquo;.
</p>
 
<p>
Contrairement aux annonces d&eacute;magogiques des &laquo; nos experts &raquo; tout au long des ann&eacute;es 1990 et 2000, les d&eacute;localisations n&#39;ont pas concern&eacute; particuli&egrave;rement les emplois dits &laquo; &agrave; faible qualification &raquo; : elles ont touch&eacute; l&#39;ensemble des activit&eacute;s professionnelles. La recherche scientifique et technologique est depuis longtemps largement touch&eacute;e par les d&eacute;localisations et par le dumping social &agrave; l&#39;&eacute;chelle plan&eacute;taire. Mais que nous propose-t-on &agrave; pr&eacute;sent ? Va-t-on, via les projets europ&eacute;ens, fournir encore de l&#39;argent public ou son &eacute;quivalent, ou du travail bon march&eacute; au sein de l&#39;Union Europ&eacute;enne, &agrave; ces m&ecirc;mes groupes industriels qui d&eacute;localisent ? Comme si les cadeaux fiscaux et sociaux pratiqu&eacute;s (en vain) dans les Etats membres au d&eacute;triment des travailleurs ne suffisaient pas...
</p>
 
<p>
&nbsp;
</p>
 
<p>
<b>La responsabilit&eacute; du monde politique dans la d&eacute;gringolade est &eacute;galement tr&egrave;s lourde</b>.
</p>
 
<p>
Avant la <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/1999/11/GEORGE/12658.html" targe="new">r&eacute;union de Seattle</a> du &laquo; Millennium Round &raquo; de l&#39;Organisation Mondiale du Commerce (<a href="http://www.wto.org/indexfr.htm" target="new">OMC</a>) de 1999, le&nbsp;<a href="http://www.minefi.gouv.fr/fonds_documentaire/archives/communiques/c9908051.htm" target="new">site du Minist&egrave;re</a> de l&#39;&Eacute;conomie, des Finances et de l&#39;Industrie fran&ccedil;ais (Dominique Strauss-Kahn) diffusait la &laquo; brillante analyse &raquo; du <a href="http://www.finances.gouv.fr/fonds_documentaire/pole_ecofin/international/rap_multilateral.htm" target="new">rapport Lalumi&egrave;re</a> sur les &laquo; n&eacute;gociations commerciales multilat&eacute;rales &raquo;, dont voici un extrait :
</p>
 
<p>
<i>&laquo;&nbsp;</i><i>La lib&eacute;ralisation des &eacute;changes offre deux avantages essentiels : elle permet, d&#39;une part, la sp&eacute;cialisation des activit&eacute;s et, donc, une meilleure utilisation des ressources ; elle accro&icirc;t, d&#39;autre part, les d&eacute;bouch&eacute;s qui s&#39;offrent &agrave; chaque industrie et conduit donc &agrave; une r&eacute;duction de ses co&ucirc;ts.&nbsp; (...) ...</i> <i>les travailleurs les plus qualifi&eacute;s voient leurs services de plus en plus valoris&eacute;s. Leur production trouve de nouveaux d&eacute;bouch&eacute;s dans les pays &eacute;mergents. Ils b&eacute;n&eacute;ficient d&#39;une demande croissante et leur r&eacute;mun&eacute;ration s&#39;am&eacute;liore</i> <i>&raquo;</i><i>.</i>
</p>
 
<p>
(fin de citation)&nbsp;
</p>
 
<p>
On retrouve les m&ecirc;mes lieux communs dans les <a href="http://www.vie-publique.fr/cdp/033002340.html" target="new">d&eacute;clarations de juin 2003</a> de l&#39;alors ministre de l&#39;Economie, des Finances et de l&#39;Industrie Francis Mer au journal <a href="http://www.lesechos.fr/" target="new"><i>Les Echos</i></a>, avec &eacute;galement une &laquo; profonde analyse &raquo; :&nbsp;
</p>
 
<p>
<i>&laquo;&nbsp;</i> <i>Il y a des m&eacute;tiers industriels qui ont &eacute;t&eacute; d&eacute;localis&eacute;s vers des pays &agrave; bas salaires : cela s&#39;appelle la sp&eacute;cialisation internationale du commerce. (...) C&#39;est ce ph&eacute;nom&egrave;ne qui explique la croissance chinoise. Il suppose a contrario que l&#39;Europe se mobilise sur l&#39;innovation, la recherche et la formation professionnelle. (...)&nbsp;</i> <i>&raquo;.</i>
</p>
 
