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La véritable signification du 1er mai
Par de Lastigen Bruggeling, Tuesday, Apr. 27, 2004 at 6:45 PM
La véritable signification du 1er mai et la commémoration des martyrs de Chicago

Traduction de l'article De ware betekenis van 1mei en de herdenking van de martelaren van Chicago, par de Lastigen Bruggeling


1er mai 1886. Dans toute l'Amérique, des centaines de milliers d'ouvriers descendent dans la rue pour exiger par l'action directe la journée de huit heures. À Chicago, où quelque 40.000 ouvriers font grève, les anarchistes se chargent d'organiser la campagne du 1er mai. Il y a des manifestations et des meetings tous les jours. Les ouvriers vivent dans des conditions dégradantes dans des ghettos appelés «quartiers ouvriers». Des milliers d'immigrants survivent dans des taudis alors qu'ils doivent travailler de l'aube au crépuscule pour une bouchée de pain. Cette misère fait un contraste criant avec la Chicago officielle, où la bourgeoisie occupe des maisons magnifiques et ne cesse de s'enrichir sur le dos des pauvres. Les autorités et les patrons ne font aucun effort pour aider les ouvriers. Ils trouvent que c'est le cours normal des choses. Ils déclarent même ouvertement que la pauvreté et l'inégalité sont une loi naturelle inévitable. C'est dans ce contexte que se déroule la tragédie qui donne au premier mai un sens plus profond pour les anarchistes.

Les deux premiers jours de grève se déroulent tranquillement mais, le 3 mai, des accrochages ont lieu entre les ouvriers opprimés et des briseurs de grève. La police ouvre le feu sur les grévistes, en tuant un et en blessant plusieurs autres. Le soir même, des tracts sont imprimés qui appellent à la résistance contre cette violente répression. Le jour suivant, un meeting est organisé à Haymarket. Bien que la tension soit à couper au couteau, les prises de parole se déroulent dans le calme. Juste avant la fin, les forces de l'ordre décident de disperser le rassemblement et se frayent un chemin à travers la foule. À cet instant, une violente explosion retentit. Quelqu'un a jeté une bombe, qui tue un agent. Les forces de l'ordre ouvrent alors le feu et tirent sur tout ce qui bouge. Quelques minutes plus tard, Haymarket baigne dans le sang. On n'a jamais su combien de blessés et de tués il y a eu parmi les ouvriers. Ce n'était pas suffisamment important. Immédiatement, une chasse aux sorcières a débuté contre tout ce que sentait l'anarchisme ou n'était pas américain (la plupart des ouvriers étaient des immigrants). On menaçait tout le monde de l'échafaud. Le 5 mai, huit meneurs anarchistes ont été arrêtés et, en même temps que des centaines d'autres, ils ont été interrogés et torturés. Les huit ont tous été accusés de meurtre et de conspiration contre l'État par un jury partial qui ne comptait aucun ouvrier. Tous les accusés sauf un ont été condamnés à la peine de mort, alors qu'un seul d'entre eux était présent au moment de l'attentat à la bombe. Les autorités ne se sont pas arrêtées un instant sur les conditions de vie déplorables des ouvriers, sur leurs morts ni sur les victimes de la violence policière.

Malgré la vague de protestations et les nombreuses pétitions qui ont suivi, seuls deux des condamnés ont été graciés. Un des condamnés s'est suicidé la veille de l'exécution de la sentence. Les autres ont été emmenés sur l'échafaud et pendus. Les dernières paroles de Spies sont immortalisées sur le monument qui a été érigé plus tard à la mémoire des «martyrs de Chicago»: «Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui.» L'enterrement a eu lieu quelques jours plus tard. Pas moins de 15.000 personnes étaient présentes.

En 1893, une déclaration officielle a réprouvé l'ensemble du procès et a confirmé l'innocence des huit accusés.

