Indymedia Home Indymedia Home
BradWill StopBolkestein radiopanik nog8
18 Mai
INFOTOUR:: projection de films sur l'activisme en
23 Mai
Week-end Résistance 2008
23 Mai
Un Fou Noir au Pays des blancs
24 Mai
Rencontre autour du livre subversif
_suite »
_ajouter une action »
Audio
Videos
Photos

Big-Brother
Travail
Culture/Art
Démocratie
Economie/Dette
Ecologie
Genre/Transgenre
Guerre/Pacifisme
Internet/Libre
Précarité
Média/Média-activisme
Migrant/Sans-papier
Racisme
Répression
Végétarisme
Squat/Occupation
Noglobal
National
anvers
bruxelles
flandre orientale
flandre occidentale

Francophone
auvergne
bruxelles
grenoble
lille
marseille
nantes
nice
paris
quebec
suisse romande
toulouse
syndication

Global
www.indymedia.org

Projects
print
radio
satellite tv
video

Africa
ambazonia
canarias
estrecho / madiaq
kenya
nigeria
south africa

Canada
hamilton
london, ontario
maritimes
montreal
ontario
ottawa
quebec
thunder bay
vancouver
victoria
windsor
winnipeg

East Asia
burma
jakarta
japan
manila
qc

Europe
alacant
andorra
antwerpen
armenia
athens
austria
barcelona
belarus
belgium
belgrade
bristol
bulgaria
calabria
croatia
cyprus
emilia-romagna
estrecho / madiaq
euskal herria
galiza
germany
grenoble
hungary
imc patras
ireland
istanbul
italy
la plana
liege
lille
lombardia
madrid
malta
marseille
nantes
napoli
netherlands
nice
norway
oost-vlaanderen
paris/île-de-france
piemonte
poland
portugal
roma
romania
russia
saint-petersburg
scotland
sverige
switzerland
thessaloniki
torun
toscana
toulouse
ukraine
united kingdom
valencia

Latin America
argentina
bolivia
brasil
chiapas
chile
chile sur
colombia
ecuador
mexico
peru
puerto rico
qollasuyu
rosario
santiago
tijuana
uruguay
valparaiso
venezuela

Oceania
adelaide
aotearoa
brisbane
burma
darwin
jakarta
manila
melbourne
oceania
perth
qc
sydney

South Asia
india
mumbai

United States
arizona
arkansas
asheville
atlanta
austin
baltimore
big muddy
binghamton
boston
buffalo
charlottesville
chicago
cleveland
colorado
columbus
dc
hampton roads, va
hawaii
houston
hudson mohawk
idaho
ithaca
kansas city
la
madison
maine
miami
michigan
milwaukee
minneapolis/st. paul
new hampshire
new jersey
new mexico
new orleans
north carolina
north texas
nyc
oklahoma
omaha
philadelphia
pittsburgh
portland
richmond
rochester
rogue valley
saint louis
san diego
san francisco
san francisco bay area
santa barbara
santa cruz, ca
sarasota
seattle
tallahassee-red hills
tampa bay
tennessee
united states
urbana-champaign
vermont
western mass
worcester

West Asia
armenia
beirut
israel
palestine

Topics
biotech

Process
fbi/legal updates
mailing lists
process & imc docs
tech
volunteer

Fonctionne avec

sf-active v0.9.4


Lettre de la prison, contre la prison
Par Gabriel Pombo da Silva (via ABC antwerpen), Tuesday, May. 06, 2008 at 8:10 PM
Il y a quelques mois, le livre de Xosé Tarrio (Huye, hombre, huye) sur son vécu, la taule et le régime FIES en Espagne a été publié en allemand. Pastora, la mère de Xosé, a fait un tour en Allemagne, Autriche et aux Pays-Bas pour présenter cette édition. Gabriel Pombo da Silva a écrit le texte ci-dessous comme contribution. Nous diffusons la traduction qui a été faite. Gabriel est un anarchiste espagnol qui a passé 20 dans les prisons espagnoles avant de s'en évader. Il a été arrêté en 2004 avec trois autres personnes à Aachen, où il est maintenant détenu (voir une lettre rédigée peu avant son arrestation).

Le 8 mars , Aachen (Aix-la-Chapelle)

Le rêve de nombreux politiciens est de concevoir les villes comme des prisons : des caméras à chaque angle, de puissants projecteurs qui ne laissent rien dans l'ombre, un flic pour contrôler chaque individu et réduire toute protestation ou toute remise en cause du système à une simple insatisfaction personnelle suivant le cadre juridique supposé nous garantir une série de "droits" qu'ils nomment fondamentaux ou de l'homme.

Ce rêve n'est pas seulement un mélange de "1984" d'Orwell et du "Meilleur des mondes" de Huxley où les peurs, réelles ou construites, la technologie, les drogues et la génétique font des hommes les objets d'un nouveau système totalitaire.

Ce rêve, c'est la réalité que nous vivons aujourd'hui, des deux côtés des murs ou des frontières. Quand nous disons "Todos somos presos", nous sommes tous prisonniers, nous voulons dire que nous vivons une existence d'objets, car le système nous transforme en êtres qui ont oublié leur passé de sujets dotés de mémoire, de conscience, d'envies et de capacité de lutter pour la liberté, pas comme maintenant quand s'applique le lavage de cerveau par les moyens de désinformation.
Les débats télévisés pleins d'intellectuels et d'experts en politique ont déclaré morte la classe ouvrière, qu'il n'y aura plus de prolétariat, ni aucun potentiel révolutionnaire qui justifierait les théories sur la nécessité des révolutions et de la lutte de classes. Il ne nous resterait plus qu'à accepter l'exploitation menée par ce sytème dénommé démocratique, ou à protester pacifiquement sans trop le déranger.
Dans un même élan, ils appellent aussi les guerres impérialistes des "interventions humanitaires" et la torture des "méthodes d'interrogatoire", la liste de ces euphémismes est interminable.