<p>
(fin de citation)
</p>
 
<p>
&nbsp;
</p>
 
<p>
A pr&eacute;sent, apr&egrave;s deux d&eacute;cennies de d&eacute;localisations financi&egrave;res et industrielles, <a href="http://www.laurent-fabius.net/IMG/CERI_21_NOV_-_tribune_LF_version_longue.pdf" target="new">on nous dit</a> soudain que <i>&laquo; la guerre &eacute;conomique fait rage</i> <i>&raquo;</i>. Avec qui ? Avec les pays destinataires de &laquo; nos &raquo; d&eacute;localisations ???? Le <a href="http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2216/articles/a340935.html" target="new"><i>Nouvel Observateur</i></a> vient de diffuser un dossier, <a href="http://dvd.nouvelobs.com/fiche_58.html" target="new">DVD compris</a>, avec le titre <i>&laquo;</i> <i>Ce que cache le "Made in China"</i> <i>&raquo;</i>. <b>Mais qui a organis&eacute; le dumping social &agrave; l&#39;&eacute;chelle plan&eacute;taire, si ce n&#39;est les auteurs (occidentaux</b>) <b>des d&eacute;localisations financi&egrave;res ?</b>
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Le 23 novembre dernier, &eacute;voquant son projet <a href="http://www.laurent-fabius.net/article1002.html" target="new">CERI</a> (voir notre article <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/28/laurent-fabius-preconise-la-disparition-du-cnrs-dans-le-cadr.html" target="new">du 30 avril</a>), l&#39;ancien premier ministre Laurent Fabius <a href="http://www.lefigaro.fr/debats/2007/11/22/01005-20071122ARTFIG00551-quatre-principes-pour-une-recherche-plus-competitive-.php" target="new">&eacute;crivait</a> dans <a href="http://www.lefigaro.fr/" target="new"><i>Le Figaro</i></a> :&nbsp;
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<i>&laquo; ... L&rsquo;innovation et la recherche sont en effet &agrave; la guerre &eacute;conomique dans l&rsquo;Europe d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ce que le charbon et l&rsquo;acier furent &agrave; la guerre militaire dans l&rsquo;Europe d&rsquo;hier. Concr&egrave;tement, je propose de mettre en place, d&rsquo;abord avec nos partenaires de la zone euro, une Coop&eacute;ration europ&eacute;enne de la recherche et de l&rsquo;innovation... &raquo; . &nbsp;&nbsp;</i>
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<p>
Au nom des exigences de cette <i>&laquo;</i> <i>guerre &eacute;conomique</i> <i>&raquo;</i>, Fabius appelait &agrave; la cr&eacute;ation d&#39;une <i>&laquo;</i> <i>Coop&eacute;ration europ&eacute;enne de la recherche et de l&rsquo;innovation</i> <i>&raquo;</i> qui devrait <i>&laquo;</i> <i>&ecirc;tre bas&eacute;e sur un budget commun de la recherche ayant vocation, &agrave; terme, &agrave; remplacer ses &eacute;quivalents nationaux</i> <i>&raquo;</i> et fonctionner par des appels &agrave; projets. Quoi qu&#39;on nous raconte, les actuels Etablissements Publics &agrave; caract&egrave;re Scientifique et Technologique (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tablissement_public_%C3%A0_caract%C3%A8re_scientifique_et_technologique" target="new">EPST</a>) fran&ccedil;ais comme le CNRS ou l&#39;INSERM ne peuvent que dispara&icirc;tre dans un tel mode d&#39;organisation de la recherche &agrave; l&#39;&eacute;chelle continentale. Le fait que le <a href="http://www.laurent-fabius.net/IMG/CERI_detail_23_nov_2007.pdf" target="new">texte du projet</a> ne mentionne explicitement que l&#39;<a href="http://www.agence-nationale-recherche.fr/" target="new">ANR</a> (Agence Nationale de la Recherche, cr&eacute;&eacute;e d&#39;abord en 2005 en tant que groupement d&#39;int&eacute;r&ecirc;t public et &agrave; nouveau <a href="http://www.agence-nationale-recherche.fr/documents/decret-1er-aout-2006.pdf" target="new">en janvier 2007</a> en tant qu&#39;&eacute;tablissement public &agrave; caract&egrave;re administratif, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tablissement_public_%C3%A0_caract%C3%A8re_administratif_%28France%29" target="new">EPA</a>), ne change rien au probl&egrave;me. Ce dont il est question, c&#39;est de remplacer les <b>budgets</b> de recherche des Etats membres de l&#39;Union Europ&eacute;enne par un &eacute;quivalent europ&eacute;en.
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Dans une <a href="http://www.laurent-fabius.net/IMG/CERI_21_NOV_-_tribune_LF_version_longue.pdf" target="new">&laquo;&nbsp;version longue&nbsp;&raquo;</a> de son article de novembre 2007, Laurent Fabius &eacute;crit : <i>&laquo;&nbsp;Il faudra refuser le poison du &laquo; juste retour &raquo;, cet &eacute;go&iuml;sme des nations contraire &agrave; l&#39;esprit du projet europ&eacute;en. La CERI, ce ne sera pas &ldquo;I want my money back&rdquo; &agrave; la fa&ccedil;on de Margaret Thatcher, mais plut&ocirc;t &ldquo;I want my Europe back&rdquo;.&nbsp;&raquo;</i>. Il ne s&rsquo;agit donc pas, dans la pratique, de f&eacute;d&eacute;rer les organismes de recherche nationaux, mais de les remplacer par des structures continentales nouvelles. Les activit&eacute;s seront forc&eacute;ment d&eacute;localis&eacute;es, via les appels d&rsquo;offres et les grandes collaborations, vers les pays proposant les co&ucirc;ts les plus faibles. Une nouvelle machine &agrave; dumping social et un v&eacute;ritable asservissement du travail intellectuel, sous pr&eacute;texte de &laquo;&nbsp;guerre &eacute;conomique&nbsp;&raquo; et de &laquo;&nbsp;patriotisme europ&eacute;en&nbsp;&raquo;.
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Pour ceux qui pouvaient encore h&eacute;berger un doute &agrave; ce sujet, l&#39;ancien premier ministre vient de pr&eacute;ciser sa strat&eacute;gie dans une <a href="http://www.lesechos.fr/info/france/4720091.htm" target="new">analyse intitul&eacute;e</a>&nbsp;: <i>&laquo;&nbsp;Quatre propositions pour retrouver une perspective&nbsp;&raquo;</i>, publi&eacute;e par <i>Les Echos</i> le 28 avril. Fabius demande explicitement <i>&laquo;</i> <i>un seul minist&egrave;re europ&eacute;en de la Recherche et de l&#39;Innovation, dot&eacute; d&#39;une politique coordonn&eacute;e</i> <i>&raquo;</i>. In&eacute;vitablement, un pouvoir d&#39;Etat continental exerc&eacute; par le monde politique et contr&ocirc;lant l&#39;ensemble des budgets, alors que l&#39;article de novembre dernier n&#39;evisageait qu&#39;une <i>&laquo; autorit&eacute; unique et ind&eacute;pendante, dirig&eacute;e par la communaut&eacute; scientifique</i> <i>&raquo;.</i>
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Cette &eacute;volution dans la formulation des propositions de Laurent Fabius &eacute;tait pr&eacute;visible dans le contexte du <a href="http://www.traite-de-lisbonne.fr/" target="new">Trait&eacute; de Lisbonne</a>, mais de toute fa&ccedil;on on ne confie pas &agrave; des scientifiques la direction d&#39;une <i>&laquo;</i> <i>guerre &eacute;conomique</i> <i>&raquo;.</i> Anna Musso a bien choisi le titre de son article : <i>&laquo; Comp&eacute;titivit&eacute; : l&#39;Europe s&#39;associe &agrave; l&#39;industrie pharmaceutique &raquo;</i><i>.</i> Ce sont bien les grands industriels et les financiers qui m&egrave;nent les op&eacute;rations &agrave; l&#39;&eacute;chelle continentale, pendant que Laurent Fabius reproche &agrave; la France un <i>&laquo; lourd probl&egrave;me de comp&eacute;titivit&eacute;</i> <i>&raquo;</i> et une <i>&laquo; insuffisance d&#39;innovation</i> <i>&raquo;</i> sans s&#39;expliquer &agrave; ce sujet.&nbsp; Et m&ecirc;me si toutes les instances charg&eacute;es de l&#39;&eacute;valuation des projets soumis &agrave; des instances europ&eacute;ennes en mati&egrave;re de recherche comprendront n&eacute;cessairement des scientifiques ou des sp&eacute;cialistes, on ne peut pas pour autant valablement parler de participation de la <i>&laquo;</i> <i>communaut&eacute; scientifique</i> <i>&raquo;</i> en tant que telle.
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Mais, au juste, de quelle <i>&laquo;</i> <i>guerre &eacute;conomique</i> <i>&raquo;</i> s&#39;agit-il ? <a href="http://dz2.mofcom.gov.cn/aarticle/chinanews/200709/20070905075935.html" target="new">En juillet 2007</a>, les investissements &eacute;trangers op&eacute;rationnels en Chine atteignaient un total de 720 milliards de dollars US. Un <a href="http://www.fdi.gov.cn/pub/FDI_EN/News/Focus/Subject/Utilization2007/default.html" target="new">chiffre plus r&eacute;cent</a> approche les 750 milliards. Et la Chine n&#39;est pas le seul pays dit &laquo; &eacute;mergent &raquo; destinataire des d&eacute;localisations. Tout a l&#39;air de baigner pour les &laquo; investisseurs &raquo;. <b>La seule v&eacute;ritable guerre est celle dirig&eacute;e contre les salaires et les droits sociaux</b>. Chez nous par le dumping et les accords de l&#39;OMC, ailleurs au nom de la pr&eacute;servation de la &laquo; comp&eacute;titivit&eacute; &raquo; pour &laquo; attirer les capitaux &raquo;. Quel que soit le pays, &laquo; riche &raquo; , &laquo; pauvre &raquo; ou &laquo; moyen &raquo;, le travail est perdant et le capital gagnant. La travail intellectuel fait &eacute;galement partie du peloton des perdants.
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Lorsqu&#39;on entend ces temps-ci des politiques s&#39;adresser aux citoyens avec le mot &laquo; comp&eacute;titivit&eacute; &raquo; et d&#39;autres du m&ecirc;me panier, on dirait que les capitaux et leurs propri&eacute;taires et gestionnaires font partie d&#39;une autre plan&egrave;te. Que les super-riches et leurs administrateurs d&eacute;vou&eacute;s peuvent faire avec l&#39;argent ce que bon leur semble, et que le r&ocirc;le des &laquo; &eacute;lus du peuple &raquo; se borne &agrave; organiser la population de fa&ccedil;on &agrave; plaire aux &laquo; investisseurs &raquo;. <b>O&ugrave; est pass&eacute;e la souverainet&eacute; du peuple ?</b>
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Pourtant, le site de l&#39;Union Europ&eacute;enne (UE) &eacute;crit &agrave; pr&eacute;sent : <i>&laquo; Si la tendance actuelle se poursuit, en 2009 la Chine aura rattrap&eacute; son retard par rapport &agrave; l&#39;UE. Ces m&eacute;diocres r&eacute;sultats de l&#39;Union s&#39;expliquent par une baisse des investissements priv&eacute;s en R&amp;D</i> [recherche et d&eacute;veloppement] <i>&raquo;</i>. Les responsables politiques connaissent cette situation depuis longtemps, mais de fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale ils n&#39;ont rien fait pour s&#39;opposer au bon vouloir des financiers et des grands industriels. Bien au contraire, on cherche &agrave; discr&eacute;diter par tous les moyens les critiques et initiatives jug&eacute;es &laquo; trop contestataires &raquo;.
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Pendant la campagne des pr&eacute;sidentielles de 2007, Fran&ccedil;ois Bayrou <a href="http://www.bayrou.fr/propositions/chomage.html" target="new">disait</a> : <i>&laquo; Je ne raconterai pas d&#39;histoires : celui ou celle qui vous dira "je vais interdire les d&eacute;localisations" ne vous dira pas la v&eacute;rit&eacute; &raquo;</i>. Au moins, c&#39;&eacute;tait clair. En effet, une telle mesure n&#39;a jamais &eacute;t&eacute; &agrave; l&#39;ordre du jour dans les diff&eacute;rents gouvernements des ann&eacute;es 1990 et 2000 (y compris, ceux dont Bayrou a fait partie), malgr&eacute; les &laquo; alternances &raquo;. Le candidat UDF de 2007 est &eacute;galement un ardant d&eacute;fenseur de la &laquo; construction europ&eacute;enne &raquo; et la lecture de ses d&eacute;clarations est fort int&eacute;ressante de ce point de vue. Par exemple, lorsqu&#39;il r&eacute;clame une priorit&eacute; pour l&#39;Europe militaire et du &laquo; renseignement &raquo; (ses <a href="http://www.bayrou.fr/propositions/defense.html" target="new">&laquo; propositions &raquo;</a> et son <a href="http://www.bayrou.fr/opencms/opencms/discours/bayrou-relationsinter-220606.html" target="new">discours du 22 juin 2006</a>). D&#39;embl&eacute;e, apr&egrave;s l&#39;intitul&eacute; <i>&laquo; L&rsquo;Europe sera au c&oelig;ur de notre politique de d&eacute;fense &raquo;</i>,&nbsp; Bayrou plaide la n&eacute;cessit&eacute; d&#39;une <i>&laquo; priorit&eacute; &agrave; la recherche &raquo;</i> (militaire), avec l&#39;argument : <i>&laquo; des moyens suppl&eacute;mentaires massifs doivent y &ecirc;tre consacr&eacute;s. Presque toujours, la recherche militaire a des applications civiles</i> <i>&raquo;</i>. Une id&eacute;e de base que l&#39;on retrouve &eacute;galement, sous des formes diverses, &agrave; l&#39;UMP ou au Parti Socialiste.
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Estimant notamment que ces propositions de Fran&ccedil;ois Bayrou ne garantissaient ni l&#39;avenir de la recherche publique civile, ni l&#39;ind&eacute;pendance des chercheurs, ni leur stabilit&eacute; d&#39;emploi dans un contexte de d&eacute;localisations au sein de l&#39;Union Europ&eacute;enne, et que les deux candidats pr&eacute;sents au second tour des pr&eacute;sidentielles n&#39;envisageaient pas un programme diff&eacute;rent en la mati&egrave;re, notre collectif a appel&eacute; &agrave; l&#39;abstention (communiqu&eacute; <a href="http://www.geocities.com/indep_chercheurs/Comm030507.html" target="new">du 3 mai 2007</a>). Mais en quoi les actuelles&nbsp; propositions de Laurent Fabius en mati&egrave;re de recherche seraient-elles diff&eacute;rentes des programmes propos&eacute;s en 2007 par Nicolas Sarkozy, Fran&ccedil;ois Bayrou ou S&eacute;gol&egrave;ne Royal ?&nbsp;
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Suite &agrave; notre article du 30 avril :
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<i>&laquo; <span>Laurent Fabius pr&eacute;conise la disparition de fait du CNRS dans le cadre de l&#39;Union Europ&eacute;enne</span></i> <i>&raquo;</i>
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<a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/28/laurent-fabius-preconise-la-disparition-du-cnrs-dans-le-cadr.html" target="new">http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/28/laurent-fabius-preconise-la-disparition-du-cnrs-dans-le-cadr.html</a>&nbsp;
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Laurent Fabius nous adresse en commentaire une r&eacute;ponse intitul&eacute;e : <i>&laquo; La CERI et le CNRS&nbsp;: faux proc&egrave;s et vrai projet</i> <i>&raquo;</i> qu&#39;il a publi&eacute;e notamment <a href="http://www.laurent-fabius.net/article1080.html" target="new">sur son site</a>. Il &eacute;crit, &agrave; propos de l&#39;avenir du CNRS :
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<i>&laquo; Certains s&rsquo;inqui&egrave;tent de ce que la CERI signerait la disparition du CNRS et pourrait porter atteinte &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance des chercheurs fran&ccedil;ais. Ces craintes sont totalement injustifi&eacute;es, au point que l&rsquo;on peut s&rsquo;interroger sur les motivations de ceux qui les expriment. (...) La CERI disposerait d&rsquo;un budget commun, bien plus cons&eacute;quent que ce qui existe actuellement, aliment&eacute; par une ressource propre. Ce budget serait g&eacute;r&eacute; par la communaut&eacute; scientifique, &agrave; travers une autorit&eacute; ind&eacute;pendante qui aurait vocation, &agrave; terme, &agrave; se substituer &agrave; ses &eacute;quivalents nationaux - l&rsquo;ANR en France -, tout en pr&eacute;servant &eacute;videmment les organismes tels que le CNRS. La CERI sera responsable du financement des projets de recherche...</i> &raquo;
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<p>
Laissant de c&ocirc;t&eacute; les promesses budg&eacute;taires faciles &agrave; &eacute;mettre lorsqu&#39;on formule ce genre de propositions, c&#39;est malheureusement un fait que, dans <a href="http://www.lefigaro.fr/debats/2007/11/22/01005-20071122ARTFIG00551-quatre-principes-pour-une-recherche-plus-competitive-.php" target="new">Le Figaro du 23 novembre</a>, Laurent Fabius &eacute;crivait :
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<i>&laquo; Premier principe&nbsp;: un budget commun de la recherche ayant vocation, &agrave; terme, &agrave; remplacer ses &eacute;quivalents nationaux. Il faut en finir avec le morcellement des objectifs, la dispersion des politiques, la complexit&eacute; labyrinthique des m&eacute;canismes d&rsquo;aide. Ce budget sera g&eacute;r&eacute; par une autorit&eacute; unique et ind&eacute;pendante, dirig&eacute;e par la communaut&eacute; scientifique. Il financera la recherche fondamentale et appliqu&eacute;e, publique et priv&eacute;e, gr&acirc;ce &agrave; des appels &agrave; projets sur des enjeux strat&eacute;giques comme l&rsquo;&eacute;nergie, l&rsquo;environnement, le changement climatique.. &raquo;</i>
</p>
 
