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Communisme et fascisme : un même combat ?
Par Véronique Chamberland (posté par mister T), Tuesday, Mar. 09, 2004 at 5:00 PM
Article sous ©, posté avec accord exceptionnel du CVM.
Communisme et fascis...

Le XXe siècle, le plus meurtrier de l’histoire selon les historiens, aura été le théâtre de bien des tragédies humaines. L’homme pousse la cruauté et l’horreur à des sommets encore inégalés, entachant l’espèce humaine toute entière, détruisant toute dignité sur son passage. Ironiquement, c’est dans ce siècle que l’on aura le plus lutter en faveur des droits humains, de la liberté et de la démocratie, ces valeurs nées d’un humanisme confiant dans le progrès de l’humanité et dans la grandeur de l’homme. L’homme, dit-on, est capable de raison et libre de son esprit. Or, comment expliquer que des nations entières se soient laissées endoctrinées et se soient abaissées aux pires actes de barbarie?

Si l’on a vivement critiqué le fascisme et le nazisme, aujourd’hui encore, on hésite à condamner le communisme, pourtant tout aussi meurtrier. Serait-ce que ses objectifs sont si nobles que l’on accepte de détruire des vies humaines pour son accomplissement ? Et pourtant, nous le verrons, les dégâts qu’il a causés sont tout aussi lourds à porter que ceux du nazisme.

Ainsi, dans ce texte, nous nous attarderons aux rapprochements que l’on peut établir entre les deux régimes, pour démontrer, dans une certaine mesure, que l’un ne vaut pas mieux que l’autre.

Le totalitarisme

Une comparaison efficace entre le communisme et le nazisme n’est possible que dans la mesure où nous réduisons le terme communisme à celui de stalinisme. En effet, le terme communisme englobe une série de régimes politiques qui ont lieu à différents moments de l’histoire, bien que rapprochés dans le temps, à différents endroits géographiques et dans le cadre de contextes socioculturels parfois bien différents. Aussi, nous préférons limiter cette comparaison au stalinisme, sans toutefois exclure la possibilité d’établir des rapprochements entre le communisme et le nazisme, voire même le fascisme.

La comparaison que nous établirons entre ces deux régimes repose sur le concept de totalitarisme. Souvent remis en question par différents historiens, nous utiliserons ce concept dans son sens large, global, désignant ainsi le système politique où l’emprise de l’État est totale, tant dans la sphère publique que privée, par opposition à l’État de droit.

De plus, afin d’établir cette comparaison, nous nous appuierons sur quelques-unes des caractéristiques du totalitarisme énoncées par Carl Friedrich, soit la présence d’une idéologie proposant une société nouvelle, d’un parti unique à base de masse, d’un État policier et terroriste et d’un contrôle de l’économie.

Le Stalinisme

La période stalinienne s’étend de 1928, alors que Staline est reconnu comme chef incontesté du Parti et de l’URSS, à 1953, date de sa mort.

Les régimes totalitaires s’appuient sur une idéologie orientée vers la perfection d’un état final de l’humanité et la création d’un «homme nouveau» à travers le rejet de la société actuelle. Le parti unique de masse, dirigé par un seul homme et organisé de façon hiérarchique, se veut l’instrument au service de cette idéologie, celui qui saura mener la population vers sa destinée.

La doctrine communiste telle que vue et appliquée par Staline invite la population à construire une société parfaite qui appelle à la domination du monde à travers un refus radical de la société existante ; l’homme est capable d’établir progressivement une société juste et égalitaire où on en arrivera un jour à éliminer les classes sociales et l’État.

Le parti unique compte peu de membres, mais ceux-ci sont animés d’un fanatisme envers l’idéologie du chef qui les dirige. Si le nombre d’adhérents au parti communiste augmente d’années en années, en revanche, le nombre de membres à la tête de ce parti reste restreint bien que ce soit lui qui possède le pouvoir réel. En effet, Staline voit dans la masse l’instabilité des émotions qui peut la pousser à tout moment à changer de direction. À l’inverse, le parti est solide, constant ; il s’appuie sur une théorie claire, sur une conception révolutionnaire. Selon Staline, il faut un petit groupe de fervents communistes organisés pour mener les masses qui ne sont pas initiées à la politique.