Le 1er mai, les anarchistes commémorent la lutte acharnée des ouvriers et surtout le drame de Haymarket. Les martyrs de Chicago n'ont pas été les seules victimes de la répression contre les anarchistes et leur mouvement. Au fil des ans, des milliers d'anarchistes ont été poursuivis, torturés et assassinés pour leur idéal. Jusqu'à ce jour. Mais la lutte continue. La lutte contre l'autorité et le gouvernement de l'humain par l'humain, la lutte pour l'égalité et la liberté pour touTEs!

Aujourd'hui, le 1er mai a été réduit à un «jour férié», un jour de congé pour les ouvriers, où ils font une petite promenade dans la ville avec les syndicats, chacun avec ses couleurs politiques. On ne trouve plus trace de la combativité des origines et les martyrs de Chicago sont tombés dans l'oubli. Ce qui était un jour d'action directe a été édulcoré en une fête superficielle. Pourtant, je ne vois pas beaucoup de raisons de faire la fête. L'ouvrier moyen n'a toujours pas grand-chose - voire rien - à dire dans le système de travail. Toutes les décisions importantes restent prises d'en haut. Oh bien sûr, il y a les syndicats qui défendent les intérêts des ouvriers. Que représentent encore les syndicats aujourd'hui? Ils participent simplement au système dans lequel l'argent, le pouvoir et l'intérêt personnel ont la priorité et où l'humain doit s'en accommoder. Ils soumettent leurs revendications aux employeurs, aux sociétés et aux multinationales. Ces revendications sont toujours politiquement et socialement acceptables, et elles ne peuvent en aucun cas aller contre le système lui-même. Bien au contraire. Les syndicats ont été avalés par le système et dépendent de lui. Ils contribuent ainsi à son maintien. Ils se contentent de jouer le jeu et acceptent des compromis dans lesquels les revendications s'évaporent dans des réglementations qui arrangent les employeurs, soi-disant au bénéfice des ouvriers. Et la lutte est terminée, les ouvriers restent tranquilles un moment avec les queues de cerise obtenues et les employeurs sont contents que l'usine puisse tourner à nouveau. Ils se frottent les mains et, le cul dans leur fauteuil, ils se regardent devenir de plus en plus riches. La vie continue et rien d'essentiel n'a changé. Mais, chaque année, ils organisent la fête du 1er mai en souvenir de la résistance, de la lutte acharnée des ouvriers. Attention, l'accent est mis sur la commémoration, le souvenir, parce que la lutte elle-même, la résistance, elle ne les arrange pas. De temps en temps une grève dirigée qu'on tient sous contrôle, ça peut aller. Mais que les ouvriers prennent les choses en main, il faut l'éviter à tout prix. Ça signifierait la fin du grand jeu de monopoly. Il me semble qu'il n'y a aucune raison de faire la fête, mais des milliers de raisons de passer à l'action!

Il est temps de mettre en avant la véritable signification du 1er mai. Comment commémorer mieux la résistance d'alors qu'en passant nous-mêmes à l'action? Une lutte qui ne serait pas organisée par des syndicats bidons mais par les gens eux-mêmes. Quand on pense aux luttes acharnées que les ouvriers ont menées dans le passé, ce qui nous occupe maintenant est presque ridicule.

Droit à la joie au travail et à la créativité. Résistance contre le travail impersonnel et abrutissant.

