| [Affaire Secours Rouge] 3 des 4 inculpés libérés. Lettre des 4. | Par copie raïote, Friday, Jun. 27, 2008 at 3:35 PM
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Voici le communiqué rédigé conjointement par les quatre miltitants du « Secours Rouge »
arrêtés le 5 juin dernier depuis leurs prisons. Bertrand Sassoye reste en prison. Wahoub
Fayoumi, la journaliste de la RTBF, Constant Hormans et Abdallah Ibrahim Abdallah ont été
libérés jeudi par la chambre des mises en accusation (CMA) de la cour d’appel de Bruxelles.
Leur texte a été rédigé le 12 juin. Il ne contrevient pas aux conditions de libération fixées par
la CMA qui leur interdit dorénavant de se rencontrer.
Qui sommes-nous ?
Nous sommes 4 communistes.
Cela signifie que nous pensons que le système capitaliste est devenu un obstacle à tout véritable progrès social, politique, culturel, environnemental, économique et scientifique. Nous croyons lhumanité capable de dépasse ce blocage en raison des contradictions et des crises engendrées par le capitalisme lui-même. Nous pensons que les catégories marxistes restent de loin les meilleures pour penser et transformer la société. Nous ne réfléchissons pas en terme de « gens » ou de « citoyens », mais en terme de classe : dun côté ceux à qui le capitalisme profite la bourgeoisie de lautre côté limmense majorité de ceux qui ont objectivement tout à gagner dune révolution communiste : le prolétariat.
Lhéritage politico-stratégique du marxisme-léninisme est selon nous le plus porteur davenir pour le prolétariat. Cest un héritage difficile où il faut faire la part de ce qui a vieilli et de ce qui a gardé son actualité, où il faut faire la part des erreurs parfois tragiques et des avancées.
Mais cest un héritage immensément riche et glorieux, qui na absolument aucun équivalent, dont nous nous revendiquons avec fierté et que nous essayons de faire vivre dans nos lettres. Cest pour cette raison que nous militons dans le Bloc Marxiste-Léniniste, cest dans cet esprit que nous militons sur le front syndical et sur celui de la solidarité avec les prisonniers révolutionnaires.
2 . Lattaque de la répression
Le blitz policier du 5 juin et les dix-huit mois despionnage maniaque qui lont précédé débouchent sur un dossier dont la vacuité a été remarquablement exposée par nos avocats en Chambre du Conseil et en Chambre des mises. Cette attaque de la répression a trois caractéristiques remarquables :
1 Elle met en évidence le caractère réel de la nouvelle loi anti-terroriste. Cette loi permet nimporte quoi contre nimporte qui surtout lorsque son application se double, comme cest el cas pour notre affaire, de la mise en pratique de la loi sur les « méthodes particulières de recherche ». Les juristes démocrates avaient mis en garde contre ces lois qui ne font quavaliser larbitraire et lâcher totalement la bride aux diverses polices.
2 Cette attaque a un caractère politique évident. Nos engagements dans le Bloc ML et dans le Secours Rouge étaient au centre de lenquête. A peine le quart des questions que les enquêteurs nous ont posées concernaient notre prétendu lien au Parti Communiste Politico- Militaire. Par contre, on nous a interminablement interrogés sur le Secours Rouge, sur les meetings quil avait organisés, sur les personnes qui assistaient à ces meetings, etc. Que la solidarité révolutionnaire ait été dans le collimateur ne fait aucun doute.
3 Le fait que nous ne collaborions pas à lenquête est considéré comme un élément de culpabilité. Nous voudrions nous expliquer sur ce dernier point.
3. Ne pas dire !
3.1 Démocratie, fascisme et répression
Lorsque les nazis ont pris le pouvoir en 1933, des dizaines de milliers de communistes ont été arrêtés, déportés et assassinés grâce aux dossiers de police de la République démocratique de Weimar. Cest ainsi que Goering, devenu chef de la police du Land de Prusse sest servi des listes de communistes à arrêter dressées par son prédécesseur, le Préfet de police démocrate Severing.
Ce nest pas un épisode isolé. Chaque fois que la bourgeoisie perd confiance en la démocratie pour assurer son pouvoir et garantir ses privilèges, elle lui substitue cette autre forme de pouvoir communément appelée « fascisme ».
Le passage de la démocratie au fascisme est toujours un traumatisme pour les peuples. Par pour lappareil dEtat bourgeois. Cet appareil (ministères, armées, polices, etc.) sert le fascisme comme il a servi la démocratie, et est le plus souvent lopérateur du passage de lun à lautre. Cest cette continuité qui garantit lefficacité de lopération. Lorsque les militaires ont pris le pouvoir en Argentine, ils ont utilisé les dossiers de police du régime démocratique auquel ils succédaient pour arrêter, torturer, assassiner et faire disparaître 30 000 personnes en quelques semaines.