« Le parti doit constituer l’avant-garde de la classe ouvrière…Le parti doit absorber tous les meilleurs éléments de la classe ouvrière. Le parti ne peut être un vrai parti…s’il n’est pas capable de triompher de l’inertie et de l’indifférence politique d’un mouvement élémentaire. Le parti doit se tenir en tête de la classe ouvrière ».

Si les effectifs du Parti augmentent d’année en année - depuis la mort de Lénine en 1924, où le parti comptait ses 24 000 compagnons, les effectifs ont plus que triplé pour atteindre le nombre de 1 535 362 en 19291 - il n’en reste pas moins que ce sont toujours les mêmes dirigeants qui occupent les fonctions d’importance. Dominé par un chef, le parti communiste est organisé hiérarchiquement : après le chef, viennent, en importance, le Politbureau et le bureau administratif du Comité central. C’est d’ailleurs ce chef charismatique, Staline, perçu comme un «sauveur», un demi-dieu, qui s’arroge tous les pouvoirs et autour duquel se développe un culte de la personnalité.

Le totalitarisme nazi

La doctrine nazie, quant à elle, est fondamentalement nationaliste, raciste, antidémocratique et anticapitaliste2. Elle se base sur le respect de l’ordre établi, sur l’abandon de tout esprit critique et met en valeur les vertus de puissance, d’autorité, d’obéissance, de discipline et de force physique. De même que Staline, Hitler croit en une direction élitaire, où la minorité gouverne la majorité. « De par sa nature même, une organisation ne peut subsister qu’avec un haut commandement intelligent, servi par une masse que guide plutôt le sentiment. Une compagnie de deux cents hommes intelligents autant que capables deviendrait, à la longue, plus difficile à mener que si elle contenait cent quatre-vingt hommes moins bien doués et dix autres ayant une formation supérieure ».

Le parti hitlérien compte peu de membres et est, lui aussi, organisé hiérarchiquement. En bas de l’échelle du parti, on retrouve 500 000 chefs de blocs dirigés par les chefs de cellules qui commandent chacun de quatre à huit blocs en plus de contrôler les fonctionnaires de l’État. En 1933, 32 chefs régionaux occupent d’importantes responsabilités au sein de l’État. Au sommet de cette organisation, Hitler, est entouré de l’état-major du parti, près de vingt Reichsleiter ayant chacun une fonction définie. Les principaux sont Rudolf Hess, dauphin d’Hitler, Heinrich Himmler, chef de la SS et de l’appareil répressif, Joseph Goebbels, responsable de la propagande, Hermann Göring, chef de la Luftwaffe, Alfred Rosenberg, théoricien du racisme, et Joachim von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du Reich.

Stalinisme et nazisme : la comparaison

Plaçant «l’ennemi» au centre de leur vision du monde et s’appuyant sur la loi de l’Histoire dans un cas, et sur la loi de la Nature dans l’autre, autant le stalinisme que le nazisme procèdent dans le cadre d’un état policier et terroriste.

En Union soviétique, la police politique (Tchéka (1917-1922), Guépéou (1922-1934), NKVD (1934-1946)), dont la mission consiste à éliminer les «ennemis du peuple», dispose d’un pouvoir très étendu. À l’époque du premier plan quinquennal, elle participe à la révolution économique de Staline en organisant la liquidation des koulaks, des «saboteurs» et des membres du clergé qu’elle envoie au goulag. En outre, la multiplication des structures, tant dans le parti et le gouvernement que dans la police secrète, qui se superposent et s’entremêlent permet un étroit contrôle sur les membres du parti, sur la population et sur les membres du corps de police.