<p>
et dans <a href="http://www.lesechos.fr/info/france/4720091.htm" target="new">Les Echos du 28 avril</a> il pr&eacute;cise :
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<i>&laquo;</i> <i>Osons mettre en commun nos budgets nationaux de recherche, cr&eacute;er un espace europ&eacute;en de l&#39;innovation dont b&eacute;n&eacute;ficieront nos PME, abattre les murs qui fragmentent les parcours et les carri&egrave;res de nos &eacute;tudiants et de nos chercheurs. Proposons un seul minist&egrave;re europ&eacute;en de la Recherche et de l&#39;Innovation, dot&eacute; d&#39;une politique coordonn&eacute;e...</i> <i>&raquo;</i>
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<p>
On ne per&ccedil;oit nulle part, dans ces articles adress&eacute;s &agrave; l&#39;opinion publique, au monde politique et aux d&eacute;cideurs (en particulier, &agrave; Nicolas Sarkozy ayant en vue la pr&eacute;sidence fran&ccedil;aise de l&#39;Union Europ&eacute;enne), la moindre trace d&#39;une nuance entre le sort r&eacute;serv&eacute; &agrave; l&#39;ANR et celui r&eacute;serv&eacute; au <b>budget</b> du CNRS. De surcro&icirc;t, Laurent Fabius semble oublier que l&#39;ANR est une entit&eacute; de cr&eacute;ation r&eacute;cente dont la capacit&eacute; d&#39;engagement d&eacute;j&agrave; importante (un tiers environ du budget du CNRS), a &eacute;t&eacute; mise en place aux d&eacute;pens des EPST qu&#39;elle tend &agrave; supplanter en tant que source de financement. Sa r&eacute;ponse passe &eacute;galement outre aux dol&eacute;ances r&eacute;p&eacute;t&eacute;es des scientifiques &agrave; propos de la g&eacute;n&eacute;ralisation du financement &laquo; par projets &raquo;, notamment via l&#39;ANR, qui porte gravement atteinte &agrave; l&#39;autonomie financi&egrave;re des laboratoires et &agrave; l&#39;ind&eacute;pendance des chercheurs.
</p>
 