Le pire, ce n'est pas ce que font les intellectuels représentants du néo-libéralisme et du capital, ou ceux qui sont au service du gouvernement en place et de l'état, car ils ne font que leur travail, ce pour quoi et par quoi ils vivent. Le pire, c'est de voir et d'entendre tant de gens normaux, qui sont pourtant les mieux placés pour comprendre et reconnaitre ces choses, répéter comme des perroquets les conneries et les mensonges de ceux qui nous mènent au désastre, sans y réfléchir par eux-mêmes.

La guerre de classes n'est pas une abstraction du passé qui ne servirait qu'à ce qu'une partie de la classe politique s'auto-légitime comme parti des travailleurs ou travailliste.

Nous tous et toutes qui n'avons et ne voulons même pas le pouvoir, que nous soyions ouvriers ou pas, constituons le prolétariat, consciemment ou pas. Et dans une société où la différence est claire et nette entre les intérêts de ceux qui sont en haut et de ceux qui sont en bas, c'est la conscience qu'ont celles et ceux du bas pour affronter ou accepter ce système d'inégalité qui est décisive.

Cette brève introduction politique est importante pour moi, pour pouvoir vous parler ici et aujourd'hui et vous dire que notre activité politique et nos intentions ne doivent pas se résumer à une question de droits de l'homme. Prendre catégoriquement position contre les prisons et contre l'isolement et la torture, plus ou moins dure, signifie lutter pour tout, dans un système où nous sommes tous prisonniers, même à des degrés différents.

Au moment où certains d'entre nous se retrouvent pour lutter contre les prisons, nous devons poser que ce que nous voulons, ce ne sont pas des prisons plus humaines; aucune prison ne peut être humaine, pas plus que l'esclavage ou la tyrannie.
L'analyse de cette partie de la société nous aide à mieux comprendre dans quel type de société nous vivons. Car les taules sont un petit miroir qui reflète toutes les valeurs dominantes et les outils utilisés pour combattre la résistance et le désir de vivre de celles et ceux qui osent se rebeller, que ce soient des prisonniers "sociaux" ou "politiques".

Il faut démasquer et protester contre ce système de destruction et de torture, comme les FIES en Espagne, le 41 bis en Italie, l'isolement et la mise en détention de sécurité en Allemagne, les QHS en France ou les prisons de type F en Turquie, et nous pourrons montrer comment sont respectés les soi-disants droits de l'homme sur les terres démocratiques.

Et nous, personnes en général marginalisées, avec ou sans conscience de classe, ne pouvons jamais être sûres de ne pas finir un jour dans une de ces cellules. C'est une épée de Damoclès qui pend toujours au dessus de nos têtes.

Bien sûr, il nous faut nous organiser, car nous avons des intérêts communs, par delà les murs, les frontières et les idéologies qui nous séparent.
Ce qui se passe à l'occasion de cette soirée en est un exemple : Pastora une ouvrière impliquée dans les luttes sociales,avec une militante anticarcérale basque, un squatteur basque, un autonome allemand et moi, prisonnier anarchiste en Allemagne, avons, au delà de toutes les différences que nous pouvons avoir, créé un moment de lutte, unis par nos similitudes et en nous organisant autour de questions de base qui de manière générale, et je dirais universelle, nous intéressent.

En ce moment même apparaissent de nouveaux "Tarrios", "Pombos", "Ortizes" "Zamoros", comme de nouveaux systèmes FIES. Et nous savons que nous provenons du coeur de l'inégalité des possibilités et de l'injustice du système. Nous sommes ordinaires, tout comme les tabassages et les tortures ne sont pas des choses inhabituelles, mais normales que nous infligent des gens pour un salaire et non en raison d'une idéologie fasciste. Ce qui est doublement triste.

Bien sûr, la mentalité sociale est aussi le résultat d'une histoire collective, mais pas seulement. En revanche, la rebellion contre l'injustice est universelle et échappe aux cultures, à la couleur de peau ou à l'origine et vit dans les individus libres, des humains qui refusent de se laisser contrôler et aliéner au nom d'une vérité universelle, complètement fausse.

L'histoire vitale de Xose, de Paco Ortiz, de Patxi Zamoro et de milliers d'autres, qui continuent à résister sur toute la planète nous apprend quelque chose que nous ne devrions pas oublier : la rebellion est possible, partout et tout le temps.
Les liens d'amitié et d'amour sont plus forts que les chaînes et les punitions qu'ils nous infligent.

Dignité, rebellion, amitié, amour, solidarité, liberté, organisation sont quelques unes des idées et des valeurs que nous défendons et pour lesquelles nous luttons.

Hier, aujourd'hui et toujours!

Un salut combatif d'une geôle destructrice de Aachen, Allemagne.
Je vous remercie de votre attention!
Gabriel


(c) Sauf au cas où un auteur a formulé un avis contraire, le contenu du site est sous les conditions Creative Commons