« La multiplication ne devient évidente que dans la police secrète elle-même, avec son réseau d’agents extrêmement complexe et tentaculaire, dont un département est toujours chargé de surveiller et d’espionner l’autre. Il n’est pas d’entreprise en Union soviétique qui n’ait son département spécial de la police secrète, lequel espionne les membres du parti aussi bien que le personnel ordinaire. Parallèlement à ce département, il existe une autre division de la police du Parti lui-même, qui, à son tour, surveille tout le monde, y compris les agents du N.K.V.D., et dont les membres ne sont pas connus de ceux du corps rival ».3

Le régime de terreur qui s’instaure en Union soviétique sous Staline permet l’assise du pouvoir et «[érige] le crime de masse en véritable système de gouvernement». Dès lors, il s’agit d’éliminer tout opposant, réel ou imaginaire, toute personne appartenant à certaines classes de la population (bourgeoisie, noblesse, clergé, etc.), pour des raisons de sécurité ou, tout simplement, pour faciliter la restructuration de l’économie. Bien que certaines catégories de personnes soient plus particulièrement visées par le régime de terreur, nul n’en est à l’abri. D’ailleurs, le système de dénonciation qui se met en place donne l’occasion à certains de régler leurs comptes…

En Allemagne nazie, la violence politique est surtout le fait de la police secrète, de la Gestapo, et des milices du parti, les SS et les SA. Chargées d’éliminer tout opposant au régime national-socialiste et tout élément «impur» ou «inapte à vivre» (Juifs, Tsiganes, malades mentaux, etc.), elles procèdent à d’arbitraires arrestations et condamnations, à des tortures et des assassinats dans les prisons et les camps de concentration. Dès leur arrivée au pouvoir en 1933, les nazis créent des camps de concentration où la Gestapo impose la détention à de nombreuse catégories de personnes : communistes, socialistes, religieux catholiques ou protestants, Témoins de Jéhovah, Juifs, Tsiganes, etc. Les SS administrent les camps et y font régner leur discipline.

En ce qui concerne le contrôle de l’économie, nous nous y attarderons peu, la comparaison ne pouvant que s’établir sur le plan des structures. Dans le cas de l’Allemagne tout comme dans le cas de l’URSS, le contrôle est central et la direction de l’économie tout entière se fait par le biais de la coordination bureaucratique.

En URSS, la centralisation économique s’incarne notamment dans la nationalisation de l’industrie, du commerce et des logements ainsi que dans la collectivisation (forcée) du secteur agricole. Les plans quinquennaux fixent les objectifs à atteindre pour industrialiser le pays. Les résultats de ces plans sont fulgurants : en 1950, la production atteint 33% du niveau de celle des États-Unis et 60% au milieu des années 1970, faisant de l’URSS la deuxième puissance industrielle du monde.

Quant à l’Allemagne, elle pratique une politique économique axée sur l’autarcie à travers les grands travaux, l’abolition des droits syndicaux, le travail obligatoire et une politique de réarmement. Dès 1936, les cadres du Parti doivent voir à l’élaboration et à la réalisation de plans quadriennaux dont les objectifs sont de résorber le chômage en assurant la relance de l’industrie lourde. Cette politique autarcique se caractérise par l’exploitation minière et la récupération de vieux métaux afin de libérer l’Allemagne de sa dépendance étrangère et de poursuivre la remilitarisation du pays. Les résultats de pareilles politiques économiques sont également remarquables : dans le domaine industriel, en 1939, l’Allemagne reprend sa deuxième place dans le monde, derrière les États-Unis.

En somme, deux systèmes aux idéologies complètement différentes, voire même antagonistes, en arrivent à produire des régimes politiques semblables, c’est-à-dire construits autour d’une idéologie unique, d’un parti et d’un chef unique, basé sur la centralisation des pouvoirs politiques et idéologiques de laquelle découle une pénétration du politique dans tous les champs de la société.

Nombreux sont ceux qui s’opposent au rapprochement entre les deux systèmes, prétextant que leurs idéologies respectives étant radicalement opposées, aucune comparaison ne peut être possible ni même imaginable. Or, comme nous l’avons vu précédemment, deux idéologies antagonistes peuvent produire deux systèmes très semblables dans leur fonctionnement. En fait, bien que les idéologies soient très différentes à première vue, il n’en demeure pas moins qu’elles ont un point en commun : leur haine de la démocratie libérale et de l’ordre qu’elle a établi.

