Du 31 mai au 12 juin, une marche des sans-papiers relie Bruxelles à Paris pour protester contre la politique d'immigration des gouvernements européens. Cette action, organisée suite au Forum social européen par la Coordination nationale (française) des sans-papiers, a démarré ce lundi par une manifestation à Bruxelles.
Aujourd'hui, les sans-papiers - et les avec-papiers
qui soutiennent
leurs revendications - s'étaient donné rendez-vous dans
le centre de Bruxelles. Les escaliers de la Bourse ont
été longuement occupés par les manifestantEs, qui
y ont déployé des bannières «Non à
l'Europe forteresse», «Régularisation des
sans-papiers», «Multinationales européennes:
multiexploitation - multipollution». Soutenus par des percussions
africaines, les participantEs ont scandé à pleins poumons
des slogans qui dénonçaient les politiques
européennes et réclamaient plus de solidarité
entre touTEs: «L'Europe forteresse, on n'en veut pas»,
«C'est la loi qu'il faut changer, c'est pas les immigréEs,
c'est pas les sans-papiers», «Nous ne sommes pas dangereux,
nous sommes en danger», «Vivre dans la peur, c'est pas une
vie».
Le défilé a ensuite pris la direction de la porte
d'Anderlecht, la commune de Saint-Gilles n'ayant pas autorisé le
rassemblement de clôture que les sans-papiers auraient voulu
tenir place de Moscou. En période de campagne électorale,
les élus saint-gillois préfèrent sans doute
éviter qu'on attire l'attention sur les rafles qui ont lieu dans
leur commune...
La manifestation, qui a rassemblé 300 à 400 personnes de
toutes origines, a été très dynamique et
animée. Tout le long du parcours, les manifestantEs ont
continué à crier leurs revendications, au son des
percussions (à l'avant) et de l'accordéon (à
l'arrière du défilé).
Pour clôturer la manifestation, des représentantEs de
plusieurs organisations ont pris la parole. Illes ont rappelé
les mots
d'ordre de l'action et ont dénoncé les politiques
européennes anti-sociales et l'Europe forteresse. Plusieurs
personnes ont souligné la nécessité d'une union
entre touTEs - sans-papiers, sans-abris, chômeurs, travailleurs -
pour construire une Europe où chacun puisse vivre dans la
dignité. Les multiples luttes sociales doivent converger pour
réclamer une Europe solidaire, ouverte à touTEs.
Demain, mardi, les marcheurs iront présenter leurs
revendications au Parlement européen. Puis, à 20h, une
discussion ouverte sur les luttes pour la régularisation des
sans-papiers se tiendra à la Piano Fabrick, rue du Fort 35a,
à 1000 Bruxelles.
Mercredi, les marcheurs prendront la direction de Liège,
où ils seront accueillis par le CRACPE, qui lutte depuis plus
de 5 ans pour la fermeture de tous les centres fermés, à
commencer par celui de Vottem.
Une manifestation de soutien aux personnes détenues aura lieu
à 16h devant le centre (rue Visé-Voie 1 à Vottem).
En soirée, une rencontre avec les sans-papiers aura lieu
à 20h à l’Espace Belvaux, 189 rue Belvaux à
Grivegnée.
Les jours suivants, la marche se poursuivra de ville en ville pour
arriver le 12 juin à Paris, où une grande manifestation
est prévue.
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