3 .2 Les principes de sécurité
Fondés sur la discipline collective et la discrétion, les modes de fonctionnement peuvent se résumer à 4 principes :
1. Ne pas révéler les noms des militants et des sympathisants que nous pouvons côtoyer;
2. Ne pas révéler l’existence ni la configuration de structures organisationnelles ;
3. Ne pas révéler la nature des interactions ;
4. Etendre cette discrétion au profit de toutes les forces progressistes, quelques désaccords qu’il puisse y avoir entre eux et nous Ainsi lors de la guerre de libération de lAlgérie, et dès 1960, la Force de Police Auxiliaire française a utilisé des techniques dinfiltration ayant finalement, après obtention des renseignements recherchés, mené à de nombreuses arrestations et tortures des membres du Front de Libération nationale combattant pour leur indépendance.
Plus proche de nous, des altermondialistes ont été victimes dune répression féroce, à Gênes en 2000 ou ailleurs, due à des renseignements obtenus par des méthodes dinterrogatoire mettant en place la dénonciation.
3.3 Deux impératifs politiques
Lapplication pure et simple de ces principes ferait des forces communistes de simples cercles de conspirateurs. En réalité, ces principes sopposent à deux impératifs également indispensables, ce qui oblige à chaque instant les communistes à gérer une tension entre ces impératifs politiques et de sécurité.
Le premier impératif quentravent les règles de sécurité, cest celui du lien entre les forces communistes et le prolétariat. Ce nest quen multipliant ces liens que les communistes pourront développer les forces révolutionnaires jusquà rendre celles-ci capables de renverser le pouvoir bourgeois.
Le second impératif quentravent les règles de sécurité, cest celui de la démocratie interne. Autant les forces révolutionnaires ont besoin dune organisation et dune discipline rigoureuses, autant elles ont besoin dun débat didées interne qui seul permet une politique adéquate à la réalité sociale.
Les principes de sécurité et les techniques quils commandent (le cloisonnement, par exemple) doivent donc souvent céder dans une mesure bien réfléchie, à ces deux impératifs. Mais si il est bien un domaine où il ne souffre aucune exception, cest dans les rapports entre les communistes et lappareil policier et judiciaire au service de la bourgeoisie.
3. 4 La répression aujourdhui
Même si nous sommes bien sûrs dans une situation infiniment moins dramatique que les exemples extrêmes de terreur blanche évoquées plus haut (IIIè Reich, Argentine et généraux) le respect des principes de sécurité ne relève pas seulement dun automatisme ou dune mesure conservatoire pour le long terme : il a pour aujourdhui déjà un caractère dauto-défense. Le dispositif répressif de « contre-révolution préventive » ne cesse de se développer, et ce sur tous les plans :
• Légal, avec la loi sur l’infraction terroriste, la loi sur les méthodes particulières de recherche, le mandat d’arrêt européen, etc.
• Technique, avec les progrès de l’identification par ADN, le couplage, via la numérisation, de la vidéo-surveillance et de la biométrie, etc.
• Organisationnelle, avec des institutions transnationales comme EUROPOL ou EUROJUST.
• Idéologique, avec le matraquage politico-médiatique sécuritaire et réactionnaire.
A lheure où le pays leader de lOTAN, les USA, légalise la torture ; à lheure où les pays de lUnion Européenne se sont rendus complices des « vols secrets de la CIA » autrement de disparitions et de tortures dans des prisons secrètes, à lheure où le FBI a détaché au siège dEUROPOL une cellule pour y faire son libre marché du renseignement, le respect des principes de sécurité est impératif.
4. Conclusions
Politiciens, policiers et magistrats sautorisent des moyens dont ils nauraient pas seulement osé rêver il y a 10 ou 20 ans. Cette tendance saggrave, faute de résistance populaire et démocratique.
Le fait de considérer comme coupable notre refus de nourrir les dossiers de police participe de cette tendance.
Quel quen soit le prix, nous ne transigerons pas sur nos principes. Nous refusons de donner des informations susceptibles dimpliquer des tiers, quand bien même ces informations nous disculperaient.
Nous appelons toutes les forces révolutionnaires, progressistes et démocratiques à se battre sur cette ligne de défense.
Nous les appelons à soutenir la grève de la faim de notre camarade Jean-François Legros qui, dans le cadre de cette offensive ciblant le Secours Rouge, a été incarcéré par le moyen dune suspension de sa libération conditionnelle. La solidarité est une arme ! Les communistes arrêtés pour leurs prétendus liens avec le PCPM, Constant Hormans, Abdallah Ibrahim Abdallah, Wahoub Fayoumi, Bertrand Sassoye Prisons de Saint-Gilles, Berkendael, et Forest, le 25 juin 2008 à 18h »
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