Certes, les deux régimes diffèrent sur divers aspects. Toutefois, le fait de réunir deux régimes sous une même appellation ne signifie pas qu’ils soient entièrement semblables. La Chine communiste, le Cambodge de Pol Pot, la Corée du Nord et l’Union soviétique ne sont pas identiques sur tous les plans. Et pourtant, si on leur a collé le titre de régimes «communistes», c’est qu’ils possédaient suffisamment de caractéristiques communes. Il en va de même pour l’Allemagne hitlérienne et l’URSS stalinienne.

Conclusion

À la lumière de ce qui précède, nous comprenons que deux régimes politiques nés de conjonctures différentes et partant d’idéologies passablement antagonistes ont résulté en deux catastrophes humaines plutôt semblables. On ne saurait nier la ressemblance de ces deux systèmes, tant dans leur mode de fonctionnement que dans leur résultante. En fait, si leurs idéologies se distinguent sur plusieurs points, elles ont en commun une haine de la démocratie et un mépris total de la dignité humaine.

Compte tenu de ce qui précède, nous ne pouvons que nous étonner de voir ces symboles resurgir lors de diverses manifestations politiques. Il semblerait que les millions de morts qu’ont causés ces systèmes ne suffisent pas pour encourager les gens à se tourner vers des idéologies moins radicales, plus humanistes et plus respectueuses des droits humains. Enfin, à la lumière de ce qui précède, on est en droit de se demander si une idéologie, quelle qu’elle soit, mérite que l’on anéantisse des vies humaines pour son triomphe.


1 Carrère D’Encausse, Hélène, Staline, l’ordre par la terreur, Flammarion, 1972, p. 12

2 Aron, Raymond. Démocratie et totalitarisme, Gallimard, 1965, 370 p.

3 Arendt, Hannah, Les origines du totalitarisme : le système totalitaire, Éditions du Seuil, 1972, p. 132

Le passé composé, no4 (mars 2002)

© CVM, 2004

www.cvm.qc.ca/encephi/Syllabus/Histoire/Passecompose/Communismefascisme.htm


Marre des idées reçues
Par Ptit Pierre, Wednesday, Mar. 10, 2004 at 9:14 AM
p_eyben@hotmail.com

L'equation "communisme = Staline = fascisme" me casse les couilles.

Voici un texte pour celles et ceux qui veulent se donner la peine de voir un peu plus loin que le bout de leurs a-priori sectaires:

-------------

Idées reçues sur le communisme


Le communisme c'est vouloir tout le monde pareil c'est à dire l'uniformité

FAUX : Promouvoir une société fondée sur la valeur d'égalité, comme le prône les communistes et les féministes, ne signifie pas que tous les êtres doivent devenir identiques. Certains effectivement agitent le spectre d'une société d'être uniformes pour décrier les tenants de l'égalité. N'oublions pas que l'inverse de l'égalité c'est l'inégalité. L'inverse d'identique c'est la différence. L'égalité ne vise donc pas à bannir les différences mais à permettre à chacun.e de s'épanouir sans entraves.

Le communisme c'est le goulag

FAUX : Il est vrai que du vingtième siècle, le communisme sort rudement secoué : des actes terribles se sont accomplis en son nom mais il a aussi marqué l'histoire de son empreinte , avec les luttes ouvrières, la résistance et les luttes anticoloniales. Les uns n'annulent pas les autres. Être communiste, aujourd'hui, c'est en prendre la mesure et ne jamais l'oublier. Les communistes savent désormais que l'enfer est pavé de bonnes intentions, que l'engagement politique doit s'accompagner du plus vif esprit critique.

Le communisme c'est irréaliste

FAUX : Mais est-elle si " réaliste ", la logique économique et sociale qui fait que les trois plus grosses fortunes mondiales disposent d'un revenu plus important que le PIB des 48 pays les plus pauvres de la planète, avec leurs 600 millions d'habitants ? Est-il si réaliste le système qui fait qu'une entreprise licencie des milliers de travailleurs au moment même où elle annonce des bénéfices records ? Est ce réaliste ce capitalisme dont le but n'est pas de satisfaire les besoins mais de faire des profits. Le besoin ne l'intéressant que comme demande solvable comme en témoigne récemment la politique scandaleuse des grands groupes pharmaceutiques s'opposant à la fabrication par pays en voie de développement de médicaments à bas prix contre le sida pourtant susceptibles de sauver des millions de vies humaines.

