Dans le cadre de la marche européenne des sans-papiers, qui a débuté lundi par une manifestation dans le centre de Bruxelles, une délégation de sans-papiers a présenté hier ses revendications au Parlement européen. Dans la soirée, les 86 marcheurs ont accueilli le public pour une discussion ouverte sur le thème de la lutte pour la régularisation.
La rencontre était organisée à
Saint-Gilles, une
commune où les rafles
contre les sans-papiers, en particulier dans la communauté
équatorienne, sont presque devenues une habitude et où le
bourgmestre refuse systématiquement les autorisations de
manifester pour la régularisation des sans-papiers. Il a
d'ailleurs refusé la semaine dernière - sans même
prendre la peine de motiver son refus - que la manifestation
de lundi
passe par sa commune.
Les sans-papiers, aussi déterminés et énergiques
que lors de la manifestation, ont fait part de leurs expériences
dans leur lutte pour la dignité. Ils ont rappelé quelques
moments forts de cette lutte, notamment l'occupation
de l'église Saint-Bernard à Paris en 1996. Ils ont
également rappelé l'assassinat
de Semira Adamu par la gendarmerie belge en 1998.
Dans leur combat, les sans-papiers de France ont dû fait preuve
de beaucoup d'acharnement. Ils n'ont jamais baissé les bras et
ont réussi à amener les syndicats à les soutenir,
à défendre les droits des travailleurs exploités
dans une situation de non-droit. Grâce à la
médiatisation de leur lutte, ils ont
bénéficié d'un large soutien parmi la population.
Ils ont ainsi pu obtenir certaines avancées, par exemple la circulaire du
24 juin 1997, relative au réexamen de la situation de
certaines catégories d'étrangers en situation
irrégulière.
Toutefois, en France comme en Belgique, la répression contre les
sans-papiers est permanente. Et les personnes qui soutiennent leur
mouvement et leurs actions (par exemple des blocages lors de tentatives
d'expulsion) sont immédiatement criminalisées,
accusées de «délit
de solidarité». La rafle
du 26 mai à Lille et l'arrestation
aujourd'hui de sans-papiers en grève de la faim et de
personnes venues les soutenir en apporte une nouvelle fois la preuve.
C'est pourquoi il paraît urgent qu'une
coordination des sans-papiers se mette en place au niveau
européen pour s'opposer aux politiques de l'Europe et des
gouvernements européens, par exemple les charters
communs
d'expulsion.
À l'échelon de la Belgique, les représentantEs des
organisations de défense des sans-papiers ont insisté sur
la nécessité de sensibiliser la société
civile à la situation des sans-papiers. Illes ont
dénoncé l'inertie des syndicats, qui ne prennent pas
position dans la lutte des sans-papiers, et le choix de la Ligue des
droits de l'homme de ne pas se préoccuper des violations des
droits humains en Belgique. Illes ont également fait remarquer
que les altermondialistes, qui ont pourtant fait une déclaration
commune avec les sans-papiers lors du Forum social européen
de Saint-Denis, brillaient par leur absence.
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