<p>
Le projet CERI confirme d&#39;ailleurs indirectement ce que nous avions d&eacute;j&agrave; soulign&eacute; (voir, par exemple, nos articles <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/12/l-avenir-du-cnrs-et-la-reforme-de-sarkozy-et-precresse.html" target="new">du 3 avril</a>, <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/06/l-interdisciplinarite-du-cnrs-et-les-declarations-de-catheri.html" target="new">du 7 avril</a> et <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/12/l-avenir-du-cnrs-et-la-reforme-de-sarkozy-et-precresse.html" target="new">du 13 avril</a>) : <b>la transformation du CNRS en agence de moyens et gestionnaire de quelques instituts pr&eacute;conis&eacute;e par Nicolas Sarkozy et Val&eacute;rie P&eacute;cresse entra&icirc;nerait n&eacute;cessairement, dans le contexte du Trait&eacute; de Lisbonne, son d&eacute;mant&egrave;lement au b&eacute;n&eacute;fice des nouvelles structures de l&#39;Union Europ&eacute;enne.</b> Pr&eacute;cis&eacute;ment, le projet CERI a &eacute;t&eacute; rendu public quatre mois apr&egrave;s la <a href="http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/lettre_de_mission_adressee_a_mme_valerie_pecresse_ministre_de_l_enseignement_superieur_et_de_la_recherche.79114.html" target="new">lettre de mission</a> du 5 juillet 2007 adress&eacute;e par Nicolas Sarkozy et Fran&ccedil;ois Fillon a Val&eacute;rie P&eacute;cresse d&eacute;finissant d&eacute;j&agrave; la strat&eacute;gie de transformation du CNRS en agence de moyens. Le 6 juillet, Laurent Fabius <a href="http://www.elysee.fr/documents/index.php?lang=fr&amp;mode=view&amp;cat_id=5&amp;press_id=153" target="new">avait rencontr&eacute;</a> Nicolas Sarkozy &laquo; pour &eacute;voquer la suite du Conseil europ&eacute;en des 21 et 22 juin &raquo;.
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Fabius ajoute dans sa r&eacute;ponse &agrave; notre article :
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<i>&laquo; Chaque Etat restera, bien entendu, ma&icirc;tre de la gestion et de l&rsquo;organisation de ses propres structures de recherche. Seuls changeront les modes de financement des projets, d&rsquo;une mani&egrave;re qui renforcera l&rsquo;efficacit&eacute; et l&rsquo;autonomie des chercheurs, puisqu&rsquo;ils d&eacute;termineront eux-m&ecirc;mes les priorit&eacute;s</i> <i>&raquo;</i>
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<p>
On peut se demander ce que signifie un organisme sans budget, et quelles &laquo; structures &raquo; s&#39;agirait-il de &laquo; g&eacute;rer &raquo; dans ces conditions. De surcro&icirc;t, nous ne trouvons dans cette &laquo; r&eacute;ponse &raquo; aucune explication sur la proposition visant &agrave; cr&eacute;er <i>&laquo;</i> <i>un seul minist&egrave;re europ&eacute;en de la Recherche et de l&#39;Innovation</i> <i>&raquo;.</i> Fabius n&#39;en parle pas explicitement, mais il ne revient pas, non plus, sur cette id&eacute;e. Il &eacute;crit : <i>&laquo; Les politiques nationales de recherche sont fragment&eacute;es, peu coordonn&eacute;es, quelquefois divergentes voire concurrentes. Je propose d&rsquo;en finir avec ce morcellement, ce saupoudrage, cette non-Europe &raquo;</i>. C&#39;est une mise en cause &eacute;vidente de l&#39;existence m&ecirc;me d&#39;une politique de recherche &agrave; l&#39;&eacute;chelle d&#39;un Etat membre de l&#39;Union Europ&eacute;enne.
</p>
 
<p>
Mais <b>pourquoi cet empressement soudain dans toutes les parcelles de la mise en place effective d&#39;un Etat europ&eacute;en ?</b> Fabius n&#39;est pas le seul, et le <a href="http://www.defense.gouv.fr/europe_de_la_defense/" target="new">volet militaire</a> de la &laquo; construction europ&eacute;enne &raquo; est l&#39;un des plus en vue depuis quelque temps.
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<b>Les milieux d&#39;affaires europ&eacute;enns et les &laquo; &eacute;lites &raquo; politiques et &laquo; gestionnaires &raquo; install&eacute;es depuis trois d&eacute;cennies se d&eacute;battent dans une contradiction somme toute tr&egrave;s classique.</b> Il suffit de lire, par exemple, cet extrait de Karl Marx dans un article intitul&eacute; <a href="http://www.sinistra.net/lib/upt/prcomi/roou/roounqubue.html" target="new">&laquo; <i>British Commerce &raquo;</i></a>, publi&eacute; par le journal <i>New York Daily Tribune</i> le 3 f&eacute;vrier 1858 (il y a rien de moins que cent-cinquante ans) :
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<p>
<i>&laquo; Le fait que l&#39;exc&eacute;dent des importations britanniques sur les exportations ait atteint en trois ans la somme de 97 millions de Livres sterling ne saurait aucunement l&eacute;gitimer les lamentations des Britanniques, qui se plaignent &agrave; pr&eacute;sent de "faire du commerce au prix de 33 millions de Livres sterling de pertes annuelles" au b&eacute;n&eacute;fice exclusif d&#39;autres pays. Les masses &eacute;normes et croissantes de capital britannique investies dans le monde entier rapportent forc&eacute;ment des int&eacute;r&ecirc;ts, des dividendes et des profits qui doivent principalement &ecirc;tre pay&eacute;s en produits de ces pays et grossissent ainsi le volume des importations britanniques. (...) Le plus inqui&eacute;tant pour l&#39;Angleterre (...), c&#39;est qu&#39;elle ne semble pas parvenir &agrave; trouver chez elle des d&eacute;bouch&eacute;s pour ses masses de capital ; qu&#39;elle est de ce fait contrainte d&#39;en pr&ecirc;ter de plus en plus et, comme jadis la Hollande, Venise et G&ecirc;nes&nbsp; dans leur d&eacute;clin, de forger de ses mains les armes de ses concurrents (...) ... elle fournit elle-m&ecirc;me &agrave; ses rivaux industriels les moyens de la concurrencer pour l&#39;acc&egrave;s aux mati&egrave;res premi&egrave;res et contribue par l&agrave;, elle-m&ecirc;me, &agrave; rendre ces derni&egrave;res plus ch&egrave;res... (...) La marge de profit r&eacute;duite ainsi laiss&eacute;e aux industriels britanniques, diminu&eacute;e encore par la n&eacute;cessit&eacute; permanente (...) de vendre moins cher que le reste du monde, est alors compens&eacute;e par une diminution des salaires des classes travailleuses et par le d&eacute;veloppement rapide, &agrave; l&#39;int&eacute;rieur, d&#39;une mis&egrave;re croissante... &raquo;</i>
</p>
 
<p>
&nbsp;(fin de citation)
</p>
 
<p>
Un tableau qui, &agrave; quelques mises &agrave; jours pr&egrave;s, ressemble fort &agrave; l&#39;actuelle situation de l&#39;Europe occidentale. Sauf qu&#39;<b>&agrave; pr&eacute;sent on d&eacute;localise directement &agrave; la recherche des profits les plus &eacute;lev&eacute;s</b>, au d&eacute;triment d&#39;emplois, salaires et standards sociaux. Ce n&#39;est m&ecirc;me plus une question de &laquo; d&eacute;bouch&eacute;s pour les capitaux &raquo; mais, tout simplement, de plus-values et de dumping. Et plus les b&eacute;n&eacute;fices sont &eacute;lev&eacute;s, plus les masses de capitaux deviennent importantes pendant que la situation des populations de d&eacute;grade.
</p>
 
<p>
<b>Ni Sarkozy, ni Fabius, ni leurs coll&egrave;gues de l&#39;Union Europ&eacute;enne, n&#39;apportent aucune issue r&eacute;elle &agrave; cette impasse que le conformisme, les mystifications, l&#39;inertie intellectuelle et l&#39;indigence de la</b> <b>&laquo; pens&eacute;e unique &raquo;</b> <b>et de la politique &laquo; transversale &raquo; ont largement contribu&eacute; &agrave; cr&eacute;er.</b>
</p>
 
<p>
&nbsp;
</p>
 
<p>
Moins de trente ans apr&egrave;s l&#39;article de Marx, Jules Ferry <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/Ferry1885.asp" target="new">pr&ecirc;chait</a> (en 1885) devant la Chambre des D&eacute;put&eacute;s le bien-fond&eacute; de la &laquo; grande expansion coloniale &raquo; fran&ccedil;aise entreprise depuis quelques ann&eacute;es dans un contexte de relations complexes avec le gouvernement allemand de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Otto_von_Bismarck" target="new">Bismarck</a>. Dans les ann&eacute;es 1890, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cecil_Rhodes" target="new">Cecil Rhodes</a> pr&eacute;sentait l&#39;Empire comme <a href="http://www.mtholyoke.edu/courses/rschwart/hist151/Imperialism.htm" target="new">la solution</a> &agrave; la crise sociale britannique (<i>&laquo; If you want to avoid civil war, you must become imperialists &raquo;</i>). A la m&ecirc;me &eacute;poque, le libre &eacute;change c&eacute;dait d&eacute;finitivement la place &agrave; l&#39;imp&eacute;rialisme protectionniste.
</p>
 
<p>
Plus tard, l&#39;oligarchie allemande a disput&eacute; &agrave; ses homologues britannique et fran&ccedil;aise l&#39;h&eacute;g&eacute;monie continentale et le contr&ocirc;le des colonies. Les deux guerres mondiales, plus le colonialisme, le fascisme et le nazisme, ensemble avec toutes leurs sequelles, ont fait un nombre incalculable de victimes dans le monde entier. Profitant des guerres europ&eacute;ennes, un autre destinataire des d&eacute;localisations britanniques du XIX si&egrave;cle, les Etats-Unis, est devenu la premi&egrave;re puissance du monde capitaliste. Les conflits se sont g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;s, malgr&eacute; une apparence de paix dans les pays &laquo; riches &raquo; .
</p>
 