Le communisme est né en 1917 en ex-URSS

FAUX : Les idées communistes de justice et de communauté imprégnaient déjà une partie du monde chrétien au moyen âge ou dans l'Antiquité (cf. littérature, histoire ou encore écritures dans l'ancien testament..). Par exemple en Corse, au 18° siècle, les " communistes " étaient ceux qui partageaient l'usage des terres communales cultivables. " Communisme " est apparu dans la littérature française du 18° siècle sous la plume de Restif de la Bretonne. Les idées communistes ont été reprises sous la révolution française au travers des discours et écrits d'hommes comme Gracchus Babeuf et son compagnon Sylvain Maréchal. Politiquement " communisme " est employé en France en 1840 par Etienne Cabet. " Parti communiste ", enfin, acquiert ses lettres de noblesse en 1848 avec le manifeste du parti communiste que rédigent Karl Marx et Friedrich Engels.

Le communisme c'est plus de main mise de l'Etat sur les individus, plus d'étatisme

FAUX : c'est une des idées reçues les plus tenaces sur le communisme. Marx lui même critiquait tout autant l'étatisme que le capitalisme. En fait, en résumant à l'extrême on pourrait formuler la philosophie de la voie que nous souhaitons par : moins de marché ; moins d'Etat ; plus de public. Plus de public dans le sens où le service public doit être modernisé et démocratisé par une ouverture accrue à la fois sur les agents, les usagers et les collectivités. En un mot, mais c'est le maître mot : restituer à la société ce qui lui appartient.

Le communisme est mort

FAUX : Le communisme est tout à la fois un idéal et une méthode ou projet.
L'idéal est celui de la justice, de l'égalité et de la mise en commun. Il est de tout temps, d'hier et d'aujourd'hui comme de demain, il est immortel.
Le projet, jusqu'à il y a peu et en caricaturant beaucoup, était d'arriver à cet idéal par la révolution en s'appuyant sur la classe ouvrière mené par le PC, le parti " d'avant garde ". Les enjeux de la lutte de classes s'étendent aujourd'hui à de nouveaux acteurs et terrains. Il s'agit donc pour les communistes du XXI° siècle de mener une bataille de classe, non plus au nom d'une classe mais pour l'humanité même des hommes. Il s'agit, dans le projet communiste d'aujourd'hui, de voir et vivre au quotidien, dès à présent, le but communiste de chacun de nos actes. Chaque communiste est viscéralement persuadé, et c'est un des points qui nous différencie fondamentalement des sociaux-démocrates, que la société capitaliste et le marché ce n'est pas la fin de l'histoire, que la toute puissance de l'argent peut être combattue, que la seule alternative ne repose pas sur un Etat qui se contenterait de corriger à la marge ce que la concurrence économique produit d'irréparable sur le terrain social. Notre projet consiste à arracher inlassablement, petit à petit, tout ce qui va vers plus de libération humaine, c'est à dire moins d'exploitation, moins d'aliénation culturelle, moins de racisme, moins de sexisme et cela sans perdre de vue notre radicalité, sans se laisser prendre aux soit disantes contraintes du marché.

Les communistes sont plus que jamais révolutionnaires c'est à dire bien sur toujours radicalement anticapitalistes mais en ayant aussi aujourd'hui compris qu'être anticapitaliste c'est fondamentalement insuffisant : le combat anticapitaliste n'a de sens, de force et donc d'efficacité, que s'il se raccorde à la finalité plus large de l'émancipation des individus. L'engagement politique des communistes a pour raison d'être de promouvoir la pleine autonomie et le plein épanouissement de chaque femme et de chaque homme en faisant reculer, jusqu'à leur dépassement, toutes les formes sociales d'exploitation, de domination et d'aliénation. Des êtres humains libres, égaux et associés, c'est la conception révolutionnaire qu'elles et ils se donnent d'un communisme libérateur d'humanité.