J'en rencontre partout, des gens qui en on marre de leur boulot, qui sont littéralement fatigués d'aller travailler. Ils se sentent malheureux, ils en sont même malades et dépressifs. Est-ce que ce sont des fainéants, est-ce qu'ils n'ont pas envie de travailler? Non! La plupart ne voudraient pas rester toute la journée à ne rien faire devant la télévision. En fait, ils aiment travailler, se rendre utiles, seuls ou avec d'autres. Ce n'est donc pas ça. Le problème, c'est qu'ils n'obtiennent aucune satisfaction de leur travail. Beaucoup travaillent toute la journée à la chaîne ou ailleurs, toujours à faire le même travail monotone sans être impliqués dans l'ensemble de la production, sans avoir leur mot à dire sur leur travail. Ils se sentent comme des robots, ils reçoivent des ordres, ils suivent des règlements, ils obéissent. Ils sont les instruments de la volonté d'autres personnes. Ils sont passifs. Ils n'ont pas la possibilité et n'ont pas le droit de participer activement. Ils se sentent inutiles, une non-personne avec un numéro. Et le nombre de personnes qui reçoivent des ordres ne cesse d'augmenter, parce que le nombre de personnes qui peuvent prendre un minimum leurs propres décisions dans leur travail n'arrête pas de diminuer. Les activités créatives et les prises de décision sont de plus en plus concentrées dans les mains d'un petit groupe. Les ouvriers sont en général bien payés pour ces jobs abrutissants. Ils ne manquent de rien sur le plan financier et matériel. Pourtant, ils sont pauvres. Ils sont appauvris par un travail qui les empêche de créer eux-mêmes quelque chose, de réfléchir par eux-mêmes et d'être créatifs pour exercer une influence personnelle, en un mot pour apporter au monde quelque chose qui pourrait témoigner d'eux-mêmes et de leur personnalité propre. Ils ne vivent pas, ils sont vécus. Ils n'ont que leurs week-ends beaucoup trop courts et leurs vacances annuelles où ils peuvent être eux-mêmes, où ils peuvent se retrouver. Comme l'a dit un ouvrier: «Je travaille onze mois par an comme une machine pour pouvoir vivre un mois comme un être humain.» À l'opposé de ces ouvriers appauvris, il y a les fortunés qui ne savent pas très bien comment ils vont s'en sortir le mois prochain. Ils sont artistes, artisans, étudiants, cinéastes indépendants, inventeurs, ... Ils vivent une vie créative et aventureuse en prenant eux-mêmes l'initiative, en travaillant comme ils l'entendent, seuls ou avec d'autres. Ils ont des difficultés financières et matérielles, mais sur le plan de la réalisation personnelle, ils se détachent de la masse pour laquelle les choses sont arrangées de l'extérieur et d'en haut. La soustraction de la créativité personnelle et l'appauvrissement qui en résulte dans un monde qui regorge de richesses matérielles est un problème qui n'est pas reconnu et qui reçoit donc peu d'attention. À travers l'histoire, on s'est appliqué à améliorer le sort des ouvriers, des salariés, mais ces améliorations touchent uniquement les conditions de travail: plus de sécurité, pas de travail des enfants, moins d'heures de travail par jour, un salaire plus élevé, etc. Sur le plan de la qualité du travail pour l'ouvrier en tant que personne créative unique, la lutte reste de toute évidence à mener. Imaginez-vous que seul un petit groupe privilégié aurait le droit de faire des enfants et que le reste de l'humanité serait condamné à la stérilité; cela donne une idée de la situation actuelle en ce qui concerne les possibilités d'épanouissement des capacités créatives. La stérilisation mentale rend des millions de personnes toujours plus dépendantes et impuissantes.

Il est grand temps qu'un contre-courant se forme de gens qui ne se laissent pas endormir par des salaires plus élevés et un plus grand pouvoir d'achat, ou par une socialisation qui leur donne le titre de copropriétaires mais ne change rien à la soustraction de leurs talents créatifs et de leur participation et apport personnels. Nous avons besoin d'un mouvement qui exige que les travailleurs puissent participer en sentant, en pensant, en s'exprimant et en agissant selon leur propre personnalité. Un ouvrier doit être considéré comme une personne dans sa totalité, avec respect et attention pour sa créativité unique, et non comme un robot, un instrument et un exécutant qui suit des ordres. Une nouvelle lutte doit être menée, la lutte pour l'émancipation des capacités créatives, pour la participation et la cogestion, pour l'égalité complète des employés et des employeurs, pour la joie au travail et la joie de vivre. Au lieu de parader le 1er mai, il faudrait s'occuper des véritables problèmes; au lieu de commémorer, poursuivre activement la lutte. Comment honorerions-nous mieux nos prédécesseurs?





Un 1er mai pour la solidarité, l'espoir, l'amour et le respect à Bruges duende Tuesday, Apr. 27, 2004 at 7:02 PM
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