<p>
<b>La spirale fatidique prend &agrave; pr&eacute;sent une dimension plan&eacute;taire.</b> <a href="http://www.abc-lettres.com/proverbe-latin/quousque-tandem.html" target="new"><i>Quousque tandem ?</i></a>
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<p>
A suivre.
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<p>
<i>Ind&eacute;pendance des Chercheurs&nbsp;</i>
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<p>
<b><a href="http://www.geocities.com/indep_chercheurs" target="new">http://www.geocities.com/indep_chercheurs</a></b>
</p>
 
<p>
<b><a href="http://fr.blog.360.yahoo.com/indep_chercheurs" target="new">http://fr.blog.360.yahoo.com/indep_chercheurs</a></b>
</p>
 
<p>
<b><a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/" target="new">http://science21.blogs.courrierinternational.com</a></b>
</p>
 
<p>
&nbsp;
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]]></content:encoded>
  </item>

  <item rdf:about="http://liege.indymedia.org/news/2008/05/20418.php">
    <link>http://liege.indymedia.org/news/2008/05/20418.php</link>
    <title>Union Européenne, recherche, technologie et mythe de la « guerre économique » (I)</title>
    <description>Au nom d&#039;une prétendue « guerre économique », on cherche à mettre en place des « dynamiques » ayant pour objet de démanteler les organismes publics de recherche scientifique et technologique des Etats membres de l&#039;Union Européenne et de transférer à l&#039;Union leurs moyens et leurs compétences. Les grands établissements publics de recherche scientifique et technologique français comme le CNRS et lINSERM, de même que leurs équivalents d&#039;autres pays européens, risquent ainsi de voir leurs budgets transférés à lUnion Européenne et placés, par exemple, sous lautorité dun « ministère européen de la Recherche et de lInnovation » se substituant aux différents ministères et organismes nationaux. Tel est le programme qui nous semble découler des propositions récentes de l&#039;ancien premier ministre français Laurent Fabius, formulées ayant en vue la prochaine présidence française de lUnion Européenne. Une politique qui non seulement anéantirait toute trace de souveraineté des Etats membres en la matière, mais ouvrirait la voie à linstitutionnalisation du dumping social dans ce secteur professionnel. Lindépendance des chercheurs et la transparence de la recherche publique ne survivraient pas à une telle opération.</description>
    <dc:date>1970-01-01T00:00:00Z</dc:date>
    <dc:subject></dc:subject>
    <dc:creator>Indépendance des Chercheurs</dc:creator>
    <dc:format>text/html</dc:format>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;<br>
<b>Laurent Fabius pr&eacute;conise la disparition de fait du CNRS dans le cadre de l&#039;Union Europ&eacute;enne</b>
<p>&nbsp;<br>
<a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/28/laurent-fabius-preconise-la-disparition-du-cnrs-dans-le-cadr.html" TARGET=new>http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/28/laurent-...</a>
<p>&nbsp;<br>
<b>Le CNRS, l&#39;INSERM et les autres organismes de recherche fran&ccedil;ais devraient, d&#39;apr&egrave;s Laurent Fabius, dispara&icirc;tre au b&eacute;n&eacute;fice d&#39;une politique globale pilot&eacute;e par l&#39;Union Europ&eacute;enne avec un seul &laquo; minist&egrave;re europ&eacute;en de la Recherche et de l&#39;Innovation &raquo;. Il s&#39;agirait, pour l&#39;ensemble des pays membres de l&#39;Union, de</b> <b>&laquo;</b> <b>mettre en commun nos budgets nationaux</b> <b>de recherche</b> <b>&raquo;</b> <b>et de&nbsp;</b> <b>&laquo;</b> <b>cr&eacute;er un espace europ&eacute;en de l&#39;innovation dont b&eacute;n&eacute;ficieront nos PME &raquo;. Le contenu&nbsp; de la proposition est donc clairement pr&eacute;cis&eacute;. Il comporte in&eacute;vitablement la disparition des organismes de recherche nationaux, en France comme ailleurs, pour laisser la place &agrave; des structures europ&eacute;ennes avec leurs propres personnels et g&eacute;r&eacute;es directement par l&#39;Union Europ&eacute;enne. Un programme qui incarne bien les dangers que nous avions expos&eacute;s dans nos articles r&eacute;cents et qui n&#39;a rien de surprenant, si ce n&#39;est que son auteur avait &eacute;t&eacute;, lors du r&eacute;f&eacute;rendum de 2005, l&#39;un des repr&eacute;sentants les plus en vue de la&nbsp; &laquo; gauche du NON</b> <b>&raquo;.</b>
</p>
 
<p>
&nbsp;
</p>
 
<p>
Dans nos articles :
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<p>
- <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/10/vers-une-delocalisation-generale-de-la-recherche-scientifiqu.html" target="new">du 11 mars</a> sur la d&eacute;localisation de la recherche fran&ccedil;aise et europ&eacute;enne ;
</p>
 
<p>
- <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/12/creation-d-un-institut-europeen-d-innovation-et-de-technolog.html" target="new">du 12 mars</a> sur la cr&eacute;ation de l&#39;<a href="http://ec.europa.eu/eit/" target="new">IEIT</a> (Institut europ&eacute;en d&#39;innovation et de technologie) ;&nbsp; <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/12/delocalisations-recherche-scientifique-et-propagande-politiq.html" target="new"></a>
</p>
 
<p>
- <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/12/delocalisations-recherche-scientifique-et-propagande-politiq.html" target="new">du 13 mars</a> sur le mythe de la supr&eacute;matie technologique permanente des Etats dont l&#39;industrie est d&eacute;localis&eacute;e ;
</p>
 
<p>
et dans d&#39;autres qui leur ont fait suite sur ce blog, nous avions soulign&eacute; que les dispositions et pr&eacute;visions gouvernementales r&eacute;centes compromettent &agrave; terme l&#39;existence m&ecirc;me des grands organismes de recherche fran&ccedil;ais comme le Centre National de la Recherche Scientifique (<a href="http://www.cnrs.fr" target="new">CNRS</a>) ou l&#39;Institut National de la Sant&eacute; et de la Recherche M&eacute;dicale (<a href="http://www.inserm.fr" target="new">INSERM</a>). A la signature et ratification en cours du <a href="http://www.traite-de-lisbonne.fr" target="new">Trait&eacute; de Lisbonne</a> s&#39;ajoutent les annonces de Nicolas Sarkozy et Val&eacute;rie P&eacute;cresse contenues notamment : dans la <a href="http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/lettre_de_mission_adressee_a_mme_valerie_pecresse_ministre_de_l_enseignement_superieur_et_de_la_recherche.79114.html" target="new">lettre de mission</a> re&ccedil;ue par la ministre en juillet dernier ; dans les discours de Nicolas Sarkozy <a href="http://www.elysee.fr/download/?mode=press&amp;filename=Ceremonie_AF.pdf" target="new">du 28 janvier</a> &agrave; Orsay et&nbsp; <a href="http://www.elysee.fr/download/?mode=press&amp;filename=Microsoft_Word_-_20070305_ASMEPSenat.pdf" target="new">du 5 mars</a> aux entretiens annuels de l&rsquo;<a href="http://www.asmep.fr/00_koama/visu_asmep/index.asp?sid=335" target="new">ASMEP</a> (Association des Moyennes Entreprises Patrimoniales) ;&nbsp; dans la &laquo; <a href="http://fr.blog.360.yahoo.com/indep_chercheurs?p=29" target="new">feuille de route</a> &raquo; adress&eacute;e fin f&eacute;vrier par Val&eacute;rie P&eacute;cresse &agrave; la pr&eacute;sidence du CNRS, ou encore dans le <a href="http://www.recherche.gouv.fr/cid21221/reforme-recherche-video-chat-avec-valerie-pecresse.html" target="new">chat du 16 avril</a> de la ministre.
</p>
 
<p>
Mais &agrave; pr&eacute;sent, on entend du c&ocirc;t&eacute; d&#39;une certaine &laquo; opposition &raquo; un son de cloche dont les implications r&eacute;elles ne sont gu&egrave;re diff&eacute;rentes.
</p>
 
<p>
Le consensus &laquo; transversal &raquo; dont t&eacute;moigne la prise de position de l&#39;ancien premier ministre Laurent Fabius constitue une donn&eacute;e importante, qui nous semble de nature &agrave; confirmer notre pr&eacute;c&eacute;dente analyse des menaces qui p&egrave;sent actuellement sur la recherche publique fran&ccedil;aise et sur le statut de ses personnels. Les consensus n&eacute;goci&eacute;s ou tacites, voire m&ecirc;me acquis de longue date, ont sans doute jou&eacute; d&eacute;j&agrave; un r&ocirc;le important dans la faiblesse des mobilisations contre les lois de 2006 <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000426953" target="new">sur la recherche</a> et de 2007 <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000824315" target="new">sur les universit&eacute;s</a>. Le m&ecirc;me ph&eacute;nom&egrave;ne a &eacute;t&eacute; mis en &eacute;vidence par la facilit&eacute; avec laquelle, malgr&eacute; le r&eacute;sultat du r&eacute;f&eacute;rendum de 2005, les autorit&eacute;s fran&ccedil;aises ont rapidement ent&eacute;rin&eacute; le Trait&eacute; de Lisbonne. O&ugrave; en sont &agrave; pr&eacute;sent les dirigeants politiques qui avaient appel&eacute; &agrave; voter NON en mai 2005 ?&nbsp;
</p>
 