Lire avant de commenter..
Par gad, Wednesday, Mar. 10, 2004 at 10:29 AM

je me demande si tu as lu le texte avant de laisser ton commentaire. J'avoue le titre est trompeur, mais le texte parle bien du "stalinisme", en tant que régime politique historique : " nous préférons limiter cette comparaison au stalinisme,(...)" . L'auteur ne compare donc pas "l'idéal communiste" , mais deux régimes totalitaires ayant de nombreux points communs, bien qu'issus d'idéologies différentes. La question qui est posée ici; c'est celle du dénaturement, ou non, de l'idéologie lors du passage des idées aux régimes réels; c'est aussi la remise en question de toute idéologie, même émancipatrice. Ton commentaire me semble donc un peu à coté de la plaque, fuyant les réponses en déviant sur une critique du capitalisme, qui pourrait trés bien prendre la place du stalinisme ou du nazisme dans la comparaison totalitaire. si on ne prend pas de distance avec les misérables luttes politiciennes du quotidien, je crois que l'on a du mal à comprendre ce que A. Camus (par exemple, dans "l'homme révolté" ) a essayé de faire comprendre : Aucun n'idéal ne peut justifier le crime! Ici, tu réagis comme la crapule de Sartre, en moins bien, qui a trainé Camus dans la boue pcq il ne servait pas la cause du communisme, incarné à l'époque dans l'Urss;



Bien lire l'article.
Par turlututu, Wednesday, Mar. 10, 2004 at 11:53 AM

Salut Ptit Pierre, je rejoins parfaitement ce que dit Gad.

Bien que le titre soit ambigu, il n'en est rien de l'analyse du texte. On parle bien ici du stalinisme.

L'Allemagne a reconnu que le nazisme a été une des pires choses de son histoire, récemment c'est l'armée d'Argentine (ou du Chili je ne sais plus exactement) qui s'est excusée pour avoir torturé et tué des dizaines de millier de personnes sous la dictature des généraux. On est donc en droit de se demander pourquoi il n'en serait pas de même avec cette période sombre qu'a été la dictature de Staline, pourquoi encore aujourd'hui des gens supportent de telles thèses fascistes et pourquoi sont-elles "tolérées" et non condamnées par une gauche moins radicales et plus proche des valeurs démocratiques, l'histoire ne nous aurait rien appris ? Les mêmes thèses entraînent les mêmes conséquences. Au nom de quelles idées "supérieures" (haha) des gens ont le droit de massacrer une classe au détriment d'une autre ? Au nom de quelle cause aussi bonne soit-elle de tels crimes horribles peuvent-ils être justifiés. Eradiquer toute contestation pour imposer paix et tranquilité, est-ce vraiment ça le monde meilleur dont nous voulons ?

Concernant la "lutte des classes", ce qu'il faut savoir c'est qu'on ne choisi pas de naître bourgeois. On tombe là ou on tombe, point. Quelqu'un de bourgeois né dans une famille modeste aurait eu un tout autre destin et inversement. Ce que je veux dire c'est qu'il faut voir au-delà de l'emballage, il est nécessaire de comprendre qu'un être sera toujours un être, peu importe ses idées. Au même titre qu'il ne sera ni supérieur, ni inférieur en fonction de ses idées. Cela n'autorise aucun droit de vie ou de mort sur celui-ci

J'irais même plus loin en disant que l'idée de "droite" et "gauche" est complètement absurde. Elle engage l'être humain à rester dans une sorte de conception primitive: au lieu d'aider chacun à construire son idéal, elle les oppose et cela probablement jusqu'à la fin des temps. Cette absurdité s'illustre d'ailleurs très bien lorsque des partis de droite votent des lois dites de gauche et inversement.
J'en conclu que l'être humain a encore devant lui un long chemin avant d'être civilisé.