<p>
Dans une <a href="http://www.lesechos.fr/info/france/4720091.htm" target="new">analyse intitul&eacute;e</a> : <i>&laquo; Quatre propositions pour retrouver une perspective &raquo;</i>, publi&eacute;e par le journal <a href="http://www.lesechos.fr" target="new"><i>Les Echos</i></a> le 28 avril, Laurent Fabius impute &agrave; la France, sans autre explication, un <i>&laquo; lourd probl&egrave;me de comp&eacute;titivit&eacute;</i> <i>&raquo;</i> et une <i>&laquo; insuffisance d&#39;innovation et de recherche</i> <i>&raquo;</i>. Pas un mot sur les d&eacute;localisations financi&egrave;res. Apr&egrave;s cette &laquo; analyse &raquo; p&eacute;remptoire, qu&#39;il ne prend pas la peine d&#39;&eacute;tayer par des arguments, Fabius &eacute;crit &agrave; propos de la recherche scientifique et technologique :&nbsp;
</p>
 
<p>
<i>&laquo;</i> <i>... C&#39;est par elle que nous ferons la diff&eacute;rence dans la mondialisation. Puisque la France va pr&eacute;sider l&#39;Union europ&eacute;enne, je propose que nous lancions le projet concret d&#39;une Coop&eacute;ration europ&eacute;enne pour la recherche et l&#39;innovation (Ceri), nouveau moteur du d&eacute;veloppement. Osons mettre en commun nos budgets nationaux de recherche, cr&eacute;er un espace europ&eacute;en de l&#39;innovation dont b&eacute;n&eacute;ficieront nos PME, abattre les murs qui fragmentent les parcours et les carri&egrave;res de nos &eacute;tudiants et de nos chercheurs. Proposons un seul minist&egrave;re europ&eacute;en de la Recherche et de l&#39;Innovation, dot&eacute; d&#39;une politique coordonn&eacute;e...</i> <i>&raquo;</i>
</p>
 
<p>
(fin de citation)&nbsp;
</p>
 
<p>
Il ne s&#39;agit donc pas d&#39;augmenter les cr&eacute;dits de la recherche fran&ccedil;aise pour r&eacute;m&eacute;dier &agrave; l&#39;insuffisance plaid&eacute;e, mais de tout casser esp&eacute;rant que l&#39;Union Europ&eacute;enne &laquo; fera mieux &raquo;. En clair, que la recherche co&ucirc;tera moins cher dans ce cadre.&nbsp; L&#39;&eacute;quation n&#39;a rien d&#39;original : situation pr&eacute;tendument catastrophique + domaine strat&eacute;gique =&nbsp; &laquo; solution &raquo; radicale + urgence de la mettre en place. On a d&eacute;j&agrave; vu, par exemple, la cr&eacute;ation <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=SOCX0500188R" target="new">par ordonnance</a> du contrat nouvelles embauches (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Contrat_Nouvelle_Embauche" target="new">CNE</a>) le lendemain du rejet du Trait&eacute; Constitutionnel Europ&eacute;en (<a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000627571&amp;dateTexte=" target="new">TCE</a>) par le <a href="http://www.conseil-constitutionnel.fr/dossier/referendum/2005/" target="new">r&eacute;f&eacute;rendum</a> de 2005.
</p>
 
<p>
La suggestion de Laurent Fabius, adress&eacute;e publiquement &agrave; Nicolas Sarkozy moins de deux semaines apr&egrave;s la remise du <a href="http://www.recherche.gouv.fr/cid21220/renouveler-le-partenariat-entre-les-universites-et-les-organismes-de-recherche.html" target="new">rapport</a> de Fran&ccedil;ois d&#39;Aubert &agrave; Val&eacute;rie P&eacute;cresse (notre article <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/17/le-rapport-de-francois-d-aubert-et-la-disparition-de-fait-de.html" target="new">du 17 avril</a>) et du <a href="http://www.ensemblefonctionpublique.org/livreblanc.htm" target="new">livre blanc</a> de Jean-Ludovic Silicani &agrave; Eric Woerth et Andr&eacute; Santini (notre article <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/18/la-libre-blanc-sur-l-avenir-de-la-fonction-publique-de-jean.html" target="new">du 19 avril</a>), s&#39;accorde bien avec la politique mise en place par l&#39;actuel pr&eacute;sident de la R&eacute;publique et par le gouvernement de Fran&ccedil;ois Fillon depuis un an. M&ecirc;me le vocabulaire ne para&icirc;t gu&egrave;re diff&eacute;rent. Ce n&#39;est pas la diversit&eacute; qui caract&eacute;rise en ce moment les options politiques que les principaux partis proposent aux Fran&ccedil;ais.
</p>
 
<p>
&nbsp;
</p>
 
<p>
Comme nous le craignions, une partie des activit&eacute;s des actuels Etablissements Publics &agrave; caract&egrave;re Scientifique et Technologique (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tablissement_public_%C3%A0_caract%C3%A8re_scientifique_et_technologique" target="new">EPST</a>) fran&ccedil;ais deviendra patrimoine d&#39;universit&eacute;s jumel&eacute;es avec le secteur priv&eacute;, et le reste (budget compris) sera transf&eacute;r&eacute; &agrave; l&#39;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_europ%C3%A9enne" target="new">Union Europ&eacute;enne</a>. La stabilit&eacute; d&#39;emploi des chercheurs fran&ccedil;ais dispara&icirc;tra d&eacute;finitivement pour &ecirc;tre remplac&eacute;e par une course &agrave; la pr&eacute;carit&eacute; et aux bas salaires. Les garanties d&#39;ind&eacute;pendance des scientifiques et de transparence de la recherche cesseront d&#39;exister, au sein de structures europ&eacute;ennes bien plus &eacute;loign&eacute;es des citoyens que nos EPST.
</p>
 
<p>
La partition en instituts des grands organismes de recherche fran&ccedil;ais, ordonn&eacute;e par Nicolas Sarkozy et Val&eacute;rie P&eacute;cresse, constitue une &eacute;tape naturelle de cette op&eacute;ration qui vise &agrave; la suppression pure et simple des &eacute;tablissements. Les conseils d&#39;administration <a href="http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1316.htm" target="new">du CNRS</a> et <a href="http://www.inserm.fr/fr/presse/communiques/reorganisation_inserm_270308.html" target="new">de l&#39;INSERM</a> ne s&#39;y sont pas oppos&eacute;s : le pouvaient-ils ? Qui, au sein des partis politiques majoritaires, s&#39;est clairement &eacute;lev&eacute; contre ces mesures ? On n&#39;a pas vu passer beaucoup de communiqu&eacute;s dans ce sens.
</p>
 
<p>
C&#39;est dans ce contexte politique qu&#39;il convient d&#39;analyser :
</p>
 
<p>
- Les <a href="http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/04/02/la-presidente-du-cnrs-veut-reformer-sans-sacrifier-la-pluridisciplinarite-force-de-son-organisme_1029998_3244.html" target="new">d&eacute;clarations du 2 avril</a> de la pr&eacute;sidente du CNRS Catherine Br&eacute;chignac au journal <a href="http://www.lemonde.fr/" target="new"><i>Le Monde</i></a>, cherchant &agrave; rassurer quant &agrave; l&#39;avenir de l&#39;&eacute;tablissement mais confirmant la pr&eacute;paration d&#39;une nouvelle organisation en instituts (voir nos articles <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/02/le-cnrs-et-l-interview-de-catherine-brechignac-du-2-avril.html" target="new">du 3 avril</a> et <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/06/l-interdisciplinarite-du-cnrs-et-les-declarations-de-catheri.html" target="new">du 7 avril</a>).
</p>
 