PS: L'article est très intéressant car il démontre que 2 systèmes bien que différents à la base (idéologique), peuvent avoir un mécanisme très similaire et donc des conséquences semblables. Comparé au capitalisme, le stalinisme est même bien pire car il assure la stabilité économique par l'exploitation d'une main d'oeuvre gratuite dans des camps de travail (goulag) ; c'est en quelque sorte un système capitaliste rentabilisé à l'extrême, celui où la liberté et la vie n'ont vraiment aucune valeur...



mise au point expresse
Par Ptit Pierre, Thursday, Mar. 11, 2004 at 10:30 AM

Salut Med et Turlu,

Je crois que vous vous emballez pour rien (surtout le Med s'il me voit plus Sartrien que Camusien:). J'ai fait court dans ma réponse et donc il y a mal-donne.

Je suis le premier à accepter que le stalinisme et le fascisme ont eu des "effets" comparables et à lutter de toutes mes forces contre la conception stal denaturée du marxisme. (Un exemple: la conception marxienne de l'Etat complètement antagoniste avec le stalinisme)

Ce que je dénonce c'est bien le titre qui, et c'est plus qu'un détail, reprend l'amalgame que les medias bourgeois font a dessein en voulant démolir toute "conception" alternative et associe allègrement communisme et stalinisme faisant l'equation fasco = stal = coco

NB: Ce n'est pas parce qu'on est anar que l'ont doit se rejouir de ce revisionnisme malsain, vous serez les prochains sur la liste du rouleau compresseur de la (non)pensée unique...

J'ai collé à mon coup de gueule un texte qui défini selon moi bien mieux ce que représente le communisme (dans son idéologie mais aussi dans la façon de le mettre en application) aux yeux de nombre de cocos. Ce n'est effectivement pas une réponse au fond de l'article (que je partage en gros).

Je reste par ailleurs convaincu qu'il n'y a pas d'antagonisme insurmontable entre cette conception du communisme qui est la mienne et l'anarchisme pour autant que l'on veuille bien faire fi d'un certain nombre d'a priori imbéciles.

Amitiés anticapitalistes,

Ptit Pierre





.
Par turlututu, Thursday, Mar. 11, 2004 at 12:08 PM

Sur ce on est bien d'accord. Et je ne me suis pas du tout emballé. :)



pfff
Par moi, Saturday, Mar. 13, 2004 at 5:27 PM

si l'imbécilité tuait... Ca ferait de l'air chez indy-Liège



mise en garde
Par bouazouai 2, Monday, Mar. 15, 2004 at 11:10 AM

Molo, moi.

D'abord Turlututu n'est pas le collectif. Même s'il prend parfois des airs de porte parole il ne représente pas les autres.

Ensuite il a très bien fait de poster cet article : encore trop nombreux sont les jeunes militants innocents cédant aux sirènes maléfiques du communisme. Alors que nous savons tous si bien où ça mène.. goulags et files interminables au lidl (tu ne regardes donc jamais arte ? tv5 ?)

Ce n'est qu'en persévérant dans la publication d'articles bienveillants que turlu nous évitera le pire!

Merci turlu.. snif.



Héhé.
Par turlututu, Monday, Mar. 15, 2004 at 5:11 PM

Je confirme, je ne suis le porte-parole que de moi-même.

Dans sa quête spirituelle "moi" a sûrement lu plein de livres bien bourratifs et orientés, il y a notamment appris qu'il n'existe pas qu'une seule vérité, et oui par exemple on ne dit pas "goulag" mais "camp de vacances", on ne dit pas "politburo" mais "centre pour l'égalité des chances", on ne dit pas "génocide" mais "morts accidentelles massives", etc...

Seulement la vérité historique, elle, restera gravée à jamais dans la pierre, au grand dam des révisionnistes en tout genre.




L'histoire ?
Par bouazouai 2, Tuesday, Mar. 16, 2004 at 10:09 PM

Molo, Turlututi.

Il n'y a pas qu'UNE vétité historique.. il y a les histoires racontées par chaque camps. Mais je ne remet pas en cause ta pierre, turlu, tu as probablement lu des tas de bouquins spécialisés.. pas moi.

En tout cas bravo pour ton courage. Bien que l'horreur de la terreur rouge nous soit régulièrement rappelée à la télévision dans les journaux à la radio par d'innombrables livres ainsi qu'au cinema, il faut une certaine forme de bravoure pour se faire défenseur de LA Vérité Historique sur le net. On est jamais à l'abri d'une infiltration communiste !)

B2




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