<p>
- Les interviews du Prix Nobel de Physique Albert Fert publi&eacute;es <a href="http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/Nobel2007/dossier.asp?ida=470430" target="new">le 24 avril</a> par l&#39;hebodmadaire <a href="http://www.lexpress.fr" target="new"><i>L&#39;Express</i></a> et <a href="http://www.newspress.fr/communique_201708_2865.aspx" target="new">le 25 avril</a> sur le site de <a href="http://www.newspress.fr" target="new"><i>News Press</i></a>. Fert, qui d&eacute;fend le CNRS en tant que <i><b>&laquo;</b></i> <i>moteur</i> <i>&raquo;</i> et g&eacute;n&eacute;rateur d&#39;une <i>&laquo;</i> <i>strat&eacute;gie &agrave; plus long terme</i> <i>&raquo;</i> que l&#39;Agence Nationale de la Recherche (<a href="http://www.agence-nationale-recherche.fr/" target="new">ANR</a>) cr&eacute;&eacute;e <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000817685" target="new">en janvier 2007</a>, d&eacute;clare notamment : <i>&laquo;</i> [ le gouvernement] <i>fait le pari qu&#39;&eacute;mergeront des universit&eacute;s vraiment autonomes, que certaines d&#39;entre elles auront une politique scientifique forte et qu&#39;elles pourront intervenir aux c&ocirc;t&eacute;s du CNRS dans le co-pilotage des laboratoires mixtes. (...) Une mutation est en cours mais nous devons faire vite car la concurrence est plan&eacute;taire</i> <i>&raquo;</i> (<i>News Press</i>, 25 avril) ; <i>&laquo; ... c&#39;est au gouvernement de d&#39;&eacute;tablir des priorit&eacute;s de recherche (...), c&#39;est notre communaut&eacute;</i> [les chercheurs] <i>qui peut d&eacute;finir la politique scientifique pour arriver &agrave; ces objectifs. (...) La r&eacute;organisation en instituts (...) pourrait</i> [au conditionnel] <i>&ecirc;tre une bonne chose pour s&eacute;parer les probl&egrave;mes. Il n&#39;est pas simple de trouver des r&egrave;gles identiques d&#39;organisation ou d&#39;&eacute;valuation en sciences humaines, o&ugrave; un sujet de recherche peut parfois impliquer un seul chercheur, et dans un domaine de haute technologie n&eacute;cessitant un travail d&#39;&eacute;quipe</i> <i>&raquo;</i> (<i>L&#39;Express</i>, 24 avril).
</p>
 
<p>
- De m&ecirc;me que l&#39;article <a href="http://www.lesechos.fr/info/analyses/4713375.htm" target="new">du 11 avril</a> d&#39;Albert Fert et Yves Laszlo paru dans <a href="http://www.lesechos.fr" target="new"><i>Les Echos</i></a> (voir notre article <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/12/l-avenir-du-cnrs-et-la-reforme-de-sarkozy-et-precresse.html" target="new">du 13 avril</a>).&nbsp;
</p>
 
<p>
Les d&eacute;clarations de circonstance d&#39;Albert Fert sur l&#39;&eacute;valuation peuvent suprendre, si on pense que le <a href="http://www.cnrs.fr/comitenational/accueil.html" target="new">Comit&eacute; National</a> de la Recherche Scientifique compte rien de moins que quarante sections, ce qui lui permet tr&egrave;s largement d&#39;adapter ses crit&egrave;res aux besoins de chaque discipline. Et les questions relatives au travail individuel ou en &eacute;quipe se posent dans le concret de mani&egrave;re moins sch&eacute;matique. Quels que soient les d&eacute;fauts du Comit&eacute; National, l&#39;<a href="http://www.aeres-evaluation.fr" target="new">AERES</a> (Agence d&#39;Evaluation de la Recherche et de l&#39;Enseignement Sup&eacute;rieur cr&eacute;&eacute;e en 2006), qui tend &agrave; s&#39;emparer de ses missions, est loin d&#39;offrir les m&ecirc;mes garanties.
</p>
 
<p>
Pareil pour les d&eacute;partements scientifiques, des structures souples que l&#39;on cherche &agrave; remplacer par une organisation en instituts plus rigide et moins ouverte. Les actuels instituts du CNRS, l&#39;Institut National de Physique Nucl&eacute;aire et de Physique des Particules (<a href="http://www.in2p3.fr" target="new">IN2P3</a>) cr&eacute;e en 1971 et l&#39;Institut National des Sciences de l&#39;Univers (<a href="http://www.insu.fr" target="new">INSU</a>) cr&eacute;e en 1985, correspondent &agrave; des besoins pr&eacute;cis (grandes collaborations internationales, programmes avec des budgets tr&egrave;s importants et li&eacute;s &agrave; des &eacute;quipements sp&eacute;cifiques n&eacute;cessitant des engagements institutionnels &agrave; long terme...) et constituent des exceptions qu&#39;il n&#39;y a pas lieu de g&eacute;n&eacute;raliser (voir &eacute;galement notre article <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/28/reforme-du-cnrs-interdisciplinarite-et-perspectives-de-cloi.html" target="new">du 29 mars</a>).
</p>
 
<p>
En r&eacute;alit&eacute;, Fert ne para&icirc;t gu&egrave;re &agrave; l&#39;aise devant les &laquo; r&eacute;formes &raquo; en cours, et <i>L&#39;Express</i> n&#39;h&eacute;site pas &agrave; &eacute;crire au pied d&#39;une photo : &laquo; <i>Albert Fert (...) met en garde contre la r&eacute;forme de la recherche fran&ccedil;aise entam&eacute;e par le gouvernement</i> &raquo;. Quant &agrave; la n&eacute;cessit&eacute; de <i>&laquo; faire vite</i> <i>&raquo;</i> (<i>News Press</i>, 25 avril), il semble surtout s&#39;agir d&#39;une allusion &agrave; la faiblesse des universit&eacute;s fran&ccedil;aises auxquelles ont s&#39;appr&ecirc;te &agrave; transf&eacute;rer une partie des moyens du CNRS et des autres EPST. <i>L&#39;Express</i> pr&eacute;sente l&#39;interview de Fert du 24 avril avec le titre fort parlant : <b>&laquo; J&#39;ai honte de la mis&egrave;re des universit&eacute;s&nbsp; &raquo;</b>. Que se passera-t-il si le CNRS est disloqu&eacute; au b&eacute;n&eacute;fice d&#39;universit&eacute;s qui n&#39;ont pas les moyens de se substituer &agrave; lui et d&#39;un montage europ&eacute;en qui recherchera les emplacements et modes de gestion les &laquo; moins chers &raquo; pour ses programmes ?
</p>
 
<p>
La diff&eacute;rence de moyens entre les universit&eacute;s fran&ccedil;aises et les universit&eacute;s am&eacute;ricaines avait d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute;e dans l&#39;article de Fert et Laszlo. Dans notre article du 13 avril, nous avions rappel&eacute; que la seule Universit&eacute; de Harvard <a href="http://www.news.harvard.edu/glance/" target="new">fait &eacute;tat</a> de d&eacute;penses annuelles de trois milliards de dollars, comparables &agrave; des fluctuations du change pr&egrave;s au <a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/presentation.htm" target="new">budget annuel</a> du CNRS. Et combien d&#39;&eacute;tudiants fran&ccedil;ais seraient en mesure de faire face &agrave; des d&eacute;penses de scolarisation de l&#39;ordre de <a href="http://www.fao.fas.harvard.edu/cost.htm" target="new">50.000 dollars</a> annuels ? Le projet de Nicolas Sarkozy et Val&eacute;rie P&eacute;cresse ne peut avoir un d&eacute;but de coh&eacute;rence que s&#39;il s&#39;agit de faire appel une intervention h&eacute;g&eacute;monique du secteur priv&eacute;, dans un contexte (Union Europ&eacute;enne, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_mondiale_du_commerce" target="new">Organisation Mondiale du Commerce</a>) o&ugrave; les capitaux &eacute;trangers ne pourront pas &ecirc;tre exclus de l&#39;op&eacute;ration.&nbsp;
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Albert Fert est <a href="http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1194.htm" target="new">directeur scientifique</a> au sein de l&#39;<a href="http://www.trt.thalesgroup.com/ump-cnrs-thales" target="new">Unit&eacute; Mixte</a> de Physique CNRS/Thales (UMR 137). Si des chercheurs proches d&#39;entreprises &laquo; prot&eacute;g&eacute;es &raquo; comme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Thales_(entreprise)" target="new">Thales</a>, groupe avec participation directe de l&#39;Etat &agrave; hauteur de 27% et li&eacute; au secteur militaire, peuvent s&#39;inqui&eacute;ter de l&#39;actuelle &laquo; r&eacute;forme &raquo; de la recherche, quelles seront les r&eacute;percussions pour des secteurs industriels moins &laquo; prot&eacute;g&eacute;s &raquo; ? Pr&eacute;cisons que le PDG de Thales, <a href="http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/les-reseaux-de-denis-ranque_130567.html" target="new">Denis Ranque</a>, est pr&eacute;sident du <a href="http://www.ensta.fr/_data/files/docs/id_306_1137604164_271.pdf" target="new">Cercle de l&#39;Industrie</a> et fait partie de la <a href="http://www.trilateral.org" target="new">Commission Trilat&eacute;rale</a>. Ce n&#39;est pas le cas de tous les industriels.
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Dans le <a href="http://www2.cnrs.fr/presse/journal/3851.htm" target="new">Journal du CNRS</a> de mai 2008, Val&eacute;rie P&eacute;cresse <a href="http://www2.cnrs.fr/presse/journal/3880.htm" target="new">d&eacute;clare</a> : &laquo; <i>Notre syst&egrave;me reposera &agrave; terme sur quatre piliers : des organismes de recherche d&rsquo;excellence, partenaires des universit&eacute;s et porteurs d&rsquo;une vision nationale et internationale de la politique de recherche, ce qui leur conf&egrave;re une capacit&eacute; unique pour analyser la conjoncture et faire la prospective scientifique ; des universit&eacute;s plus autonomes, avec une gouvernance plus efficace et des comp&eacute;tences nouvelles leur permettant de d&eacute;finir et de mener efficacement une strat&eacute;gie de recherche ; une recherche sur projets dynamique, dont l&rsquo;ANR porte la plus grande part et dont la programmation doit &ecirc;tre &eacute;troitement articul&eacute;e avec les organismes de recherche ; et enfin une recherche priv&eacute;e ambitieuse et rendue plus attractive par le cr&eacute;dit d&rsquo;imp&ocirc;t recherche &raquo;</i>. Mais, &agrave; diff&eacute;rence de Laurent Fabius dont le discours est beaucoup plus clair, Val&eacute;rie P&eacute;cresse n&#39;&eacute;voque point les cons&eacute;quences pr&eacute;visibles du Trait&eacute; de Lisbonne pour l&#39;organisation de la recherche &agrave; l&#39;&eacute;chelle fran&ccedil;aise et continentale. M&ecirc;me si son descriptif r&eacute;duit, tout compte fait, le r&ocirc;le du CNRS &agrave; &laquo; <i>analyser la conjoncture et faire la prospective scientifique</i> <i>&raquo;.</i> Pourtant, le 28 janvier Nicolas Sarkozy avait d&eacute;j&agrave; pr&eacute;cis&eacute; :
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<i>&laquo; Je souhaite que la pr&eacute;sidence fran&ccedil;aise de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne soit l&rsquo;occasion d&rsquo;affirmer notre force de proposition et notre d&eacute;termination &agrave; faire &eacute;quipe avec nos partenaires pour les grands enjeux qui nous sont communs. Je pense en particulier &agrave; la recherche sur le cancer, &agrave; la maladie d&rsquo;Alzheimer et aux maladies rares, mais aussi aux nanosciences et aux nanotechnologies. L&rsquo;Europe, c&rsquo;est sa nouvelle l&eacute;gitimit&eacute;, doit porter de grands projets de recherche. Elle doit se doter d&rsquo;une v&eacute;ritable agence de moyens qui donnera un signal &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle europ&eacute;enne sur l&rsquo;excellence des projets scientifiques &raquo;</i>
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(fin de citation)&nbsp;
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Le transfert &agrave; l&#39;Union Europ&eacute;enne des moyens de nos EPST ouvrira n&eacute;cessairement la voie &agrave; une d&eacute;localisation &agrave; grande &eacute;chelle de la recherche fran&ccedil;aise au sein de l&#39;Union, voire m&ecirc;me ailleurs. On peut difficilement imaginer que ces d&eacute;localisations soient sans cons&eacute;quences dans le domaine industriel.
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Les implications de cette &eacute;volution sur le plan des garanties d&#39;ind&eacute;pendance des chercheurs et de transparence de la recherche sont &eacute;galement tr&egrave;s pr&eacute;occupantes. D&#39;autant plus que le &laquo; mod&egrave;le am&eacute;ricain &raquo; reste une <a href="http://www.sciencemag.org/cgi/content/summary/314/5802/1059d" target="new">r&eacute;f&eacute;rence</a> constante. Or, notre article <a href="http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/07/l-independance-des-chercheurs-un-grand-enjeu-citoyen-au-nive.html" target="new">du 7 mars</a> avait d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute; les <a href="http://www.ipsnews.net/news.asp?idnews=41205" target="new">dol&eacute;ances</a> de nos coll&egrave;gues d&#39;outre-Atlantique &agrave; propos des ing&eacute;rences politiques de l&#39;administration US dans le travail des scientifiques et dans la diffusion de leurs r&eacute;sultats. Au <a href="http://a1692.g.akamai.net/f/1692/2042/7d/scientia.blog.lemonde.fr/files/2008/02/federal-science-and-the-public-good.1203350436.pdf" target="new">rapport</a>&nbsp; &laquo; <i>Federal Science and the Public Good</i> <i>&raquo;</i>, rendu public en f&eacute;vrier par l&rsquo;association am&eacute;ricaine Union of Concerned Scientists <a href="http://www.ucsusa.org/" target="new">(UCS)</a>, il convient d&#39;ajouter &agrave; pr&eacute;sent un <a href="http://ucsusa.org/scientific_integrity/interference/interference-at-the-epa.html" target="new">nouveau rapport</a> (avril 2008), intitul&eacute; &laquo; <i>Interference at the EPA</i> <i>&raquo;</i> concernant cette fois-ci l&#39;Environmental Protection Agency (<a href="http://www.epa.gov/" target="new">EPA</a>). L&#39;UCS d&eacute;crit cette agence gouvernementale de protection de l&#39;environnement comme un organisme assi&eacute;g&eacute; par les pressions politiques (&laquo; <i>an agency under siege from political pressures</i> &raquo;).
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Qui prot&eacute;gera l&#39;ind&eacute;pendance des chercheurs fran&ccedil;ais et europ&eacute;ens dans le nouveau dispositif que l&#39;on cherche &agrave; mettre en place dans le cadre de l&#39;Union Europ&eacute;enne ? Qui garantira la transparence de la recherche publique ? Le financement &laquo; par projets &raquo; contr&ocirc;l&eacute;s d&#39;en haut, que l&#39;on cherche &agrave; g&eacute;n&eacute;raliser, est-ce autre chose qu&#39;un moyen efficace d&#39;emp&ecirc;cher les chercheurs de d&eacute;velopper des initiatives originales qui peuvent d&eacute;ranger ?
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Ajoutons, &agrave; propos du &laquo; mod&egrave;le am&eacute;ricain &raquo;, <a href="http://www.lesechos.fr/info/metiers/4721392.htm" target="new">ce commentaire</a> du Prix Nobel de M&eacute;decine <a href="http://nobelprize.org/nobel_prizes/medicine/laureates/1977/guillemin-autobio.html" target="new">Roger Guillemin</a>, bas&eacute; en Californie : <i>&laquo; En fait, nous vivons de la charit&eacute; publique &raquo;</i>, (<i>Les Echos</i>, 30 avril 2008). Dans son discours du 28 janvier &agrave; Orsay, Nicolas Sarkozy avait d&eacute;clar&eacute; : <i>&laquo; Je suis d&rsquo;ailleurs favorable &agrave; ce que tout soit fait pour aider et encourager chaque chercheur et chaque laboratoire &agrave; pouvoir chercher les m&eacute;c&eacute;nats et les donations qui soutiendront un projet qu&rsquo;il aura lui-m&ecirc;me librement d&eacute;fini</i> <i>&raquo;</i>. Sans commentaire.
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<b>En somme, au nom du &laquo; patriotisme continental &raquo; et du&nbsp;&laquo; mod&egrave;le am&eacute;ricain &raquo;, ce dont il s&#39;agit c&#39;est de d&eacute;manteler des composantes strat&eacute;giques de l&#39;Etat et du secteur public fran&ccedil;ais, et d&#39;en d&eacute;localiser des activit&eacute;s essentielles. Les cons&eacute;quences &eacute;conomiques et sociales seront tr&egrave;s graves, mais tout se pr&eacute;pare sans faire des vagues et avec un choeur de d&eacute;clarations</b> <b>&laquo; positives &raquo;. Au service de quels int&eacute;r&ecirc;ts ? Quant aux questions &agrave; caract&egrave;re citoyen sur l&#39;ind&eacute;pendance des agents ou la transparence, elles semblent avoir &eacute;t&eacute; tout simplement exclues du d&eacute;bat. S&#39;agirait-il de pr&eacute;occupations</b> <b>&laquo; d&#39;une autre &eacute;poque &raquo; ?<br />
</b>
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<b>Post Scriptum -</b> Une recherche sur le site de Laurent Fabius permet de retrouver ces documents qui datent de novembre 2007 :
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- Une page <a href="http://www.laurent-fabius.net/article1002.html" target="new"></a>
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<a href="http://www.laurent-fabius.net/article1002.html" target="new">http://www.laurent-fabius.net/article1002.html</a>
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avec le titre <i>&laquo;</i> <i>Pour une Coop&eacute;ration Europ&eacute;enne de la Recherche et de l&rsquo;Innovation</i> <i>&raquo;</i><i>.</i>
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- Un article de Fabius intitul&eacute; <i>&laquo; Quatre principes pour une recherche plus comp&eacute;t